Les années 2020 témoignent d’une véritable diversification du cinéma d’horreur LGBTQ+. Les personnages gais, lesbiens, bisexuels, trans et non binaires ne sont plus seulement des victimes ou des figures secondaires. Ils deviennent les protagonistes de récits qui explorent leurs relations amoureuses, leurs familles et leurs communautés. Plusieurs cinéastes queer utilisent également le genre pour dénoncer la transphobie, l’homophobie et les violences sociales, tout en proposant des œuvres audacieuses sur le plan esthétique.
DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir
Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 2020.

70. Freaky (2020)
Une adolescente échange accidentellement son corps avec celui d’un tueur en série. Cette comédie d’horreur revisite le thème de l’échange d’identités avec un humour particulièrement efficace. Les questions de genre, d’apparence et de perception sociale y occupent une place importante.

71. The Craft: Legacy (2020)
Cette suite du classique de 1996 suit une nouvelle génération de jeunes sorcières. Plus explicitement LGBTQ+ que son prédécesseur, le film aborde la solidarité, la masculinité toxique et la possibilité de construire une communauté fondée sur l’acceptation des différences.

72. Saint Maud (2021)
Une aide-soignante profondément religieuse développe une obsession pour une ancienne danseuse atteinte d’une maladie incurable. Entre ferveur mystique, culpabilité et désir refoulé, ce premier long métrage de Rose Glass explore les frontières entre foi, sexualité et folie.

73. Fear Street (2021)
Cette trilogie d’horreur, située successivement en 1994, 1978 et 1666, suit une ville frappée par une malédiction meurtrière. Au cœur de l’intrigue se trouve une histoire d’amour entre deux adolescentes. Contrairement aux classiques où les personnages queers étaient relégués au second plan, leur relation constitue ici le moteur du récit.

74. Titane (2021)
Avec ce film radical, Julia Ducournau propose une réflexion sur les identités de genre, les transformations corporelles et les familles choisies. Une jeune personne recherchée pour meurtre adopte l’identité d’un garçon disparu et trouve refuge auprès de son père. Derrière la violence et les images dérangeantes émerge une histoire inattendue d’amour et d’acceptation.

75. The Retreat (2021)
Deux femmes partent passer une fin de semaine romantique dans un chalet isolé, mais deviennent les cibles d’un groupe de meurtriers homophobes. Ce slasher canadien de Pat Mills reprend les codes de la chasse à l’humain tout en cherchant à renverser la tradition des personnages LGBTQ+ systématiquement condamnés à mourir.

76. Attachment (2022)
Une jeune actrice danoise tombe amoureuse d’une universitaire britannique et emménage chez elle. Leur relation se complique lorsque des phénomènes surnaturels semblent liés aux traditions mystiques de la famille de sa partenaire. Une histoire d’amour lesbienne qui mêle folklore juif et horreur psychologique.

77. Scream (2022)
Cette relance de la célèbre franchise introduit notamment Mindy, une jeune lesbienne passionnée de cinéma d’horreur. Son intelligence et sa connaissance des règles du genre en font l’un des personnages les plus intéressants de cette nouvelle génération.

78. We’re All Going to the World’s Fair (2022)
Une adolescente solitaire participe à un mystérieux défi sur Internet et commence à perdre ses repères. Jane Schoenbrun explore les identités en construction, la dysphorie et les relations entre vie numérique et perception de soi. Une œuvre expérimentale qui renouvelle les possibilités du cinéma d’horreur trans.

79. Bodies Bodies Bodies (2022)
Une fête organisée dans une maison isolée tourne au cauchemar lorsqu’un jeu entre amis dégénère. Avec ses personnages queer, ses tensions amoureuses et sa satire des rapports sociaux contemporains, cette comédie horrifique transforme les conflits d’une génération en véritable jeu de massacre.

80. Hellraiser (2022)
Cette nouvelle version du classique de Clive Barker confie le rôle de Pinhead à Jamie Clayton, actrice trans. Les Cénobites conservent leur esthétique inspirée du cuir et du BDSM, tandis que le film poursuit l’exploration des frontières entre plaisir, douleur et transformation.

81. Nope (2022)
Jordan Peele raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur confrontés à un phénomène extraterrestre au-dessus de leur ranch. Le personnage d’Emerald, interprété par Keke Palmer, est ouvertement lesbien. Plus largement, le film aborde la marginalité, le regard des autres et l’exploitation des corps par l’industrie du spectacle.

82. Swallowed (2022)
Deux amis acceptent de transporter de mystérieuses substances pour gagner de l’argent, sans imaginer les conséquences monstrueuses de leur décision. Ce film d’horreur corporelle de Carter Smith met en scène un jeune homme gai et explore la vulnérabilité des corps, l’intimité masculine et la violence. Mark Patton, devenu une figure emblématique de l’horreur queer grâce à Freddy’s Revenge, figure également au générique.

83. Bad Girl Boogey (2022)
Un masque maudit pousse ceux qui le portent à commettre des meurtres haineux. Une jeune femme queer doit affronter cette menace dans un slasher indépendant qui mêle violence, solidarité communautaire et dénonciation de l’homophobie. Réalisé par Alice Maio Mackay, jeune cinéaste trans australienne, le film revendique une esthétique artisanale et une sensibilité résolument LGBTQ+.

84. Birth/Rebirth (2023)
Dans cette relecture contemporaine de Frankenstein, deux femmes collaborent pour tenter de ramener une enfant à la vie. Réalisé par Laura Moss, cinéaste non binaire, le film explore la maternité, la parentalité et les liens familiaux qui échappent aux modèles traditionnels.

