Vendredi, 2 octobre 2026
• • •
    Publicité

    Hannah Einbinder et Jane Schoenbrun à l’heure queer de Camp Miasma

    Récipiendaire de la Queer Palm au plus récent Festival de Cannes, Teenage Sex and Death at Camp Miasma raconte l’histoire d’une jeune réalisatrice (Hannah Einbinder) qui, souhaitant relancer une vieille série de films d’horreur, fait appel à l’actrice du film original (Gillian Anderson). On a pu s’entretenir avec Hannah Einbinder (surtout connue pour son interprétation d’Ava Daniels dans la série Hacks) et la réalisatrice Jane Schoenbrun (connue entre autres pour I Saw the TV Glow) lors du Festival Fantasia, où il était présenté cet été en première canadienne.

    Comment vous sentez-vous d’être à Montréal? De ce que je comprends, ce n’est pas votre première fois…
    Jane Schoenbrun : Quand j’étais au high school, je suis venue ici dans le cadre d’un voyage pour une simulation onusienne. En vrai, on faisait juste ça pour pouvoir venir à Montréal. On avait préparé des pot brownies et je les ai mangés dans le train, puis j’ai dû jouer aux cartes avec mon prof de français. C’était vraiment bizarre. Montréal, c’est vraiment une ville où on se sent un peu plus âgé que ce qu’on est, dans le bon sens du terme. C’est juste une ville tellement belle et animée. Je suis toujours surprise de voir à quel point elle est immense et bien dessinée. J’arrive pas à croire que ce soit si beau ici.

    Hannah Einbinder : La dernière fois que je suis venue ici, c’était pour le programme New Faces du festival Juste pour rire, en 2019. J’ai l’impression de venir ici chaque fois qu’il se passe des choses vraiment incroyables. C’est comme si j’avais un lien artistique et créatif avec Montréal. C’est très spécial pour moi.

    Quel est, selon vous, l’élément le plus queer de Teenage Sex and Death at Camp Miasma?
    Jane Schoenbrun : Je pense que ce film va bien au-delà de la peur de la honte et de
    l’embarras, et explore la manière dont ces deux sentiments peuvent vous empêcher d’être vous-même, dans ce qu’il y a de plus authentique, de plus enjoué et de plus joyeux. Dès le tout début, le film a été conçu à partir de cet état d’esprit. Puis, au fur et à mesure que nous avancions dans la production, c’est devenu une véritable occasion de vivre de cette manière au quotidien, aux côtés d’un groupe d’artistes exceptionnels.

    Hannah Einbinder : Je trouve que le soutien que s’apportent Kris et Billy [les protagonistes] est très queer. Accompagner quelqu’un là où il est et l’aider à traverser une période vraiment sombre pour l’amener vers un chemin d’acceptation, je pense que c’est en quelque sorte l’incarnation même de la communauté queer et de l’amour queer.

    À première vue, il serait facile de faire un parallèle entre la relation de Kris et Billy et celle d’Ava et Deborah dans la série Hacks. Dirais-tu que c’est le même genre de relation?
    Hannah Einbinder : Non, pas du tout. Je pense qu’elles sont complètement différentes. Mais ce sont toutes les deux des histoires d’amour, c’est sûr.

    Jane, je crois comprendre que tu es plus expérimentée en horreur que Hannah. Comment as-tu fait pour mettre Hannah à l’aise dans cet univers?
    Jane Schoenbrun : Je sais pas, c’est juste un jeu! Et c’est un film drôle, c’est un film déjanté, c’est un film ludique, et c’est un film qui part un peu dans tous les sens. J’ai tout de suite su, dès que j’ai commencé à faire mes recherches et à regarder tout ce qu’Hannah avait fait — pas seulement Hacks, mais aussi ses spectacles de stand-up —, que ce serait un univers dans lequel elle s’intégrerait parfaitement.

    Vous semblez toutes les deux partager une certaine connivence sur le plan de l’humour et de la « quirkiness ». Était-ce nouveau pour vous de travailler dans ce contexte?
    Jane Schoenbrun : Hannah, pourquoi ne lui parles-tu pas de Goof o’clock — l’heure
    des bêtises?

    Hannah Einbinder : Eh bien, nous partageons le même fuseau horaire dans lequel nous évoluons. Nous sommes toujours à Goof Standard Time.

    Jane Schoenbrun : C’est notre GST.

    Hannah Einbinder : GST, on est dans le fuseau horaire GST. (Elle pointe son poignet comme si elle portait une montre.) Tu peux publier ça dans ton journal…

    Jane Schoenbrun : Dans ton journal gay…

    Hannah Einbinder :  : … dans ton journal gay! C’est Goof o’clock. On regarde l’heure et, en fait, c’est Goof o’clock pratiquement toutes les heures de la journée. Et c’est justement pour ça qu’on s’est rapprochées et qu’on s’est retrouvées. C’est un peu à partir de là qu’on fonctionne, et c’est un lien très fort.

    Jane Schoenbrun : C’est toujours Goof o’clock quelque part!

    Hannah Einbinder : Tout à fait!

    INFOS | Teenage Sex and Death at Camp Miasma est à l’affiche au cinéma jusqu’au 1er octobre. Puis à découvrir ( ou à revoir) en streaming sur la plateforme MUBI dès le 2 octobre.

    Spécial offert aux lecteurs de Fugues, 30 jours gratuits via https://mubi.com

    Une occasion idéale de s’y abonner pour découvrir — ou de redécouvrir — MUBI et sa sélection exceptionnelle de films, qui permet notamment à de nombreuses oeuvres remarquées dans les festivals de rejoindre un public beaucoup plus large.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité