La Résidence St-Ignace de Nathalie Thibodeau Architecte

Un répit entre deux mouvements constants

Karl Mayer
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Maxime Brouillet
Photo prise par © Maxime Brouillet
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Entre route et fleuve, au fil des bateaux, la maison St-Ignace permet de profiter des paysages autour d’elle en créant des expériences distinctes aux scènes singulières qui la bordent. Dévoilant tranquillement le fleuve Saint-Laurent, elle permet de contempler la nature tout en l’habitant. Ses ouvertures créent des percées visuelles magnifiant son environnement et plaçant l’architecture au service du paysage.

 
Implantation stratégique
Située entre deux pôles industriels, l’île St-Ignace fait office de halte naturelle aux habitants de la région. Empreints de traditions insulaires, ses résidents se plaisent à profiter de la proximité du fleuve dans leur vie quotidienne. C’est le long d’une route bordée par les terres agricoles et le fleuve Saint-Laurent que l’on retrouve la maison St-Ignace. Ondulant au gré des berges, la route laisse parfois place à d’étroites bandes de terre imbriquée entre terre et mer. C’est dans une de ces brèches que s’implante le projet, en continuité avec le paysage linéaire qui l’entoure. La résidence offre ainsi un lieu de répits entre deux mouvements constants, l’un terrestre et l’autre maritime.
 
Le site étant naturellement séparé de la voie terrestre par une série d’arbres matures, son accès est positionné afin de conserver cet écran naturel. Une fois cette bande de végétation franchie, et malgré sa proximité, le fleuve reste dissimulé des regards. C’est vers un bosquet de peupliers noirs que les regards sont naturellement dirigés en raison du positionnement des deux pavillons de la résidence. Ainsi, l’arrivée sur le site permet de mettre en valeur son étendue et d’apprécier la beauté de la végétation qui l’occupe sans que les regards se perdent, sans entremises, vers le fleuve.
 
Placé en retrait, le positionnement de la maison permet de maximiser les espaces verts du site tout en obstruant les vues directes sur le voisinage. Les voitures se retrouvent ainsi hors des champs visuels possibles depuis la résidence, permettant de faire une coupure entre le mouvement constant de la vie extérieur et la quiétude de la vie privée. Au cœur du projet se trouve une terrasse utilisée comme moyen d’accès à la maison et comme d’union entre les deux volumes construits. Elle permet ainsi de cadrer la végétation environnante, tout en dissimulant le fleuve Saint-Laurent en arrière-plan.
 
Un parcours pour dévoiler le fleuve
L’entrée de la résidence est marquée par une soustraction au volume principal, créant à la fois un repère visuel franc et un abri fonctionnel face aux intempéries. Le revêtement de cèdre embouveté teint foncé marque l’entrée dans la résidence en se prolongeant de l’extérieur vers l’intérieur pour englober et distinguer le bloc d’espaces servants du projet. Naturellement invité par une longue allée vers le salon, on croise au passage une vue étroite laissant entrevoir le fleuve en arrière-plan. C’est ainsi que la maison dévoile doucement le paysage qui l’entoure, en attisant le regard et en préparant inconsciemment le visiteur au spectacle à venir.
 
C’est en pénétrant dans l’aire ouverte sur deux étages que l’on peut enfin apprécier le fleuve dans toute sa grandeur. Les généreuses baies vitrées ne font plus que cadrer le paysage, elles le laisse se déverser dans la demeure permettant ainsi d’en apprécier son immensité. Le dégagement des plafonds ainsi que l’absence de cloisons amplifient ce sentiment d’espace et de grandeur. En dialogue avec le dégagement sur le fleuve, la baie vitrée du salon permet d’apprécier un paysage à une échelle différente, axé sur la proximité et les caractéristiques singulières de la végétation. Ainsi, ces deux ouvertures sur l’extérieur, disposées de part et d’autre de l’espace, permettent de se sentir en communion avec les paysages entourant la résidence.
 
Magnifier les paysages
Les terrasses extérieures permettent chacune de profiter des paysages avoisinants à leurs manières. Celle bordant le salon est recentrée sur le site, étant ainsi plus intime et isolée. Celle longeant la salle à manger et la cuisine expose le fleuve Saint-Laurent dans toute sa grandeur. Elle permet la vue ultime, sans distractions, à l’effervescence et aux mouvements constants de cette voie maritime. Malgré leur positionnement de part et d’autre du pavillon principal, la transparence du volume permet à chacune de profiter des qualités de l’autre tout en conservant leur identité singulière.
 
Revêtements extérieurs
La résidence est recouverte par des lattes de cèdre de deux teintes distinctes. Les premières sont embouvetées et foncées. On les retrouve à la fois à l’intérieur et en retrait à l’extérieur, elles se veulent la peau du bâtiment, son enveloppe interne. Les secondes lattes agissent à titre d’enveloppe externe en surépaisseur. Un jeu de différentes largeurs permet de texturer l’enveloppe aléatoirement, rappelant la verticalité des arbres avoisinants. Faits de cèdre, les deux matériaux évolueront au fil des années, tranquillement, à la manière des bateaux glissant sur le fleuve. Le second pavillon accueille quant à lui un atelier d’artiste, il est recouvert par les lattes foncées, comme si, pour s’exprimer librement à la manière d’un artiste, il se devait de retirer toutes les protections le recouvrant.