Mercredi, 30 septembre 2026
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    20 ans de piétonnisation, et déjà les yeux tournés vers la suite

    Cher·ère·s lecteur·rice·s. Au moment où vous lirez ces lignes, la 20e piétonnisation de la rue Sainte-Catherine Est ne sera pas encore tout à fait terminée. Il nous restera encore quelques semaines pour profiter de la rue avant sa réouverture à la circulation après l’Action de grâce.

    Après cinq mois à vivre au rythme de cette 20e édition, mon équipe et moi préparons déjà la suite, avec fierté de ce que l’on voit dans le rétroviseur. La piétonnisation, ce n’est pas qu’un seul grand événement qui dure tout l’été. C’est un quartier qui évolue, qui change de rythme, qui accueille des publics différents et qui réussit, jour après jour, à créer des occasions de se rencontrer. Et cette année, je trouve qu’on a particulièrement bien senti ces changements d’émotions.

    Une programmation qui nous ressemble
    Je dois évidemment parler de la programmation culturelle, parce qu’elle a occupé une place immense dans cette 20e édition. Sous la direction de mon collègue Eric et grâce au travail de toute notre petite équipe, nous avons voulu bâtir une programmation qui ressemble réellement au Village. Pas une programmation pensée pour un seul public ou une seule génération, mais une programmation
    capable de faire cohabiter les univers, exactement comme le quartier le fait depuis toujours. Une programmation qui disait : venez, il y a une place pour vous ici.

    On a vu des familles. Des personnes aînées. Des touristes. Des habitué·e·s. Des personnes qui venaient voir un·e artiste qu’elles connaissaient depuis des années et d’autres qui découvraient complètement par hasard une performance en marchant sur Sainte-Catherine.

    On a fait danser, chanter, rire et parfois réfléchir. On a donné une place à des artistes bien établi·e·s, mais aussi à la relève, parce que le Village a toujours été un formidable lieu pour essayer, créer et se faire découvrir.

    Les personnes qu’on voit tous les jours
    Pendant que les artistes occupaient les scènes et que les visiteur·euse·s profitaient de la rue, une autre équipe était là, chaque jour. Nos précieux·ses Allié·e·s du Village. Je serais incapable de faire le bilan d’une piétonnisation sans parler d’elleux. Pendant cinq mois, ils et elles ont été sur le terrain, sept jours sur sept, pour nettoyer, entretenir, accueillir, installer, déplacer, réparer, répondre aux questions et prendre soin du Village. Ce travail est parfois invisible précisément parce qu’il est fait. Un espace est propre et on ne se demande pas nécessairement qui l’a nettoyé. Une installation est prête et on ne pense pas toujours aux personnes qui étaient là tôt le matin pour l’installer.

    Moi, je les vois. Et surtout, je vois à quel point leur présence a changé notre façon de prendre soin du quartier. Les Allié·e·s font partie du Village, de son quotidien et de cette volonté que nous avons de créer un milieu plus accueillant et plus humain.

    Une Fierté dont je vais me souvenir longtemps
    Et puis, évidemment, il y a eu la Fierté. Je vous en ai parlé dans ma dernière chronique et je pourrais probablement vous en parler encore pendant plusieurs pages. Cette année, pour le 20e anniversaire du festival Fierté Montréal, le Village a véritablement été au cœur des célébrations pendant toute la durée du festival. Pour moi, ça représentait beaucoup.

    Voir les rues remplies, les spectacles rassembler des publics complètement différents, les commerces
    déborder, les artistes prendre possession du quartier et les organismes retrouver le public pendant les Journées communautaires, ça m’a rappelé pourquoi nous travaillons aussi fort toute l’année. Il y avait quelque chose de profondément beau à voir le Village assumer pleinement son rôle de lieu de
    rassemblement pour les communautés 2SLGBTQIA+ tout en accueillant le Québec au grand complet.
    La Fierté n’efface évidemment pas les défis du Village. Mais elle nous rappelle avec une force assez spectaculaire pourquoi ce quartier demeure essentiel.

