Samedi, 10 octobre 2026
• • •
    Publicité

    Frissons queer : Dans les années 1940, désirs cachés et identités troubles

    Sous l’influence du Code Hays, les représentations explicites de l’homosexualité disparaissent largement des écrans hollywoodiens. Les cinéastes développent alors un langage de regards, de silences et d’ambiguïtés. Les demeures hantées, les secrets de famille et les personnages obsessionnels deviennent autant de moyens d’évoquer des désirs que l’on ne peut nommer.

    DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 1940.

    4. Rebecca (1940)

    Une jeune femme découvre que le souvenir de la première épouse de son mari continue de hanter leur demeure. La gouvernante Mrs Danvers voue à la défunte Rebecca une dévotion obsessionnelle, souvent interprétée comme l’expression d’un désir lesbien refoulé. Ce classique d’Alfred Hitchcock illustre comment le cinéma hollywoodien évoquait les sexualités interdites sans les nommer.

    5. Cat People (1942)

    Une jeune femme est convaincue qu’elle se transformera en panthère si elle cède à ses désirs sexuels. Sous ses apparences de film fantastique, cette œuvre de Jacques Tourneur explore la peur de la sexualité, la répression et l’angoisse de ne pas correspondre aux attentes sociales. Le personnage d’Irena peut ainsi être interprété comme une figure queer prisonnière de ses propres interdits.

    6. The Uninvited (1944)

    Un frère et une sœur s’installent dans une maison hantée où les fantômes semblent liés à des secrets familiaux et à des attachements féminins troublants. Ce film de Lewis Allen utilise le surnaturel pour évoquer des désirs refoulés et des relations que les conventions de l’époque ne permettaient pas de nommer.

    7. The Picture of Dorian Gray (1945)

    Adapté du roman d’Oscar Wilde, ce récit fantastique suit un jeune homme dont le portrait vieillit et se déforme à sa place. Derrière la fascination pour la beauté éternelle se dessine une réflexion sur la double vie, les désirs clandestins et la nécessité de cacher son véritable visage. Une métaphore particulièrement forte lorsqu’on considère la vie et l’œuvre de Wilde.

    8. Rope (1948)

    Dans ce thriller d’Alfred Hitchcock, deux jeunes hommes commettent un meurtre qu’ils considèrent comme une démonstration de leur supériorité intellectuelle. Leur relation, présentée de manière ambiguë à l’écran, possède une dimension homosexuelle plus explicite dans la pièce originale. Le film illustre parfaitement la façon dont Hollywood utilisait les sous-entendus pour contourner la censure.

    Frissons queer : dans les années 1930, les monstres sortent de l’ombre

    Frissons queer : Dans les années 1940, désirs cachés et identités troubles

    Frissons queer : dans les années 1950, fascination et danger

    Frissons queer : dans les années 1960, terreur psychologique et marginalité

    Frissons queer : dans les années 1970, vampires, sexualité et libération

    Frissons queer : dans les années 1980, désir, sida et corps transformés

    Frissons queer : dans les années 1990, monstres, communautés et désirs interdits

    Frissons queer : dans les années 2000, l’horreur queer s’affirme

    Frissons queer : dans les années 2010, les nouvelles lectures du corps et du désir

    Frissons queer : dans les années 2020, l’horreur queer prend toute sa place

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité