Cher·ère·s lecteur·rice·s, cet été, le Village se prépare à vivre une 20e piétonnisation. Vingt étés où la rue Sainte-Catherine Est s’est transformée en artère vivante : un lieu où on marche plus lentement, où on se croise, où on s’arrête, où on se parle. Un lieu où l’espace public redevient, au moins pour une saison, un grand salon à ciel ouvert.
Et je trouve ça fou, dans le bon sens du terme. Parce que derrière ce chiffre-là, il y a une vraie histoire de quartier. Depuis 2006, ce premier été où les commerçant·e·s ont voulu « plus » : plus de visibilité, plus de monde, plus d’oxygène, on a vu la piétonnisation évoluer, se structurer, se professionnaliser. Au fil des ans, elle est devenue bien plus qu’une fermeture de rue : c’est un rendez-vous, une identité d’été, une façon de dire que le Village existe, qu’il s’assume et qu’il continue de se battre pour sa place dans le centre-ville.
Et je le dis sans filtre : atteindre ce cap-là, ça ne veut pas dire que c’est devenu facile. Ça veut dire qu’on a appris. Qu’on a ajusté. Qu’on a parfois recommencé à zéro. Et surtout, qu’on a continué à y croire, malgré les tempêtes, économiques, sociales, urbaines, qui secouent notre centre-ville depuis plusieurs années.
Encore plus d’animation : parce qu’un quartier, ça se raconte
Si je devais résumer notre intention en une phrase : on veut que le Village se sente vivant, du matin au soir. On veut que les gens aient une raison de venir… et une envie de rester. Oui, il y aura des moments d’animation « wow ». Mais notre vrai objectif, c’est une trame quotidienne :
une animation qui ne dépend pas seulement que d’un gros événement, mais qui s’installe doucement, semaine après semaine, pour donner un rythme au quartier.
Et je vais être plate : je ne vous en dis pas plus pour l’instant. Retrouvez-moi dans ma chronique du mois de juin pour connaître toute notre programmation estivale! Mais derrière cette programmation, il y a ingrédient essentiel : la piétonnisation. Dans le Village, elle est bien plus qu’une mesure de mobilité : elle devient un outil de vitalité, un levier de développement économique local, un geste de design urbain qui dit : « ici, les humains passent avant tout ».

Une Fierté dans le Village encore plus forte
On ne se le cachera pas : la période de la Fierté, c’est un moment charnière. Pour l’achalandage, pour l’image, pour l’émotion aussi. Le Village devient un point de ralliement naturel. Et c’est beau. Mais c’est aussi exigeant.
Mon équipe est déjà à pied d’œuvre avec celle de Fierté depuis des semaines. Et je le dis franchement : c’est un réel plaisir de poursuivre cette collaboration, renforcée en 2025. Quand ça se fait serré, dans le respect, et avec une vision commune, ça change tout. Cette année, on veut solidifier cette force-là : mieux coordonner, mieux accueillir, mieux faire rayonner. Pas seulement en ajoutant des activités, mais en créant une cohérence : que les gens sentent qu’ils sont dans un quartier qui célèbre, oui… mais qui prend soin de son monde. Prendre soin, ça veut dire : des espaces propres, du mobilier bien positionné, une signalisation claire, une présence humaine sur le terrain, des lieux où on peut souffler. Ça veut dire aussi soutenir nos commerçant·e·s, qui tiennent le fort pendant les grands pics d’achalandage… et pendant les creux.
Parce que la Fierté, ce n’est pas juste une semaine sur un calendrier : c’est une culture, un héritage, une communauté, et dans le Village, ça se vit à l’année. Du mobilier repensé : plus confortable, plus logique, plus « Village » Une piétonnisation réussie, ce n’est pas seulement « fermer la rue aux voitures ». C’est l’aménager. Et l’aménager, ça veut dire penser aux besoins concrets : s’asseoir, se retrouver, manger, attendre un·e ami·e, recharger son énergie, regarder un spectacle, jaser avec un·e voisin·e.
Cette année, on a le bonheur d’accueillir une nouvelle ressource pour nous aider avec le déploiement de la piétonnisation : Maude-Emmanuelle Rancourt, diplômée de l’UQAM, qui est avec nous depuis la mi-février pour mettre en place les différents éléments de la piétonnisation. Et je vous le dis : c’est toujours précieux d’avoir de l’énergie nouvelle dans une équipe. Des yeux neufs. Des questions qui nous obligent à être encore meilleur·e·s. Bref : du « jus » dans le bon sens.
Nos trouples, déployés depuis 2024, vont revenir cette année sur la rue. Mais on travaille déjà sur une bonification pour vous permettre une pause encore plus agréable.

