Vendredi, 9 octobre 2026
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    Michael Johnston veut raconter des histoires queer qui lui ressemblent

    Révélé au grand public par le succès du film Obsession, l’acteur américain Michael Johnston souhaite désormais profiter de sa nouvelle notoriété pour défendre des rôles LGBTQ+ plus personnels. À 30 ans, il revient aussi sur son adolescence difficile dans un milieu chrétien conservateur et sur la façon dont ses premiers personnages gais l’ont aidé à accepter sa propre sexualité.

    Après le succès retentissant d’Obsession au cinéma cet été, Michael Johnston voit de nouvelles possibilités s’ouvrir devant lui. L’acteur de 30 ans, originaire de Rutherfordton, en Caroline du Nord, souhaite désormais choisir des projets qui lui tiennent davantage à cœur, notamment des histoires queer dans lesquelles il pourrait puiser dans son propre parcours.

    De passage à Paris pour le défilé printemps-été 2027 de Lacoste, présenté le 4 octobre sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros, Johnston a de nouveau attiré l’attention. Mais derrière cette visibilité grandissante se trouve un acteur qui réfléchit depuis plusieurs années à la place qu’il souhaite occuper à Hollywood et aux histoires qu’il aimerait raconter.

    En juillet dernier, lors d’un entretien avec Tommy DiDario, il expliquait que le succès d’Obsession lui permettait désormais de choisir plus librement ses rôles. Parmi ses ambitions figure celle d’incarner un personnage queer dans une histoire qui aurait une véritable résonance personnelle. Il envisage même d’écrire lui-même un tel projet si l’occasion ne se présente pas.

    Grandir gai dans la Bible Belt

    Cette volonté est étroitement liée à son enfance dans le sud des États-Unis, au sein de ce qu’on appelle la Bible Belt, une région où les traditions chrétiennes conservatrices occupent une place importante dans la vie sociale.

    « Grandir dans la Bible Belt peut être compliqué pour un garçon gai », a-t-il confié à Tommy DiDario.

    Dans une autre entrevue accordée au magazine Out, Johnston raconte avoir longtemps intériorisé les discours religieux condamnant l’homosexualité, au point de se considérer lui-même comme une « abomination ».

    Pour tenter de correspondre aux attentes de son entourage, il a cherché à dissimuler son orientation sexuelle. Il a notamment fréquenté une fille et surveillé ses gestes et ses comportements pour éviter de paraître efféminé.

    Cette période a profondément marqué son rapport à lui-même, mais aussi sa manière d’aborder son métier.

    Des rôles qui l’ont aidé à s’accepter

    Entre 2015 et 2017, Michael Johnston a interprété Corey Bryant, un personnage gai de la série Teen Wolf, diffusée sur MTV. En 2016, il incarnait également Neil dans Slash, un drame indépendant abordant notamment les questions d’identité et de sexualité.

    À l’époque, le jeune acteur n’était pas encore complètement à l’aise avec sa propre homosexualité. Pourtant, ces rôles allaient contribuer à transformer sa perception de lui-même.

    « Je n’étais toujours pas à l’aise avec ma sexualité à ce moment-là, mais je n’avais aucune idée de l’impact que le simple fait d’être moi-même et de jouer ce personnage avec authenticité pouvait avoir », explique-t-il.

    Il se souvient notamment qu’une de ses tantes avait plaisanté en affirmant que jouer des personnages homosexuels risquait de le « convertir ». Avec le recul, Johnston reconnaît que ces expériences ont effectivement changé quelque chose chez lui, mais bien différemment de ce que sa tante imaginait.

    « Jouer ces rôles au début de ma carrière m’a certainement aidé à accepter ma sexualité et à changer la façon dont je la percevais. Avant, je pensais que c’était une faiblesse. Aujourd’hui, je considère que c’est une force, parce que cela m’a rendu plus empathique. »

    Quand la représentation change des vies

    L’acteur a également découvert l’importance que ses personnages pouvaient avoir pour les jeunes téléspectateurs LGBTQ+.

    Après ses apparitions dans Teen Wolf et Slash, il raconte avoir reçu des milliers de messages de personnes qui le remerciaient de leur avoir permis de se sentir moins seules. Certaines lui confiaient même avoir trouvé le courage de faire leur coming out auprès de leurs parents.

    Ces témoignages lui ont rappelé sa propre adolescence, lorsqu’il cherchait désespérément des personnages auxquels s’identifier.

    « Quand j’étais jeune, chaque fois que je voyais un personnage gai, je me disais : “Wow, il y en a d’autres. Je ne suis pas seul.” Alors, si je peux représenter cela pour quelqu’un d’autre, c’est incroyable. »

    Cette prise de conscience explique en partie son désir actuel de participer à des projets queer plus ambitieux, qui ne se limiteraient pas à la présence d’un personnage homosexuel, mais exploreraient aussi les expériences et les contradictions qui façonnent son identité.

    Une nouvelle liberté après Obsession

    Le succès d’Obsession semble lui donner une marge de manœuvre qu’il ne possédait pas auparavant. Johnston souhaite en profiter pour privilégier des personnages qui lui permettent d’aborder des sujets personnels, sans renoncer pour autant à la sensualité ou aux histoires d’amour.

    Pour le moment, aucun projet précis n’a été annoncé, mais l’acteur a clairement exprimé son intérêt pour un rôle queer significatif, dans une production qui pourrait aussi comporter des scènes plus torrides.

    Sur le plan personnel, Johnston semble également avoir parcouru beaucoup de chemin depuis son adolescence en Caroline du Nord. Lors de son récent séjour à Paris, il a publié sur Instagram des images de sa participation au défilé Lacoste, auquel sa mère l’accompagnait.

    Une présence familiale qui contraste avec les années où il croyait devoir cacher une partie de lui-même pour être accepté.

    Aujourd’hui, alors que sa carrière prend un nouvel élan, Michael Johnston espère pouvoir offrir à d’autres jeunes LGBTQ+ ce que certains personnages lui ont apporté : la possibilité de se reconnaître à l’écran et de comprendre qu’ils ne sont pas seuls.

    Source : Out, entrevues avec Michael Johnston et entretien avec Tommy DiDario, 2026.

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