Le journaliste américain Don Lemon a été arrêté jeudi soir 29 janvier par des agents fédéraux, en lien avec sa présence — à la fois comme observateur et comme reporter — lors d’une manifestation anti-ICE survenue plus tôt ce mois-ci au Minnesota. Âgé de 59 ans, l’ex-animateur de CNN affirme qu’il couvrait l’événement à titre journalistique, et non comme manifestant.
Selon plusieurs médias, l’affaire remonte au 18 janvier, lorsqu’un groupe de protestataires a interrompu un service religieux à la Cities Church, à St. Paul, en scandant notamment « ICE out ». La contestation visait, entre autres, le fait qu’un responsable local de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) occuperait également un rôle pastoral au sein de cette église.
Une poursuite invoquant la protection des services religieux
D’après les informations rapportées, l’administration Trump a cherché à porter des accusations contre huit personnes, dont Don Lemon, en invoquant une loi fédérale visant à protéger les fidèles qui participent à un office dans un lieu de culte.
Or, dans un premier temps, un juge-magistrat avait refusé d’autoriser certaines procédures visant Lemon, estimant les éléments de preuve insuffisants. Le ministère de la Justice aurait ensuite tenté d’obtenir des mandats additionnels par d’autres voies, sans succès — avant que l’arrestation de Lemon ne survienne tout de même à Los Angeles.
L’avocat de Don Lemon, Abbe Lowell, a dénoncé une attaque directe contre la liberté de la presse, promettant de contester vigoureusement le dossier devant les tribunaux. Dans une déclaration largement reprise, il parle d’une « attaque sans précédent » contre le Premier amendement, et d’une manœuvre visant à détourner l’attention des crises qui secouent l’administration.
Don Lemon attendu en cour — et une polémique amplifiée en ligne
Don Lemon doit comparaître devant un tribunal fédéral à Los Angeles. Il pourrait notamment soutenir que sa présence sur place relevait du travail journalistique (captation, entrevues, description des événements), et non d’une action militante.
L’épisode a aussi déclenché une controverse sur les réseaux sociaux, notamment après que la rappeuse Nicki Minaj très médiatisée a publié une attaque à caractère homophobe visant Lemon et réclamant son emprisonnement — une sortie qui a relancé, en parallèle, le débat sur la criminalisation des journalistes couvrant des manifestations.
Nicki Minaj, de son vrai nom Onika Tanya Maraj, est née à Trinité-et-Tobago en 1982 et a immigré aux États-Unis à l’âge de 5 ans. Elle a révélé être arrivée en situation irrégulière, soulignant la terreur de cette expérience. Malgré une carrière immense, elle n’est toujours pas citoyenne américaine, bien qu’elle paie des impôts depuis des années. Elle semble cependant être sur la voie de finaliser sa citoyenneté, à la suite de sa rencontre avec Donald Trump qu’elle présente comme un sauveur des valeurs américaines…

