Rodrigo Araneda

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Photo prise par © Fugues
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Le directeur artistique de la marque Matrix du groupe L’Oréal vient d’ouvrir un salon à son image: Olab par Rodrigo. Rencontre dans l’hair du temps avec le coiffeur et proprio.         

 
Difficile de ne pas remarquer le nouveau venu dans le Village. Quel est cet immense objet esthétique non identifié? Qui a eu le culot d’ouvrir cette énorme fourmilière regroupant des dizaines de spécialistes beauté?
 
En trois mots: Olab par Rodrigo.
 
Avec ce salon, le Village ne s’offre pas une chirurgie plastique, mais bien un tout nouveau visage!
 
Ce récent sanctu-hair de la rue Atateken (anciennement Amherst) est le fruit du travail de Rodrigo Araneda. Fugues a profité de son spécial «Beau et en santé» pour s’entretenir avec cet artiste capillaire dont les réalisations ont été célébrées partout sur la planète. Il a entre autres remporté le premier prix des NAHA 2020 (North American Hairstyling Awards, catégorie Avant-garde) et des IBI 2019 (International Beauty Industry Awards, catégories Avant-garde, Coupe et Couleur), en plus d’avoir été champion québécois de l’ABA (Allied Beauty Association) à deux reprises. Rencontre avec le maître de l’indomptable.     
 
Tu es l’un des coiffeurs les plus couronnés de la planète. Pourquoi as-tu choisi de t’installer au Québec?
Je suis né au Chili quelques mois après le coup d’État d’Augusto Pinochet. Le régime 
autoritaire sous la dictature du commandant des forces armées marque des années 
horribles pour mon pays natal. Il y a eu de multiples atteintes aux droits de la personne. Des milliers de Chiliens ont «disparu» et des dizaines de milliers d’autres ont été torturés. Voulant le meilleur pour leur propre famille, mes parents ont demandé le statut de réfugié au Canada, alors que j’étais adolescent. En arrivant au pays, je ne parlais ni français ni anglais, et ne connaissais rien du froid des hivers québécois. Mais très rapidement, je me suis senti bien ici. Depuis, je ne me verrais plus du tout vivre ailleurs.       
 
Te considères-tu comme un Latinx? 
Oui, c’est un néologisme que j’aime bien. Il décrit les personnes d'origine ou de descendance latino-américaine, mais sans leur attribuer un genre. De plus en plus populaire auprès de notre communauté, il est utilisé comme un nom neutre pour remplacer «Latino» ou «Latina». Je le trouve rassembleur et rafraîchissant. Parfois, c’est encore très difficile d’être gai en Amérique du Sud. Même si les choses évoluent rapidement, l’homophobie y est toujours rampante. J’arrive à faire un pied de nez aux vieilles normes et institutions en affichant haut et fort que je suis latinx.
 
Quand as-tu découvert que tu voulais devenir coiffeur?
Je suis tombé dans la marmite en bas âge. Mon grand-père était un champion mondial de coiffure et mon père a été couronné quatre fois champion d’Amérique latine. À son arrivée au pays, ce dernier a ouvert un salon à Pointe-aux-Trembles. J’en ai pris la possession lorsqu’il est retourné au Chili il y a une quinzaine d’années.
 
Par la suite, j’ai ouvert mon propre shop sur la rue Saint-Denis avant de m’implanter sur Atateken. Pour moi, ce nouvel emplacement est un rêve devenu réalité.
 
Pourquoi?
D’abord, parce qu’au-delà de la coiffure, Olab par Rodrigo est un havre de beauté et de santé. On y offre une panoplie de services afin que la clientèle se sente bien dans sa peau. Facial, épilation, manucure, pédicure, massage, pose de cils, maquillage: tout y est sous un même toit. 
 
Ensuite, car je suis entouré d’une équipe exceptionnelle. J’ai vu grand: lorsque j’ai demandé à la crème des spécialistes beauté d’embarquer dans l’aventure, toutes et tous ont accepté avec joie!
 
Finalement, je suis content de me rapprocher du Village. Les membres de la communauté LGBTQ2S+ ont toujours soutenu mon travail. J’avais envie d’aller à leur rencontre, de leur offrir un espace beauté afin qu’ils s’y sentent chez eux. 
 
Olab par Rodrigo, c’est aussi une Académie.
Pour moi, l’éducation a été la clé de ma réussite professionnelle. Aujourd’hui, mon équipe de formateurs passionnés est là pour partager son savoir-faire. Il n’y a pas UN grand secret à la coiffure, mais bien des centaines de petits. Et je ne suis vraiment pas bon pour garder des secrets!    
 
Quelles sont les grandes tendances de la coiffure cette saison?
Yves Saint Laurent a dit que «la mode passe, mais le style reste». Pour moi, ce principe s’applique à la coiffure. Cela dit, la pandémie a changé les besoins des clients: ils ne veulent plus de mises en plis spectaculaires. Ils cherchent plutôt des coupes pratiques, voire passe-partout, ainsi qu’une élégance au quotidien. 
 
Quels sont tes rêves les plus fous? 
J’en ai qu’un seul: celui d’avoir sous la même enseigne un salon de coiffure, un spa et une Académie (rires). Je me pince tous les jours, car je suis extrêmement fier de mon nouveau salon. J’espère bien humblement que c’est le début d’une longue histoire d’amour entre moi et ma clientèle.