Grande-Bretagne

Le prochain recensement britanique va collecter des données sur l’orientation sexuelle et le genre

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Le prochain recensement national britannique posera, pour la première fois, des questions sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre des habitants du Royaume-Uni, en Angleterre et au Pays de Galles dès l’an prochain, et en Écosse l’année suivante.

Les questions relatives à ces sujets concerneront les personnes de plus de 16 ans et seront facultatives.

L’objectif affiché par les autorités est de disposer d’une photographie précise de la population LGBT. «Sans données robustes sur sa taille aux niveau national et local, les décideurs opèrent dans le vide, sans connaître l’ampleur et la nature des désavantages que les personnes subissent en termes de santé, d’éducation, emploi et de logement», a expliqué Iain Bell, de l’Office for National Statistics (ONS), l'organisme qui opère le recensement.

Le recensement britannique, obligatoire, est effectué tous les dix ans. L’orientation sexuelle a déjà fait l’objet d’enquêtes de l’ONS ces plusieurs années, mais seulement sur la base d'un échantillon de plusieurs centaines de milliers de ménages, qui a permis d'estimer la population LGBT du pays en 2018 à un peu plus de 2%. Un pourcentage inférieur à celui produit par des instituts de sondages comme YouGov qui calcule quant à lui 7%.

Avec le dernier recensement effectué en 2011, la procédure tentaculaire a longtemps fourni aux sondeurs et aux décideurs un portrait de référence à utiliser lors de l’élaboration d’enquêtes ou de l’analyse des résultats.

La culture anglo-saxonne est ouverte au recueil de statistiques communautaires, ethniques, religieuses ou relatives à l'orientation sexuelle ou le genre. Les craintes sur la protection de la vie privée ne font pas obstacle à la collecte de telles données et l’intégration de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre dans le recensement officiel est bien accueillie par l’organisation LGBT Stonewall. Au contraire, elle y voit un moyen de combler le «manque de visibilité» de cette population.

"Historiquement, les personnes lesbiennes, gays, bi et trans ont été une population cachée au Royaume-Uni, et ce manque de visibilité a nui à notre capacité à garantir les droits et le soutien dont nos communautés ont besoin, explique la directrice exécutive de l'organisation. Recueillir des données sur les communautés LGBT au Royaume-Uni est une étape vitale vers la construction d’une société où ces personnes sont vraiment acceptées, partout et par tout le monde".

Le recensement est censé se dérouler à partir du 21 mars, si la crise sanitaire le permet.