Élections en Italie

Un parti gai veut séduire 15% des Italiens

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Le militant Fabrizio Marrazzo a présenté cette semaine sa formation politique, accueillie avec une certaine incrédulité dans la communauté LGBTQ+ italienne. 

 

C’est une vieille idée, qui n'avait jusqu’ici jamais dépassé le stade de la boutade : un parti gay ! Et la voilà qui se concrétise, en Italie, souvent qualifiée de «laboratoire politique de l’Europe». Jeudi dernier, le militant Fabrizio Marrazzo, figure médiatique du mouvement LGBTQ+ italien et fondateur du Gay Center de Rome, a lancé la nouvelle formation aux côtés de Claudia Toscano et Vittorio Tarquini, représentant·e·s des communautés lesbienne et trans. 

 

«Solidaire, environnementaliste et libéral », selon sa devise qui fait aussi office de programme, le Partito Gay envisage de présenter des candidats dès les élections locales de l’an prochain. Il vise pas moins de 6% des voix au niveau national, voire 15% à terme.  

 

Les commentateurs étaient pour le moins sceptiques, voire incrédules, devant ces objectifs électoraux téméraires. D’après eux, cette entreprise politique risque surtout d’émietter encore un peu plus les voix de la communauté LGBTQ+. C’est un «parti qui peut être plus utile à nos ennemis qu’à la communauté elle-même», résume Federico Boni dans Gay.it. 

 

Manque de courage : Situé plutôt au centre droit de l’échiquier politique, Marrazzo s’est fait remarquer dernièrement en critiquant la loi contre l’homophobie et la transphobie qui vient de laborieusement  passer l’écueil de la Chambre basse du parlement. Le texte manque singulièrement de courage politique, selon lui. «Nous ne pouvons plus déléguer nos revendications à des tiers», dit-il, visant implicitement le Parti démocrate ( centre gauche ) qui a promu la loi.