Vendredi, 9 octobre 2026
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    Homophobie, transphobie et masculinisme: Granby mise sur la prévention auprès des jeunes

    Face aux inquiétudes suscitées par la montée des discours discriminatoires dans certains milieux scolaires, la Ville de Granby lance sa deuxième politique jeunesse. L’initiative entend favoriser la tolérance et le respect des différences chez les adolescents, alors que les organismes communautaires constatent une demande croissante d’interventions dans les écoles.

    La montée du masculinisme, de l’homophobie, de la transphobie et du racisme chez certains adolescents préoccupe les milieux scolaires. À Granby, la municipalité a choisi d’aborder ces enjeux dans sa nouvelle politique jeunesse, qui accorde une place importante à la prévention et au vivre-ensemble.

    Destinée aux jeunes de 12 à 17 ans, cette deuxième politique jeunesse municipale concerne quelque 7 500 élèves. Elle vise notamment à mieux outiller les adolescents face aux préjugés, aux comportements discriminatoires et aux différentes formes d’intolérance.

    Pour la mairesse de Granby, Julie Bourdon, les municipalités ont un rôle à jouer dans la sensibilisation des jeunes, en collaboration avec les écoles et les organismes communautaires.

    « Il faut leur apprendre à travailler la tolérance et le vivre-ensemble […]. Pour nous, c’est un enjeu de société », a-t-elle déclaré à Noovo Info.

    Des élèves interrogés par le média ont d’ailleurs confirmé que les propos discriminatoires demeurent présents dans leur environnement scolaire. Une adolescente a notamment déploré la persistance de mentalités qu’elle juge dépassées, estimant que de tels comportements ne devraient plus être acceptés.

    Des écoles qui réclament de l’aide

    Pour les organismes spécialisés dans la lutte contre la discrimination, les besoins sur le terrain sont considérables.

    Rafaël Provost, directeur général d’Ensemble pour la diversité, affirme recevoir quotidiennement des demandes d’établissements scolaires confrontés à des situations de racisme, de sexisme, d’homophobie, de transphobie ou à l’influence de discours masculinistes.

    « Chaque jour, je reçois un courriel ou un appel d’une école pour nous dire : “On est dépassés, on manque d’outils, venez nous aider” », explique-t-il.

    L’organisme compte actuellement 85 écoles sur sa liste d’attente, toutes désireuses d’obtenir un accompagnement pour mener des activités de prévention auprès de leurs élèves.

    Cette demande illustre les difficultés rencontrées par plusieurs établissements pour répondre à des situations qui dépassent parfois les ressources et la formation disponibles à l’interne.

    Selon Rafaël Provost, les écoles souhaitent généralement travailler avec les organismes communautaires, mais les moyens financiers et les mécanismes de collaboration font souvent défaut. L’engagement d’une municipalité comme Granby pourrait faciliter ces rapprochements et permettre d’intervenir plus rapidement.

    Prévenir plutôt qu’attendre les incidents

    Du côté du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs, le directeur général, Carl Morissette, précise ne pas observer de problème particulier lié au masculinisme dans les établissements de son territoire.

    Il considère néanmoins qu’il serait préférable d’agir avant que de telles situations prennent de l’ampleur.

    « C’est vraiment d’y aller en prévention pour offrir un lieu d’apprentissage sain à nos élèves », a-t-il indiqué.

    Cette approche préventive prend une importance particulière pour les jeunes LGBTQ+, qui peuvent être confrontés à des remarques homophobes ou transphobes, à l’exclusion sociale ou à des comportements hostiles dans leur environnement scolaire.

    La sensibilisation ne concerne toutefois pas uniquement les élèves directement visés par la discrimination. Elle cherche également à encourager l’ensemble des jeunes à reconnaître les préjugés, à remettre en question certains discours et à développer des relations plus respectueuses avec leurs camarades.

    Une responsabilité qui dépasse les murs de l’école

    En intégrant ces préoccupations à sa politique jeunesse, Granby reconnaît que la lutte contre les discriminations ne relève pas exclusivement du réseau scolaire.

    Les municipalités, les organismes communautaires et les familles peuvent aussi contribuer à créer des milieux où les jeunes se sentent respectés, quelles que soient leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leurs origines.

    L’initiative granbyenne arrive alors que plusieurs intervenants réclament davantage de ressources pour accompagner les écoles dans la prévention de la violence et des comportements discriminatoires.

    Reste maintenant à voir comment les orientations de cette nouvelle politique se traduiront en actions concrètes, notamment en matière de financement, de sensibilisation et de collaboration avec les organismes spécialisés.

    Pour Rafaël Provost, l’ouverture manifestée par la municipalité constitue déjà un pas important, dans un contexte où les demandes d’aide continuent de s’accumuler.

    La mairesse Julie Bourdon résume pour sa part la volonté de son administration en quelques mots : « Notre jeunesse, c’est notre avenir, il faut en prendre soin. »

    Source : Noovo Info, reportage sur la deuxième politique jeunesse de la Ville de Granby.

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