Sherbrooke, Canada

Un campus centenaire se réinvente

Étienne Dutil
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Maxime Brouillet; Adrien Williams
Photo prise par © Maxime Brouillet; Adrien Williams
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Maxime Brouillet; Adrien Williams
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Maxime Brouillet; Adrien Williams
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Maxime Brouillet; Adrien Williams
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  • Maxime Brouillet; Adrien Williams
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Une résidence innovante pour de jeunes étudiants. La firme montréalaise ARCHITEM Wolff Shapiro Kuskowski architectes est fière de dévoiler l’une de ses plus récentes réalisations, une résidence innovatrice destinée à de jeunes étudiants. Celle-ci a été construite pour Bishop’s College School, une école privée qui offre un milieu de vie accueillant à 270 jeunes de 12 à 17 ans, provenant de 37 pays distincts. Situé à proximité de la ville de Sherbrooke, Québec, le campus centenaire jouit d’un site exceptionnel tout près de la rivière Saint-François. Ses bâtiments anciens témoignent d’une longue tradition pédagogique et architecturale.

 
Dès le départ, le projet d’une huitième résidence d’étudiants, pour ce campus de 250 acres, a été perçu comme un projet hybride,offrant un milieu de vie, d’une part, mais aussi un lieu ouvert à de nouvelles façons de faire, riches d’enseignement pour les jeunes. La nouvelle résidence, nommée Mitchell Family House, fait face au campus existant tout en s’insérant dans la forêt avoisinante, tout près de la rivière.
 
Le programme
La résidence, au plan en forme de V, consiste en deux ailes distinctes qui se rejoignent autour d’un espace central. Aux deux étages supérieurs, on y trouve 18 chambres, chacune partagée par deux élèves. Toutes les chambres sont reliées à un corridor qui mène à une pièce commune avec salon, salle à dîner et zone delecture en mezzanine.
 
À l’extrémité de chaque ailese trouve un appartement de deux étages, occupé par la famille de « parents suppléants ». Leur responsabilité est d’assurer le bien-être d’un groupe de jeunes adolescents, vivant loin de leur milieu familial. Chacun des deux appartements communique directement, de l’intérieur, avec les corridors d’accès aux chambres des résidents. Les familles jouissent toutefois de leur propre entrée, à l’écart des zones où se tiennent les élèves.
 
Le plan de circulation, soigneusement élaboré par les architectes, constitue l’élément clé de ce concept hybride. Le principal défi était d’assurer l’intimité et la sécurité des jeunes qui y habitent, tout en accueillant les visiteurs de manière chaleureuse. Les jeunes résidents ont ainsi leur propre entrée alors que les non-résidents ont accès aux espaces académiques, à l’étage inférieur, sans passer par les aires à l’usage des résidents. 
 
Au rez-de-jardin, on trouve des espaces multifonctionnels ainsi que le studio/atelier d’un chercheur en résidence. Cet étage s’ouvre de plain-pied sur un espace extérieur, idéal pour profiter de la nature environnante. L’endroit se prête également à la tenue d’événements de toutes sortes. Le soir, tel une lanterne géante, l’espace central de la résidence baigne les lieux d’une douce lumière.
 
Les matériaux
L’institution souhaitait un bâtiment qui reflète son temps, tout en tenant compte du riche vocabulaire architectural et de l’échelle du campus ancien. Le choix s’est donc tout naturellement porté sur la brique rouge rendant ainsi hommage à un matériau longtemps produit localement par une entreprise de Lennoxville. Le bois a été amplement utilisé pour réchauffer les espaces intérieurs, tout particulièrement les entrées, publique et privée, les escaliers et les lieux de rencontre. Les portails et linteaux de pierre, toujours en place sur les édifices les plus anciens, ont servi d’inspiration lors de la conception des détails de béton préfabriqué qui soulignent certains éléments stratégiques des façades ainsi que plusieurs fenêtres de l’étage supérieur. Une série de « lames » verticales, distinctes les unes des autres, signalent la séquence d’entrée de la résidence. Les non-résidents repèrent aisément l’accès qui leur est réservé alors que les résidents jouissent d’une entrée plus intime.
 
À l’arrière du bâtiment, les architectes ont voulu créer un geste fort en direction de la rivière. Le volume central de la résidence est souligné par des éléments sculpturaux qui reflètent bien cette transposition de la pierre au béton. Les lames de béton marquent la présence de l’escalier intérieur tout en filtrant la lumière du soleil. L’inspiration est traditionnelle, mais la signature se veut franchement contemporaine. 
 
Préoccupations d’ordre écologique
Les architectes ont mis l’accent sur l’utilisation de nombreuses techniques, aujourd’hui disponibles, pour réduire l’empreinte carbone du bâtiment. Systèmes mécaniques performants, fenêtres à triple vitrage et enveloppe extérieure d’une grande étanchéité contribuent tout particulièrement à l’efficacité énergétique du bâtiment. 
 
L’édifice est raccordé au système géothermique central du campus. Il a cependant été nécessaire de creuser quatre nouveaux puits pour répondre aux besoins de chauffage et de climatisation de la nouvelle résidence. Un système de récupération de chaleur sert par ailleurs à préchauffer l’air froid, introduit dans le bâtiment, en hiver. Cet air est ensuite chauffé à la température requise, grâce à une thermopompe géothermique air-eau.
 
Éléments paysagers 
Une attention toute particulière a été apportée à la gestion des eaux pluviales provenant, entre autres, du toit en forte pente. L’eau de pluie, dès qu’elle touche le sol, est acheminée vers deux bassins de rétention qui empêchent les zones boisées d’être inondées. Les eaux de ruissellement des surfaces asphaltées sont également acheminées vers les bassins afin de protéger de l’érosion les rives de la Saint-François.
 
Le travail de reboisement du terrain s’est effectué une fois la construction du bâtiment terminée. Les architectes du paysage ont réintroduit des arbres d’espèces indigènes, typiques de la région. Des massifs de fougères et d’arbustes ont également été ajoutés de façon à se fondre harmonieusement dans le paysage existant. L’éclairage de nuit, discret, est assuré par des bollards. Toujours dans l’esprit de préserver le caractère bucolique de l’endroit, la circulation de véhicules a été réduite au minimum, à proximité du bâtiment.