Mardi, 13 octobre 2026
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    États-Unis : moins d’adolescents s’identifient comme LGB, mais comment expliquer ce recul?

    Après plusieurs années marquées par une hausse de la proportion de jeunes Américains s’identifiant comme lesbiennes, gais ou bisexuels, de nouvelles données révèlent une tendance inverse chez les élèves du secondaire, particulièrement les plus jeunes. Faut-il y voir un changement dans la façon dont les adolescents définissent leur orientation sexuelle ou le signe d’un climat devenu moins favorable à l’affirmation de leur identité? Pour l’instant, les chercheurs ne disposent pas de suffisamment d’éléments pour trancher.

    Les jeunes LGBTQ+ américains seraient-ils moins nombreux à afficher ouvertement leur orientation sexuelle? C’est l’une des questions soulevées par une analyse publiée en septembre 2026 par la psychologue Jean M. Twenge, à partir des données de la Youth Risk Behavior Survey des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), une enquête menée auprès des élèves du secondaire aux États-Unis.

    Les résultats montrent une diminution de la proportion d’adolescents qui se déclarent lesbiennes, gais ou bisexuels (LGB) entre 2023 et 2025. Ce recul est particulièrement marqué chez les élèves les plus jeunes, alors que les générations précédentes avaient plutôt été associées à une plus grande ouverture envers les identités LGBTQ+.

    Un recul particulièrement marqué chez les plus jeunes

    Chez les élèves de dernière année du secondaire américain, soit la 12e année, la proportion de jeunes s’identifiant comme LGB est passée de 18 % en 2023 à 16 % en 2025. La diminution est nettement plus importante chez les élèves de 9e année, où cette proportion est passée de 17 % à 11 % durant la même période.

    Les adolescentes sont particulièrement concernées par cette évolution. Dans l’ensemble du secondaire, la proportion de filles s’identifiant comme lesbiennes ou bisexuelles est passée de 27 % à 22 % entre 2023 et 2025. Chez les garçons, elle a diminué de 9 % à 7 %.

    Le changement le plus frappant concerne les filles de 9e année. Selon l’analyse de Twenge, leur proportion d’identification LGB est passée de 30 % en 2021 à 17 % en 2025.

    Ces chiffres contrastent avec les tendances observées au cours des années précédentes, lorsque les jeunes générations semblaient de plus en plus nombreuses à se reconnaître dans la diversité sexuelle.

    Moins de jeunes LGBTQ+ ou moins de jeunes qui s’identifient comme tels?

    Il serait toutefois prématuré de conclure que les adolescents américains sont devenus moins nombreux à éprouver une attirance envers des personnes du même sexe.

    Les enquêtes mesurent avant tout la manière dont les répondants définissent leur orientation sexuelle à un moment précis. Elles ne permettent pas nécessairement de déterminer si leurs attirances ont changé ou si certains préfèrent désormais employer d’autres termes pour se décrire.

    La distinction est importante, notamment chez les adolescents, pour qui l’exploration de l’identité et de la sexualité peut se poursuivre pendant plusieurs années.

    Il faut également rappeler que la catégorie LGB ne représente pas l’ensemble des identités LGBTQ+. Certains jeunes peuvent se reconnaître davantage dans les termes queer, pansexuel ou fluide, ou encore préférer ne pas se définir à l’aide d’une étiquette précise.

    Autre élément qui invite à la prudence : Jean M. Twenge avait initialement observé une diminution de l’identification LGB chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans à partir de données préliminaires de 2025. Elle a toutefois reconnu par la suite que cette baisse disparaissait lorsque les données de l’année complète étaient prises en compte.

    Les résultats les plus récents semblent donc indiquer un changement plus marqué chez les jeunes élèves du secondaire qu’un recul généralisé de l’identification LGBTQ+ dans l’ensemble de la génération Z.

    Un climat social qui pourrait influencer les réponses

    Reste une question difficile à écarter : le contexte politique et social américain pourrait-il amener certains adolescents à hésiter davantage avant de s’identifier ouvertement comme LGBTQ+?

    Ces dernières années, les questions liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre ont occupé une place importante dans les débats politiques américains, notamment autour de l’éducation, de la reconnaissance des personnes trans et de la visibilité LGBTQ+ dans les écoles.

    Dans un environnement où ces sujets deviennent de plus en plus polarisants, il est possible que certains jeunes se montrent plus prudents lorsqu’il s’agit de dévoiler leur orientation sexuelle, même dans le cadre d’une enquête.

    Cette hypothèse demeure toutefois impossible à confirmer à partir des seules données disponibles. Rien ne permet d’établir que la peur, la stigmatisation ou le climat politique expliquent directement la diminution observée.

    Les CDC ont néanmoins documenté les effets de la discrimination, du rejet et de la violence sur la santé et le bien-être des jeunes LGBTQ+. Le sentiment de sécurité et l’acceptation sociale peuvent donc jouer un rôle important dans la manière dont les adolescents vivent et expriment leur identité.

    Une évolution qui demande à être mieux comprise

    Les résultats analysés par Jean M. Twenge soulèvent des questions importantes, mais ils ne permettent pas encore de déterminer si les changements observés sont temporaires, s’ils reflètent une évolution des termes utilisés par les jeunes ou s’ils témoignent d’une plus grande réticence à dévoiler leur orientation sexuelle.

    Il faudra notamment suivre les prochaines enquêtes pour savoir si cette tendance se maintient et mieux comprendre les différences entre les groupes d’âge.

    L’enjeu dépasse toutefois les statistiques. Un adolescent peut se reconnaître très tôt comme gai, lesbienne ou bisexuel, alors qu’un autre prendra davantage de temps pour comprendre ses attirances ou choisir les mots qui lui conviennent. Certains préféreront aussi préserver leur vie privée.

    La diminution du nombre de jeunes qui s’identifient comme LGB ne signifie donc pas nécessairement que les réalités LGBTQ+ sont moins présentes parmi les nouvelles générations.

    Ce qui importe, au-delà des pourcentages, est que les jeunes puissent explorer leur identité sans craindre le rejet, la discrimination ou la violence, et qu’ils demeurent libres de choisir comment, quand et à qui ils souhaitent en parler.

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