La première vague de films dévoilée par image+nation est dévoilée et on pourra voir, entre autres, Our Effet Up World. À seulement 21 ans, Alice Maio Mackay en était déjà, avec Our Effed Up World, à son septième long métrage (oui, vous avez bien lu). Une cadence presque invraisemblable, mais parfaitement cohérente avec une cinéaste trans australienne qui s’est imposée en quelques années comme l’une des voix les plus singulières du cinéma d’horreur queer indépendant.
Cette fois, elle lève les yeux vers les étoiles. Sheri (Sara Thompson, One of Us Is Lying) a toujours eu peur du cosmos — et particulièrement des météorites —, ce qui est assez ironique puisque son père étudie justement les étoiles. Elle commence pourtant à trouver une forme de réconfort dans l’immensité du ciel lorsqu’elle est frappée par la mort de sa grand-mère. Incapable de véritablement composer avec son deuil, Sheri oscille entre apathie et colère et se réfugie auprès de sa bande d’amis cinéphiles. Puis arrivent d’étranges rêves, une pluie de météores et plusieurs disparitions.
Quelque chose est tombé du ciel et semble animé d’un appétit pour le moins inquiétant. Mackay mélange science-fiction, horreur, comédie, deuil et culture queer dans un film qui assume pleinement ses racines de série B. Cette façon de s’emparer des genres populaires pour y installer naturellement des personnages trans et queer est devenue sa signature. So Vam explorait les vampires; T Blockers transformait l’invasion parasitaire en terrain de jeu trans; Satranic Panic réunissait une drag queen trans et sa meilleure amie dans un road movie démoniaque; Carnage for Christmas revisitait le slasher; et The Serpent’s Skin poursuivait cette hybridation entre horreur et expériences queer. Il faut toutefois noter une évolution intéressante.
Dans Our Effed Up World, la transidentité n’est pas nécessairement le moteur explicite du récit comme elle pouvait l’être dans certains de ses films précédents. Le geste queer consiste aussi à laisser ces personnages simplement exister au centre d’un film de science-fiction, sans devoir constamment expliquer ou justifier leur identité.
La communauté et la famille choisie demeurent néanmoins au cœur de l’histoire. Le film réunit d’ailleurs une véritable petite galaxie du cinéma queer contemporain : Jack Haven remarqué dans I Saw the TV Glow, Leela Varghese de Lesbian Space Princess, Brandon Flynn, Tommy Dorfman, Annapurna Sriram et Jess McLeod. Plus significatif encore, Jane Schoenbrun, cinéaste derrière I Saw the TV Glow, agit à la production. Ce réseau de collaborations donne au projet l’allure d’une réunion de famille du nouveau cinéma queer de genre.
Sous ses dehors de petite folie extraterrestre punk et colorée, Our Effed Up World raconte finalement quelque chose de très simple : une jeune femme endeuillée retrouve une raison de se battre grâce à la famille qu’elle s’est choisie. Quitte, pour y parvenir, à devoir botter quelques derrières extraterrestres.

