Pologne

Trois militantes polonaises jugées pour avoir auréolé la Vierge d'un arc-en-ciel

L'équipe de rédaction , L'agence AFP
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Le procès de trois militantes des droits des homosexuels, accusées d'avoir offensé les sentiments religieux en collant des affiches de la Vierge Marie auréolée d'un arc-en-ciel, a commencé mercredi devant une cour de justice polonaise.

Les inculpées - identifiées comme Elzbieta P., Anna P. et Joanna G. - étaient présentes à l'ouverture du procès dans la ville de Plock, dans le centre de la Pologne. Elles risquent jusqu'à deux ans de prison si elles sont reconnues coupables d'avoir profané l'image de la Vierge Marie, alors que l'article 196 du Code pénal polonais interdit d'offenser les sentiments religieux.

«Dieu nous en garde, non, je ne plaide pas coupable d'avoir offensé les sentiments religieux», a déclaré Elzbieta P. à des journalistes avant le début de l'audience. «Je ne crois pas qu'un arc-en-ciel puisse offenser quoi que ce soit ou qui que ce soit. Je n'ai pas commis de crime», a-t-elle ajouté, citée par l'agence de presse polonaise PAP.

Un petit groupe de personnes s'est rassemblé mercredi à l'extérieur de la cour de justice régionale pour manifester son soutien aux militantes, derrière le slogan «L'arc-en-ciel n'offense pas».

Les faits remontent à avril 2019, quand des affichettes représentant la Vierge de Czestochowa avec une auréole aux couleurs de l'arc-en-ciel - les couleurs du drapeau de la communauté LGBTI - étaient apparues collées sur les poubelles et les toilettes mobiles à proximité d'une église de Plock.

La Vierge de Czestochowa est traditionnellement vénérée en Pologne, pays à forte majorité catholique. Quelques jours avant, le leader du parti conservateur Droit et Justice au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, avait accusé la communauté LGBTI de constituer une «menace» pour la Pologne. En Pologne, la communauté gaie est la cible de la droite conservatrice nationaliste au pouvoir et de l'Église catholique, qui critiquent ses aspirations à l'égalité en droit.

La Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic a dénoncé dans un rapport publié en décembre la «stigmatisation généralisée» des personnes LGBTI en Pologne, pointant les responsabilités de personnalités politiques de premier plan et appelant à des réformes.

Rédaction avec AFP