Japon

25% des japonais LGBT+ victimes d’outing non désiré

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L'enquête, menée par un professeur d'épidémiologie sociale à l'Université de Takarazuka, révèle, entre autres, que les hommes trans sont les plus touchées. Chez ce groupe, le chiffre d’outing s’éleve à plus de 53%.

Selon le Japan Times, Yasuharu Hidaka, professeur d'épidémiologie sociale à l'Université de Takarazuka, a publié « la plus grande étude du genre » au Japon. Elle a été réalisée de septembre à décembre 2019, pour le compte d’une compagnie d’assurance Lifenet Insurance Co.

Hidaka a interrogé 10 769 personnes pour son étude, de tous les âges — de l’adolescence à la fin soixantaine. Selon le chercheur, environ un quart des personnes LGBT+ au Japon ont vu leur orientation sexuelle ou leur identité de genre divulguées à d'autres sans leur consentement. Les japonais LGBT+ voient tout de même une lueur d'espoir. En effet, 67% des répondants considèrent qu'il y a eu un changement de regard significatif à l'égard des personnes LGBT+ depuis quelques années.  Une grande majorité des sondés pense que la société est bien plus respectueuse à l'égard de la communauté qu'il y a cinq ans. 

Mais si la situation s'améliore, le Japon reste très (très) loin d'une société inclusive pour les personnes LGBT+. Il y a encore beaucoup à faire puisque plus de la moitié des répondants disent taire leur orientation sexuelle sur leur lieu de travail. Ces personnes témoignent d'une «peur d'être out et de voir leur vie chamboulée. Dans le pire des cas, ils pensent à mourir», indique Yasuharu Hidaka, professeur de sociologie à l'université Takarazuka. D'autant que 79% des personnes interrogées disent avoir «entendu des propos discriminatoires à propos des minorités sexuelles au travail ou à l'école ». 

Le Japon ne reconnaît toujours pas le mariage des couples de même sexe. En revanche, une dizaine de municipalités ont mis en place un certificat d'union civile pour les couples LGBT+. En juin dernier, une loi a été votée pour obliger les règlements intérieurs des entreprises à interdire l'outing ainsi que les insultes basées sur l'identité de genre ou l'orientation sexuelle, indique le South China Morning Post. 

Rappelons que de nombreux hommes gais sont mariés à une femme et inversement pour les lesbiennes, sans ressentir nécessairement le besoin de révéler leur homosexualité étant donné la fluidité des identités de genre qui a discrètement survécu à la modernisation. Dans un contexte japonais, la banalisation sociale et une acceptation culturelle (de la diversité des genres) ne passent pas forcément par une approche de type occidental»