Après avoir longtemps offert ses services à distance ou dans différents milieux de la région, le JAG a désormais pignon sur rue à Saint-Jean-sur-Richelieu. L’organisme LGBT+ a officiellement ouvert, le 23 septembre dernier, un nouveau point de service au cœur de la ville, une présence qui permettra aux personnes LGBTQ+ et à leurs proches du Haut-Richelieu d’avoir accès à des services plus près de chez elles. Une façon aussi, pour le JAG, de poursuivre son implantation dans une Montérégie où les besoins demeurent importants.
Saint-Jean-sur-Richelieu, qui compte plus de 100 000 habitants, représente un important bassin de population pour l’organisme. Le nouveau point de service desservira notamment Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly, Iberville et les environs. Le 23 septembre dernier, l’ouverture officielle s’est déroulée dans une ambiance festive, en présence d’élu.e.s de la région et de personnalités politiques alors en campagne électorale.
« Ce point de service desservira la population de cette grande région qui comprend Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly, Iberville, etc. Les gens n’auront pas à se déplacer jusqu’à Longueuil pour des services, ils vont pouvoir rester dans leur propre région. C’est important d’aller leur offrir des services là où ils sont », explique Dominique Théberge, directeur général du JAG Organisme LGBT+.
Des services plus près des gens Le JAG est un organisme communautaire de sensibilisation, de soutien et de référencement desservant les populations de la Montérégie Ouest, Centre et Est. Il s’adresse à toute personne touchée, de près ou de loin, par la diversité affective, sexuelle et de genre, ou encore en questionnement. L’organisme offre notamment des rencontres individuelles et de groupe ainsi que des formations et des ateliers destinés aux milieux scolaires et professionnels.
Les rencontres individuelles peuvent se faire en personne, par téléphone ou en visioconférence, alors que les groupes permettent notamment aux jeunes, aux adultes, aux parents et aux proches de se retrouver dans un environnement sans jugement.
À Saint-Jean-sur-Richelieu, on retrouvera notamment des rencontres individuelles et de groupe, un drop-in pour les personnes qui souhaitent simplement venir discuter avec quelqu’un et de l’aide à l’affirmation de genre. Le JAG offre d’ailleurs du matériel d’affirmation de genre, notamment des binders et d’autres articles, avec possibilité d’essayage et de conseils auprès de l’équipe.
« Mais on va faire quelque chose qu’on ne faisait pas avant et qui est un volet aîné.e.s, ajoute Dominique Théberge. On va créer un service particulier pour les personnes aînées et on le fait là, à Saint-Jean-sur-Richelieu ! On ajoute ainsi ces personnes-là à notre expertise, parce qu’on voyait qu’il y avait un manque de ce côté-là. On ne veut pas qu’il y ait de personnes laissées pour compte et ces personnes sont peut-être plus fragiles aussi. » Ce nouveau volet constitue donc une autre façon pour le JAG d’élargir son offre et de rejoindre des personnes qui peuvent parfois demeurer plus isolées.
Une présence qui manquait
L’ouverture d’un local à Saint-Jean-sur-Richelieu n’est toutefois pas une première pour le JAG. L’organisme avait déjà eu un point de service dans la ville il y a plusieurs années. Son ancien directeur général, Dominique Gauvreau, avait travaillé fort pour le maintenir, mais différentes difficultés avaient finalement entraîné sa fermeture. Le JAG était déjà présent dans deux écoles secondaires de Saint-Jean-sur-Richelieu, mais ne disposait pas véritablement d’une présence permanente et accessible au public. Cette situation devenait de plus en plus difficile à concilier avec la réalité d’un organisme qui couvre aujourd’hui une immense partie du territoire montérégien.
Cette nouvelle implantation prend d’ailleurs tout son sens dans le contexte des difficultés de financement et des trous de service auxquels le JAG est confronté dans une Montérégie où les besoins dépassent encore les ressources disponibles. L’ouverture d’un point de service permet donc de rapprocher concrètement l’organisme des personnes qui vivent dans cette partie de la région. « Jusqu’à présent, il y a une belle réception de la part du milieu, poursuit Dominique Théberge. Cela faisait longtemps qu’on désirait une ressource LGBTQ+ à Saint-Jean-sur-Richelieu pour aider les jeunes de la communauté dans cette région-là. Je crois qu’ici, on réussit à accomplir notre mission malgré les différentes embûches qui étaient sur notre chemin. »

Un espace pour se rencontrer
Le nouveau local comprend un espace de bureau ainsi qu’une salle destinée aux groupes. Le JAG prévoit une présence cinq jours par semaine, de 8 h à 16 h, avec une personne déjà à l’emploi de l’organisme qui assurera la permanence, appuyée par une nouvelle ressource qui doit être embauchée prochainement. « Tous les services seront coordonnés dans les prochains jours et les prochaines semaines afin que cela soit opérationnel le plus rapidement possible », dit le directeur général du JAG. La présence d’un local ne signifie donc pas simplement qu’une porte est désormais ouverte. Elle permet aussi de créer un véritable lieu de rencontre et d’appartenance, particulièrement important pour les personnes qui ne souhaitent pas ou qui ne peuvent pas se déplacer jusqu’à Longueuil pour obtenir des services.
Un financement à consolider
Pour rendre cette implantation possible, le JAG bénéficie notamment de l’appui de la Fondation Famille Caron, qui soutient des organismes venant en aide aux populations vulnérables et des projets ayant un impact dans le Haut-Richelieu depuis 2016. « Cette Fondation nous aide à payer le loyer du local pour une période d’un an, tandis que Centraide du Grand Montréal nous appuie également. Les deux, ensemble, font en sorte que nous pouvons mettre nos énergies ici à desservir cette population en particulier », précise Dominique Théberge.
Mais le JAG souhaite déjà voir plus loin. « Nous travaillons à l’obtention de subventions garantissant que ce point de service puisse fonctionner pour les trois prochaines années et non que l’on soit obligé de le fermer par manque de sous », souligne-t-il. La pérennité du service demeure donc un enjeu important. Pour l’organisme, l’objectif est de faire de cette présence à Saint-Jean-sur-Richelieu un véritable point d’ancrage plutôt qu’une initiative temporaire.
En route vers les 30 ans
Cette nouvelle implantation arrive à un moment symbolique pour le JAG, qui approche de son 30e anniversaire. L’organisme, qui a commencé modestement à la fin des années 1990, a progressivement élargi sa mission et son territoire au fil des années. « C’est tout de même extraordinaire qu’en 2027, on célébrera les 30 ans du JAG. C’est certain qu’on planifiera
des activités spéciales pour souligner cet important anniversaire pour notre groupe communautaire, qui avait commencé bien modestement à l’époque », conclut Dominique Théberge. Trente ans après ses débuts, le JAG continue donc d’étendre son réseau, cette fois à Saint-Jean-sur-Richelieu. Et derrière l’ouverture d’un nouveau local, il y a surtout une volonté bien simple : éviter que les personnes LGBTQ+ de la région aient à parcourir des dizaines de kilomètres pour trouver une écoute, un soutien, un groupe auquel participer ou simplement quelqu’un qui comprend leur réalité. À Saint-Jean-sur-Richelieu, le JAG veut désormais être là, tout simplement, là où les gens vivent.
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