Un nouveau plan pour l’horticulture : plus vert, plus durable, plus cohérent
L’horticulture dans le Village, ce n’est pas un luxe l’été. C’est une manière de changer l’ambiance, de calmer certains usages, d’embellir sans exclure. C’est un geste simple qui peut transformer la perception d’un lieu. C’est aussi notre manière d’apaiser cet immense îlot de chaleur qu’est la rue Sainte-Catherine l’été.
Cette année, on travaille avec un plan plus structuré : des choix de végétaux plus durables, une implantation plus stratégique, une cohérence visuelle par zones. Le mandat d’horticulture a été confié à la firme Nouveaux voisins, qui développera un plan d’ensemble visant à créer un parcours cohérent et incitant à l’exploration de la rue. On veut que le vert fasse partie de l’identité estivale du Village, pas juste comme décor, mais comme expérience : ombre, fraîcheur, apaisement, beauté.
Eh oui : c’est du travail. De l’arrosage. De l’entretien. De la réparation. De l’ajustement après un orage ou après un week-end achalandé. C’est là qu’on se rappelle que derrière chaque belle photo d’été… il y a des équipes qui travaillent. Beaucoup.
Des nocturnes pour vous faire danser toute la nuit
Le Village a une énergie particulière le soir. Une énergie de liberté, de fête, de rencontres, de musique qui se faufile. Cette année, on veut l’assumer davantage, en créant des nocturnes qui donnent envie de prolonger la soirée, de manière encadrée, positive, festive.
Pas pour faire du bruit, mais pour renforcer l’idée que le Village est un lieu culturel, un lieu de sortie, un endroit où l’on vit quelque chose qu’on ne vit pas ailleurs. Et pour nos commerçant·e·s, l’économie du soir compte. Le nocturne, c’est de la vitalité. C’est aussi une manière de rééquilibrer : d’offrir des expériences qui ne reposent pas uniquement sur la consommation, mais sur l’ambiance, sur l’art, sur l’animation, sur le sentiment d’être à la bonne place.
Et nos Allié·e·s : sur le terrain, jour après jour
Je le répète souvent, mais ça mérite d’être dit : un quartier, ce n’est pas un décor. C’est un organisme vivant. Et l’espace public, ça s’entretient. Pendant la piétonnisation, nos Allié·e·s seront sur le terrain jour après jour pour entretenir les plantes, le mobilier et l’espace public, pour vous permettre une visite agréable.
Iels font un travail immense, souvent invisible, et pourtant essentiel. Et quand on parle de « prendre soin d’un quartier », c’est exactement ça : être là le matin, être là après la pluie, être là après une grosse soirée, être là quand la rue a besoin d’amour. Si vous croisez nos Allié·e·s, prenez un moment pour leur parler, les écouter, les remercier. Ça fait toute la différence dans leur journée.

Les partenariats qui tiennent la route
On ne fera jamais une 20e piétonnisation seul·e. Ce genre de projet tient debout grâce à des partenariats solides : municipalité, organismes, commerçant·e·s, équipes terrain, partenaires financiers. Et dans ce réseau-là, il y a des partenaires qui ne cherchent pas seulement un coup de pub : ils s’ancrent.
« Un partenariat, pour nous, ce n’est pas un logo sur une affiche : c’est un engagement à long terme envers un milieu de vie. Le Village est un quartier humain, culturel et économique, et notre rôle est d’être présents là où ça compte », soutient Simon Déry, directeur général de la Caisse Desjardins du Centre-Ville de Montréal.
Ces appuis-là permettent de faire plus, oui. Mais surtout, ils permettent de faire mieux : d’être cohérents, de planifier, d’investir dans ce qui laisse une trace.
Vingt ans… et la suite
Vingt étés plus tard, la piétonnisation du Village est devenue un symbole. Pas un symbole parfait. Pas une solution magique. Mais un geste urbain fort, qui continue de prouver qu’une rue peut être plus qu’un axe de circulation : elle peut être un espace de communauté, de culture, de fierté. Alors oui, on se prépare. On ajuste. On repense. On verdit. On anime. On danse. Et on entretient, jour après jour. Je vous invite à venir vivre cette 20e piétonnisation avec nous. À venir marcher, vous asseoir, découvrir, célébrer, danser. Et surtout : à venir ressentir ce que le Village fait le mieux depuis toujours : rassembler. À très bientôt sur Sainte-Catherine Est.

