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Sébastien Deschênes, 25 ans à transformer des maisons

Après plus de 25 ans dans la rénovation résidentielle, huit prix Domus et des centaines de projets réalisés, Sébastien Deschênes amorce une nouvelle carrière dans le courtage immobilier. Entrepreneur passionné, présent dans Fugues depuis longtemps, il met aujourd’hui son expérience du bâtiment, son regard sur l’architecture et sa connaissance du marché immobilier au service des acheteurs et des vendeurs. Rencontre avec un homme pour qui une maison a toujours été bien plus qu’un assemblage de murs.

Tu as passé plus de 25 ans dans la rénovation et la construction résidentielle. Comment cette passion pour les maisons a-t-elle commencé?
Tout a commencé au milieu des années 1990, alors que j’étais encore à l’université. J’ai obtenu la première franchise Qualité Étudiant sur la Rive-Sud de Montréal et j’ai commencé à diriger une petite équipe de peintres. Au départ, c’était un travail étudiant, mais j’ai rapidement découvert que j’aimais autant le contact avec les clients que la transformation des lieux. Ce qui me fascinait, c’était de voir comment des travaux pouvaient améliorer un espace et changer la façon dont les gens y vivaient. Avec le temps, j’ai voulu aller plus loin, comprendre la construction, les matériaux, l’architecture et les possibilités de transformation d’une maison. Ce qui devait être une activité temporaire est finalement devenu ma carrière.

Ton entreprise, Rénovation Deschênes, a connu une croissance considérable. Jusqu’où cette aventure t’a-t-elle mené?
Les premiers contrats de peinture ont progressivement fait place à des rénovations beaucoup plus importantes, puis à des transformations architecturales complètes. Nous avons travaillé dans plusieurs quartiers de Montréal, notamment à Westmount, Notre-Dame-de-Grâce, Outremont, dans le Vieux-Montréal et à Ville-Marie, ainsi que sur la Rive-Sud. À son apogée, l’entreprise a compté une quinzaine d’employés, plusieurs camions sur la route, un directeur général, une adjointe et une représentante aux ventes. Mon conjoint a également joué un rôle important dans l’administration et le développement de l’entreprise. C’était devenu une véritable organisation, avec tout ce que cela implique de gestion, de coordination et de responsabilités.

J’ai aussi eu l’occasion de m’impliquer à l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), notamment au conseil d’administration du comité rénovation. Ces échanges avec d’autres professionnels m’ont beaucoup apporté.

Parmi tes réalisations, il y a notamment huit prix Domus. Que représentent ces distinctions pour toi?
Recevoir huit prix Domus au fil des années, dans un milieu aussi compétitif que celui de la construction et de la rénovation résidentielle, a certainement été une grande fierté. Ces prix reconnaissaient le travail de toute une équipe et la qualité des projets que nous réalisions. Mais au-delà des récompenses, ce qui me reste, ce sont les maisons transformées, les défis relevés et les relations développées avec les clients. Certains projets demandaient énormément de réflexion et de coordination. Il fallait trouver des solutions, respecter l’architecture des bâtiments et répondre aux besoins de personnes qui nous confiaient souvent leur bien le plus précieux.

Les lecteurs et lectrices de Fugues te connaissent aussi depuis longtemps. Te souviens-tu comment cette collaboration a commencé?
En 2003, je revenais d’un long voyage en Asie, pendant lequel j’avais notamment parcouru à vélo certaines régions de l’Inde, de la Chine, du Vietnam et du Cambodge. J’avais aussi réalisé une rénovation dont j’étais particulièrement fier et j’ai eu envie de la partager avec les lecteurs de Fugues. C’est ainsi que ma collaboration avec le magazine a commencé. Au fil des années, j’ai pu présenter différents projets et partager mes connaissances sur la rénovation, le design, l’architecture et le bâtiment, autant dans Fugues que dans DécorHomme.

C’était une belle occasion de transmettre ce que j’apprenais moi-même au contact des architectes, designers, ingénieurs, artisans et autres professionnels avec lesquels je travaillais. Cette relation avec le magazine et son lectorat fait partie de mon parcours depuis plus de vingt ans autant comme collaborateur, que comme annonceur.

Après une carrière aussi bien établie, qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir courtier immobilier?
Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas vraiment une rupture, mais plutôt une continuité. Pendant 25 ans, les gens m’ont confié leur maison pour que je les aide à la transformer. Aujourd’hui, ils peuvent me la confier pour la mettre en valeur et la vendre, ou me demander de les accompagner dans la recherche de leur prochaine propriété. Dans les deux cas, il s’agit d’une décision importante, souvent très personnelle. 

Mon parcours m’a aussi amené à acheter et à vendre des propriétés, à bâtir des maisons, à rénover des immeubles et à travailler avec différentes formes de copropriété, divises et indivises. Je connais donc plusieurs facettes de l’immobilier, pas seulement celle de la rénovation.

Le courtage me permet de réunir toutes ces expériences et de continuer à travailler dans un domaine qui me passionne, mais en accompagnant les gens à une autre étape de leur vie.

