Canada

Homophobie et misogynie dans les rangs de la GRC

Chantal Cyr
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La culture de la Gendarmerie royale canadienne (GRC) est "toxique" et tolère la misogynie et l'homophobie, selon un rapport publié jeudi sur le harcèlement et la discrimination vécues par des femmes et des membres de la communauté LGBT au sein de l'organisation.

L’ancien juge à la Cour suprême, Michel Bastarache, a évalué plus de 3 000 demandes d'indemnisation présentées par des femmes qui avaient été victimes de harcèlement sexuel et de discrimination fondée sur le sexe ou l'orientation sexuelle alors qu'elles travaillaient pour la Gendarmerie royale du Canada.

Plus de 600 entretiens ont également été menés pour ce rapport envoyé à la cheffe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale), Brenda Lucki. «Les 3 086 réclamations que j'ai lues m'amènent à conclure que la culture de la GRC est à la fois misogyne et homophobe», souligne l'ancien juge.

Une centaine de femmes ont mentionné des agressions sexuelles avec pénétration. Le rapport relève des blagues sexuelles, des commentaires discriminatoires ou encore des attouchements sexuels non désirés ainsi qu'un «nombre trop élevé d'incidents de harcèlement et d'intimidation».

«Le niveau de violence et d'agression sexuelle signalé était choquant», affirme l'ancien juge qui précise que les problèmes de misogynie, racisme et d'homophobie ne pourront se résoudre «de l'intérieur». Il formule 52 recommandations, comme la mise en place d'un «examen approfondi» visant à déterminer, au moment du recrutement si les candidats ont eu «des tendances misogynes, homophobes ou racistes dans le passé».

«Si une organisation ne peut pas protéger ses propres membres par rapport au harcèlement et aux discriminations, comment est-ce que les Canadiens peuvent s'attendre à être en sécurité et protégés par cette institution ?», a insisté le Premier ministre canadien Justin Trudeau, lors d'un point presse.

«Le rapport du juge Bastarache décrit des comportements abusifs systématiques qui sont répugnants et inacceptables», a déclaré le ministre de la Sécurité publique Bill Blair, sur Twitter.