Mercredi, 30 septembre 2026
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    Reacher saison 4, puissance et fureur d’un mastodonte tranquille !

    Seule sur une banquette du métro de Washington, une femme lance des regards affolés autour d’elle, les deux mains crispées sur un objet dissimulé dans son sac à main. Lorsque Reacher tente de lui venir en aide, elle panique et se tire une balle dans la tempe. Pourquoi ?

    Adaptée de Sans laisser d’adresse (Gone Tomorrow), le 13e roman de Lee Child, cette quatrième saison de Reacher entraîne notre héros dans une enquête qui semble tout d’abord assez simple : comprendre le geste brutal de la victime ! Ce qui s’apparentait cependant à une enquête sociale révèle bientôt des racines qui s’enfoncent dans les méandres de la politique et des forces armées étatsuniennes.

    En effet, alors qu’il remonte le fil des derniers jours de la victime, une ancienne employée du Pentagone, Jack Reacher (Alan Ritchson) se retrouve happé par un réseau de conspirations où se côtoient corruption, manipulations politiques et meurtres crapuleux, tous liés à la récupération d’une clé de mémoire au contenu mystérieux. Et pourquoi la CIA et le FBI cherchent-ils à entraver son enquête — voire, ultimement, à l’abattre ?

    Comme dans les saisons précédentes, l’enquête conduit notre héros à croiser une galerie de personnages dont la trajectoire sera profondément bouleversée : Tamara Green (Sydelle Noel), une policière de Philadelphie mise au rancart pour avoir trop dérangé l’ordre établi ; Jacob Merrick (Christopher Marquette), le frère de la victime et policier d’une petite bourgade sans histoire ; Russell Plum (Kevin Weisman), un journaliste complotiste ; et Lila Hoth (Agnez Mo), une Indonésienne déterminée à faire éclater la vérité. En apparence ordinaires et impuissants, ces personnages se révèlent pourtant bien plus complexes qu’ils n’y paraissent. Aucun n’est tout à fait ce qu’il semble être : chaque personnage dissimule son lot de petits et de grands secrets, mais aussi des forces insoupçonnées qui le pousseront à franchir un Rubicon personnel ou à révéler des aspects troublants de sa personnalité.

    La série se distingue également par ses scènes d’action, ses cascades spectaculaires et un rythme haletant, maintenu de la première à la dernière seconde. Vous ne contemplerez plus jamais une salle d’archives de la même manière après avoir constaté que chaque rayonnage peut se transformer en arme de destruction sanglante. La série multiplie aussi les rebondissements — je demeure intentionnellement vague — et finit par nous faire douter des motivations de tout un chacun. Quant à l’épisode 5, il propose une évasion de prison atrocement mémorable, appelée à demeurer dans les annales télévisuelles.

    Un mammouth à la masculinité implacable et tranquille
    La série ne met pas de l’avant de personnages ni de thématiques gaies, mais elle offre le plaisir de contempler une véritable armoire à glace bienveillante : Jack Reacher, incarné par le statuesque Alan Ritchson, un homme qui ne ressent jamais le besoin d’imposer sa masculinité. Loin de se résumer à une machine à frapper, il se révèle avant tout une force tranquille, dont la puissance paraît encore plus impressionnante lorsqu’il demeure immobile et silencieux. Le premier épisode propose d’ailleurs une scène particulièrement forte, où l’acteur démontre avec quelle maestria il parvient à insuffler à son personnage une autorité presque inexpugnable, même en prononçant à peine quelques mots.

    Difficile, par ailleurs, de ne pas souligner le physique herculéen d’Alan Ritchson, dont on se demande comment il lui est possible de traverser un cadre de porte sans le réduire en poussière. Sa masculinité repose toutefois moins sur sa force brute que sur un code moral rigoureux, une logique implacable et une volonté constante de protéger les plus vulnérables. À cet égard, il incarne une version contemporaine du justicier solitaire des westerns classiques : la série joue ainsi avec la nostalgie du héros masculin d’autrefois, tout en lui conférant une profondeur morale renouvelée.

    Portée par un rythme haletant, la série met en scène un héros qui aurait aisément pu sombrer dans les clichés ringards d’une compétition de « gros bras », mais qui évite au contraire tous les pièges habituels du genre. Elle propose plutôt une intrigue complexe, traversée par un suspense paranoïaque où le danger semble surgir à chaque coin de rue. Impossible, dès lors, de ne pas enchaîner les épisodes en rafale. Et, bonne nouvelle : une cinquième saison est déjà confirmée.

    INFOS | Les huit épisodes de la série Reacher sont disponibles, en anglais et dans deux doublages français, dont un excellent réalisé au Québec, sur Prime Video.

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