    Puis, quelque chose a changé
    Il y a aussi eu, au cœur de cet été, une annonce qui a complètement changé notre façon de regarder les prochaines années. Nous savons maintenant que le grand chantier de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Est commencera à l’automne 2027 et qu’en 2030, nous retrouverons une rue complètement transformée. Nous savons aussi que les Boules de Claude Cormier reviendront dans le Village. Je ne vous cacherai pas ma joie.


    Après des années à parler du futur de Sainte-Catherine, à imaginer ce qu’elle pourrait devenir et à défendre ce qui fait l’identité particulière du Village, nous avons enfin devant nous un horizon beaucoup plus clair : il y aura une 21e piétonnisation estivale en 2027 avant le début du grand chantier. Une dernière grande saison avant que le Village entre dans une période complètement différente. Et avec mon équipe, c’est déjà ce que nous préparons.

    2027, 2028, 2029… puis 2030
    Depuis quelques semaines, j’ai l’impression que notre travail se divise désormais en trois temps. Il y a le court terme : 2027. Nous voulons que cette 21e piétonnisation soit forte, rassembleuse et à la hauteur de ce que représente Sainte-Catherine pour le Village. Nous voulons continuer d’animer la rue, de soutenir nos membres, de faire rayonner nos artistes et d’accueillir les millions de personnes qui choisissent notre quartier chaque année.

    Puis viendront 2028 et 2029. Soyons lucides : ces années seront plus difficiles. Un chantier de cette ampleur aura des impacts sur nos commerces, sur les déplacements, sur l’expérience des visiteur·euse·s et sur le quotidien des personnes qui habitent et travaillent dans le quartier. Notre responsabilité sera d’être extrêmement présent·e·s auprès de nos membres, de travailler avec nos partenaires pour réduire les impacts au maximum et, surtout, de continuer à donner aux gens de bonnes raisons de venir dans le Village. Parce qu’un quartier en chantier demeure un quartier vivant.
    Et puis il y a 2030. Ça semble loin et, en même temps, c’est presque demain. Quand je pense à 2030, je vois une nouvelle rue Sainte-Catherine. Je vois plus de verdure, des espaces publics pensés pour les prochaines décennies, des terrasses pleines, une identité forte et les Boules qui flottent de nouveau au-dessus de nos têtes. Je vois aussi les milliers de nouvelles personnes qui auront choisi de s’installer dans le secteur et qui découvriront leur Village à elles. Mais surtout, je vois un quartier qui aura retrouvé pleinement sa place parmi les grandes destinations internationales de Montréal.

    Pas seulement une destination touristique. Un milieu de vie exceptionnel. Un lieu où l’on vient manger, magasiner, danser, découvrir un spectacle ou simplement prendre un verre entre ami·e·s. Un lieu où l’on habite, où l’on travaille et où l’on élève parfois sa famille. Et toujours, profondément, un lieu de rencontres, de luttes et de fiertés au quotidien.

    Profiter du présent en préparant la suite
    Cette 20e piétonnisation m’a rappelé que le Village est capable de se transformer sans perdre ce qui le rend unique. Pendant vingt ans, Sainte-Catherine est devenue chaque été un immense espace de rencontres, de culture, de fête et de liberté. Des millions de personnes y ont marché. Des milliers d’artistes y ont performé. Des générations de commerçant·e·s, d’organismes, de résident·e·s et de visiteur·euse·s y ont créé des souvenirs. Aujourd’hui, une nouvelle transformation se prépare. Alors profitons encore un peu de Sainte-Catherine sous sa forme actuelle. On se donne rendez-vous à l’Action de grâce pour lui dire à l’année prochaine avec une nouvelle Nocturne. Parce que oui, il y aura une 21e piétonnisation. Et après ça? On retrousse nos manches. 2030 nous attend.

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