Vendredi, 30 janvier 2026
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    Queen Heaven : Freddie Mercury, le dôme et le plaisir de s’abandonner

    Il faut parfois cesser de vouloir tout expliquer. Cesser d’analyser, de contextualiser, de mesurer l’héritage. Avec Queen, surtout avec Freddie Mercury, l’expérience la plus juste demeure souvent la plus simple : ressentir. C’est précisément ce que propose Queen Heaven, une expérience immersive présentée au Hall Est du Stade olympique, dans un nouveau Dôme immersif qui entend faire vibrer Montréal au rythme des grandes figures de la culture pop.

    Pensée et produite au Québec, l’installation frappe d’abord par son dispositif. Ici, pas d’écran frontal ni de distance sécurisante : le public est littéralement englouti dans un espace circulaire de 360 degrés, sous un dôme de 10 mètres de diamètre, où images et son se déploient sans rupture. Le résultat est enveloppant, parfois même déstabilisant — et c’est exactement ce qu’on demande à une expérience immersive digne de ce nom. Queen Heaven se déploie en deux temps. Le premier relève presque du rêve éveillé. Un univers fictif, onirique, inspiré de l’esthétique flamboyante de Mercury, invite à lâcher prise. On n’est pas dans le biopic ni dans la chronologie : on entre plutôt dans un imaginaire, dans une
    ambiance, dans une émotion. Comme si la scénographie tentait de capter ce qui faisait la singularité de Freddie — ce mélange d’excès, de fragilité, de théâtralité assumée.

    Puis vient le second volet, plus frontal, plus électrique : Queen en concert, ou du moins ce qu’il en reste à travers des archives rares, des photos inédites et des extraits de vidéoclips devenus mythiques. Les titres s’enchaînent — Bohemian Rhapsody, We Will Rock You, Radio Ga Ga, Who Wants to Live Forever, We Are the Champions — et rappellent pourquoi Queen demeure une machine émotionnelle aussi puissante. Même pour celles et ceux qui croient connaître ces chansons par cœur, l’immersion redonne une densité nouvelle à l’écoute.

    Il serait tentant de lire Queen Heaven uniquement comme un hommage nostalgique. Ce serait passer à côté de l’essentiel. Ce que l’expérience ravive, c’est aussi la dimension profondément libératrice de Queen — et, par extension, de Freddie Mercury. Une façon d’occuper l’espace, de jouer avec les codes de la masculinité, de faire du corps et de la voix des terrains de liberté. Sans discours appuyé, sans manifeste, l’expérience rappelle à quel point Mercury a ouvert des brèches, bien avant que le mot « représentation » ne devienne un slogan.

    Approuvée par les membres du groupe, d’une durée de 77 minutes, Queen Heaven s’inscrit comme un rendez-vous pop assumé — à vivre entre ami·e·s, en couple ou en solo, mais surtout sans cynisme. On en ressort avec cette impression rare d’avoir été moins spectateur que participant, emporté dans un univers qui ne demande qu’une chose : qu’on s’y abandonne.

    INFOS | Queen Heaven est présenté du mercredi au dimanche au Hall Est du Stade olympique. domeimmersif.com

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