85. The Blackening (2023)
Un groupe d’amis noirs se retrouve dans une maison isolée où un meurtrier les prend pour cibles. Cette comédie horrifique détourne les stéréotypes raciaux du cinéma d’horreur, tout en jouant notamment avec la figure du meilleur ami gai. Un film qui combine critique sociale et humour mordant.

86. T-Blockers (2023)
Réalisé par la cinéaste trans Alice Maio Mackay, ce film indépendant utilise les codes de la série B et de la science-fiction pour dénoncer la transphobie. Avec son esthétique artisanale et son énergie revendicatrice, il témoigne de l’émergence d’un cinéma d’horreur créé par et pour les communautés queer.

87. M3GAN (2023)
Une poupée robotique conçue pour protéger une enfant devient dangereusement autonome. Avec ses tenues impeccables, ses mouvements de danse et son humour glacial, M3GAN s’est rapidement imposée comme une nouvelle icône camp auprès du public LGBTQ+.

88. Jagged Mind (2023)
Une jeune femme lesbienne commence à subir d’étranges pertes de mémoire après avoir entamé une nouvelle relation amoureuse. À mesure que les événements se répètent, elle soupçonne sa partenaire de lui cacher quelque chose. Un thriller surnaturel centré sur les relations entre femmes et les mécanismes de manipulation.

89. It’s a Wonderful Knife (2023)
Cette variation horrifique du classique de Noël It’s a Wonderful Life suit une adolescente qui découvre ce que serait devenue sa ville si elle n’avait jamais existé. Le film intègre une romance saphique à une intrigue de tueur masqué, dans un mélange d’humour noir et de fantastique.

90. Knock at the Cabin (2023)
Un couple gai et sa fille adoptive passent des vacances dans un chalet isolé lorsqu’un groupe d’inconnus leur annonce qu’ils doivent sacrifier l’un des leurs pour empêcher l’apocalypse. M. Night Shyamalan transforme ce dilemme en un thriller sur l’amour familial, la peur et la vulnérabilité d’une famille LGBTQ+.

91. Scream VI (2023)
Ghostface poursuit ses victimes jusque dans les rues de New York. Cette suite accorde davantage de place à Mindy, personnage lesbien interprété par Jasmin Savoy Brown, et à sa relation avec Anika. Une évolution significative pour une franchise longtemps marquée par les sous-entendus homoérotiques, qui intègre désormais des personnages LGBTQ+ assumés.

92. My Animal (2023)
Dans une petite ville canadienne, une jeune gardienne de but marginalisée tombe amoureuse d’une patineuse artistique. Mais Heather cache un secret : elle se transforme en loup-garou. Porté par Bobbi Salvör Menuez et Amandla Stenberg, ce drame fantastique de Jacqueline Castel associe désir lesbien, solitude et métamorphose dans une atmosphère hivernale particulièrement envoûtante.

93. Bad Things (2023)
Un groupe d’amies queers se retrouve dans un hôtel désert appartenant à l’une d’elles. Entre relations sentimentales compliquées, souvenirs douloureux et manifestations inquiétantes, leur séjour dégénère. Inspiré par les codes du cinéma d’hôtel hanté, le film de Stewart Thorndike place les relations lesbiennes et queer au centre d’un récit sur la violence et les traumatismes.

94. Slay (2024)
Quatre drag queens se retrouvent par erreur dans un bar de motards conservateurs au moment où des vampires commencent à attaquer les clients. Cette comédie d’horreur mêle culture drag, humour camp et affrontement avec les préjugés. Une célébration sanglante de la solidarité et de l’affirmation de soi.

95. I Saw the TV Glow (2024)
Deux adolescents développent une obsession pour une mystérieuse série télévisée fantastique qui semble transformer leur perception de la réalité. Jane Schoenbrun signe une allégorie bouleversante de la dysphorie de genre, du refoulement et de la difficulté à vivre authentiquement. L’une des œuvres les plus marquantes du cinéma d’horreur trans contemporain.

96. Queens of the Dead (2025)
Réalisée par Tina Romero, fille du légendaire George A. Romero, cette comédie de zombies se déroule dans une boîte de nuit LGBTQ+. Drag queens, artistes et fêtards doivent s’unir pour survivre à une invasion de morts-vivants. Sous ses apparences festives, le film évoque la solidarité communautaire et la mémoire de la crise du sida.

97. Companion (2025)
Un séjour entre amis dans une maison de campagne vire au cauchemar lorsqu’un secret concernant une compagne artificielle est révélé. Ce thriller mêlant science-fiction et horreur explore les rapports de domination, le consentement et les relations amoureuses. Harvey Guillén et Lukas Gage y incarnent notamment un couple gai.

98. Influencers (2025)
Dans cette suite du thriller Influencer, une meurtrière en série lesbienne mène une nouvelle vie dans le sud de la France avec sa partenaire. Mais son passé finit par la rattraper. Un jeu de manipulation et de violence où les relations saphiques occupent une place centrale.

99. Leviticus (2026)
Dans une petite ville australienne, deux adolescents queers sont confrontés à une entité surnaturelle capable d’exploiter leurs désirs et leurs peurs. À travers cette menace, le film aborde l’homophobie intériorisée, la violence religieuse et les pratiques de conversion. Une œuvre qui transforme la répression de l’homosexualité en véritable cauchemar.

100. Teenage Sex and Death at Camp Miasma (2026)
Jane Schoenbrun revisite les conventions du slasher dans une œuvre qui explore le désir saphique, la création cinématographique et les identités de genre. Porté notamment par Hannah Einbinder et Gillian Anderson, le film brouille les frontières entre fiction, fantasme et réalité, tout en proposant une réflexion sur les représentations queer dans le cinéma d’horreur.
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