Récolte de fonds annuelle

Plus essentiel que jamais d’appuyer le GRIS

André-Constantin Passiour
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Fugues
Photo prise par © Fugues

Le 30 septembre dernier, le GRIS-Montréal lançait sa campagne annuelle de financement. Coronavirus oblige, celle-ci est «virtuelle» cette année et se fait sous le thème «Soutenir les jeunes LGBT+, c’est essentiel plus que jamais», et l’on vise à amasser 300 000$. Rappelons que le GRIS-Montréal est un organisme qui démystifie les orientations sexuelles et les identités de genre et ce, depuis 1994.

«Depuis le début de la pandémie, le GRIS s’est transformé en équilibriste, de dire Marie Houzeau, la directrice générale du GRIS-Montréal. Notre partenaire principal, c’est le milieu scolaire, donc on a été à la merci des annonces gouvernementales et des mesures sanitaires liées au COVID-19. Lorsque le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles, nous avons été nous aussi à l’arrêt. Puis, lorsque les écoles ont rouvertes, on a développé des ateliers virtuels et en présence. Mais, on doit maintenant souvent s’adapter du jour au lendemain, de la présence physique des intervenants à un atelier virtuel, cela demande donc une réaffectation des bénévoles. On ne sait jamais à l’avance, d’autant plus qu’il y a des écoles qui ferment en raison d’éclosions. Il faut continuellement s’adapter aux situations.» «On a mis les bouchées doubles depuis le début de la pandémie et on propose des activités de mobilisation et de bien-être à nos intervenants durant le confinement», de poursuivre Marie Houzeau. Malgré cette pandémie, les gens du GRIS n’ont pas chômés.

On a produit un guide pédagogique intitulé «La transphobie, c’est pas mon genre», une collaboration du GRIS-Montréal avec le Conseil québécois LGBT (CQLGBT). «Aujourd’hui, c’est une journée spéciale pour le GRIS-Montréal parce qu’on fait un double lancement, explique la présidente du conseil d’administration de l’organisme Catherine Duclos, dans une courte vidéo. Dans un premier temps, on lance notre campagne de financement 2020-2021 et, dans un 2e temps, on lance notre guide pédagogique destiné aux étudiants du secondaire qui vise à démystifier la réalité des personne trans et non binaires.» Dans cette vidéo sympa d’un peu plus de trois minutes, on y aperçoit, entre autres, les porte-parole Macha Limonchik et Vincent Bolduc, Annie Pullen Sansfaçon, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enfants transgenres et leurs familles (Université de Montréal), ainsi que François Leclair, le président pour la 6e année consécutive du cabinet de campagne 2020-2021.

Dans le thème de la campagne, il y a les mots «c’est essentiel plus que jamais», «parce qu’on sait que les jeunes LGBTQ+ ont vécus un grand stress, dû au fait d’être coupés de leur milieu favorable et qui les acceptait, ils étaient confinés avec leurs familles qui n’acceptent peut-être pas leur orientation sexuelle ou de genre, ou bien cela se passe mal avec leurs parents s’ils ont déjà fait leur coming-out et, d’autres parts, les groupes qui s’occupent des jeunes ne pouvaient pas offrir les mêmes services», souligne Marie Houzeau. «Par nos collègues d’Interligne, on sait qu’ils ont eu une augmentation du nombre d’appels de jeunes LGBTQ+ qui étaient en détresse psychologique, les demandes d’aide sont montés en flèche, poursuit la directrice générale du GRIS-Montréal. Des gens du milieu, des professeurs, etc., nous sont revenus en nous demandant si nous allions offrir nos activités parce qu’ils voyaient que le besoin est là et qu’il est important.»

On espère donc, avec cette campagne, aller chercher un montant de 300 000$. Cela devient capital pour l’organisme de récupérer une telle somme pour les opérations courantes. «C’est d’autant plus crucial qu’on ne peut pas tenir d’activités de cueillette de fonds annuelle comme DésOrientation par exemple», de spécifier Marie Houzeau. Bon an, mal an, le GRIS-Montréal effectue environ 1000 interventions, évidemment, vu que tout s’est arrêté net en mars dernier, il n’y a eu que 400 ateliers. Un guide pédagogique Avec des jeux, des mises en contexte, des bandes dessinées, le guide «La transphobie, c’est pas mon genre», répond à bien des questions de manière claire autant pour des professeur.es que pour des élèves.

Ainsi, les enseignant.es peuvent monter leur propre atelier sur le sujet dans le cadre d’un de leurs cours. Selon des recherches récentes mentionnées dans ce guide, 8% des adolescent.es de 15 à 17 ans, au Québec, s’identifient comme LGBTQ+, «en ce qui concerne la représentativité des personnes trans, une étude rapporte que 1,2% des étudiant.es au secondaire se disent trans et 2,5% en questionnement sur leur identité de genre», peut-on lire dans ce même guide d’environ 78 pages. «C’est une façon alternative pour outiller les gens du milieu scolaire secondaire pour s’adresser aux étudiant.es.

C’est un très beau guide, varié, avec des renseignements aussi sur les ressources. On sait que cela répond à un besoin d’information qui soit abordable, ainsi les enseignant.es peuvent parler à leurs étudiant.es de ce sujet même si il ou elle n’est pas un.e spécialiste de cette question. Nous sommes très fiers de ce guide qui, en temps de pandémie et avec moins de possibilités de rencontrer les élèves, rend les choses plus simples pour aborder le sujet en classe», de dire Marie Houzeau. Si vous le désirez, vous pouvez consulter ce guide en ligne.

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