Ton expérience du bâtiment doit certainement influencer ta façon de visiter et d’évaluer une propriété. Qu’est-ce que tu remarques que d’autres pourraient ne pas voir?
Une cuisine peut se refaire. Un revêtement peut se remplacer. Mais la lumière naturelle, les proportions, l’orientation d’une maison ou sa relation avec l’extérieur sont souvent beaucoup plus difficiles à recréer. Avec les années, j’ai appris à regarder au-delà du décor et à m’intéresser à ce qui donne réellement de la valeur à un lieu.

Je porte naturellement attention à la qualité des matériaux, à la circulation des espaces, à la cohérence des rénovations et au potentiel d’évolution d’une propriété. Je peux aussi reconnaître des éléments qui méritent qu’on pose davantage de questions ou qu’on fasse appel à un spécialiste.

Une maison peut être magnifique en apparence, mais présenter certaines contraintes. À l’inverse, une propriété qui semble un peu défraîchie peut offrir un potentiel extraordinaire. Mon expérience m’aide à faire cette distinction et à mieux conseiller les gens.

Tu as également développé un important réseau de professionnels au cours de ta carrière. Est-ce un avantage pour tes clients?
Certainement. Après toutes ces années, j’ai travaillé avec de nombreux électriciens, plombiers, peintres, carreleurs, spécialistes des planchers, artisans et entrepreneurs spécialisés. J’ai également côtoyé des architectes, ingénieurs, designers et notaires.

Lorsqu’un client envisage des travaux, se pose des questions sur une propriété ou souhaite effectuer certaines améliorations avant de vendre, je peux généralement l’orienter vers les bonnes ressources. Je connais la réalité des chantiers, les contraintes qui peuvent surgir et l’importance de bien planifier les interventions. C’est une expérience très concrète que je peux maintenant mettre au service de mes clients.

Pour amorcer cette nouvelle carrière, tu as choisi de te joindre à l’Équipe Yanick Sarrazin. Pourquoi ce choix?
Je voulais être entouré de gens d’expérience, dans une équipe où je pouvais continuer à apprendre, tout en restant moi-même dans ma façon de travailler. Ce qui m’a plu, c’est le professionnalisme, la collaboration et la qualité de l’accompagnement offert aux clients. Après avoir dirigé ma propre entreprise pendant plus de 25 ans, je sais à quel point il est important d’être bien entouré. Le courtage immobilier possède ses propres exigences et je voulais intégrer un environnement qui me permettrait de développer cette nouvelle expertise tout en apportant mon expérience du bâtiment et de l’entrepreneuriat.

Tu insistes beaucoup sur la dimension humaine de l’immobilier. Pourquoi est-elle si importante à tes yeux?
Derrière presque toutes les transactions, il y a une transition humaine. Et ça, je trouve ça extrêmement important de ne jamais l’oublier. On peut acheter son premier condo, chercher une maison pour accueillir des enfants, vouloir vivre avec son conjoint, changer de quartier ou réduire son espace après plusieurs années. Il y a aussi les séparations, les changements professionnels et les moments où l’on doit vendre une propriété à laquelle on est profondément attaché.

Chaque situation est différente. Pour moi, il faut comprendre ce que les gens vivent, ce qu’ils recherchent et ce qui compte réellement pour eux. Une transaction immobilière ne se résume pas à un prix ou à une signature chez le notaire.

Comme homme gai et collaborateur de longue date de Fugues, à quel point est-il important d’offrir un environnement où les personnes LGBTQ+ peuvent se sentir pleinement à l’aise?
C’est certainement important de pouvoir aborder un projet aussi personnel que l’achat ou la vente d’une maison avec quelqu’un auprès de qui on se sent en confiance. Il existe toutes sortes de couples, de familles et de façons de vivre. Certaines personnes achètent seules, d’autres avec leur partenaire, des amis ou des membres de leur famille choisie. Les réalités sont multiples et chacune mérite d’être accueillie avec respect. Mon approche repose sur l’écoute, la transparence et la volonté d’accompagner les gens sans pression ni jugement. Je veux que mes clients puissent parler librement de leurs projets, de leurs besoins et de leurs préoccupations.

Après avoir consacré autant d’années à transformer des maisons, qu’est-ce qui t’enthousiasme le plus dans cette nouvelle étape?
J’aime toujours autant les maisons, leur architecture, leurs possibilités et même leurs imperfections. J’aime découvrir un lieu et imaginer ce qu’il pourrait devenir. Mais ce qui m’intéresse surtout, c’est de pouvoir accompagner les gens dans leurs projets. Une propriété, pour moi, ce n’est jamais seulement des pieds carrés, des matériaux ou une valeur. C’est un milieu de vie. Il y a une histoire, une énergie, des habitudes, des souvenirs. C’est ce qui m’a toujours intéressé.

Aujourd’hui, je peux mettre toute cette expérience au service de personnes qui souhaitent acheter, vendre ou simplement réfléchir à leur prochain projet immobilier. C’est une nouvelle carrière, mais la passion qui m’anime est toujours la même.

INFOS : Sébastien Deschênes est courtier immobilier résidentiel au sein de l’Équipe Yanick Sarrazin. Pour discuter d’un projet d’achat ou de vente, on peut le joindre au 514 585-5540 ou par courriel à [email protected].

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