Aux États-Unis, un couple gai séparé par l’immigration malgré un mariage légal

Mariés légalement et engagés dans une procédure officielle de régularisation, Jonathan Blanco Gallegos et son mari, Elias Perez-Zuazo, vivent pourtant séparés depuis plusieurs semaines. En cause : la détention de ce dernier par les autorités américaines de l’immigration à l’issue d’un rendez-vous présenté comme une simple formalité administrative.

Le couple résidait à Washington, D.C., où il avait entrepris une démarche légale visant à obtenir la résidence permanente d’Elias Perez-Zuazo, ressortissant panaméen entré légalement aux États-Unis en novembre 2021. Les deux hommes se sont mariés en février 2024, dans le cadre du droit fédéral américain qui reconnaît le mariage entre personnes de même sexe depuis 2015 et permet, en principe, une demande de carte verte fondée sur l’union avec un citoyen américain.

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En décembre 2025, Elias Perez-Zuazo s’est présenté à un rendez-vous de suivi avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) dans un bureau situé en Virginie. Selon Jonathan Blanco Gallegos, l’entretien devait durer moins d’une heure. Or, à la fin de la rencontre, les agents ont placé son mari en détention et lui ont remis ses effets personnels, sans fournir d’explication immédiate sur les motifs précis ni sur la durée de cette privation de liberté.

Le département américain de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) soutient que Perez-Zuazo faisait l’objet d’une ordonnance d’expulsion antérieure émise par un juge de l’immigration.

Le DHS reconnaît toutefois que cette décision n’avait pas été exécutée et que l’intéressé avait été autorisé à demeurer sur le territoire américain sous l’administration Biden.

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Les avocats du couple contestent cette interprétation et estiment que la détention est incompatible avec la procédure de régularisation actuellement en cours. Une requête a été déposée devant un tribunal fédéral, lequel a ordonné, à titre provisoire, que Perez-Zuazo ne soit pas transféré hors du pays.

Au-delà de l’enjeu administratif, la situation soulève des inquiétudes sérieuses sur le plan des droits humains. Le Panama ne reconnaît pas le mariage entre personnes de même sexe, et plusieurs organisations LGBTQIA+ y documentent des discriminations persistantes. Un éventuel renvoi exposerait ainsi Elias Perez-Zuazo à une insécurité juridique et sociale accrue, préviennent ses proches et les groupes de défense des droits.

En théorie, le mariage avec un citoyen américain constitue l’un des principaux fondements permettant d’accéder à la résidence permanente. Dans la pratique, toutefois, des organismes de défense des droits civiques dénoncent depuis plusieurs années la complexité du système migratoire américain et le pouvoir discrétionnaire considérable de l’ICE. Celui-ci peut mener à des détentions soudaines, y compris dans le cadre de démarches pourtant conformes à la loi.

Pour de nombreuses familles binationales LGBTQIA+, ce type de situation nourrit un climat d’incertitude durable. Malgré des avancées juridiques majeures en matière d’égalité et de reconnaissance des couples de même sexe, l’expérience migratoire demeure, pour plusieurs, marquée par la précarité, la peur de la séparation et l’arbitraire administratif.

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