Samedi, 10 octobre 2026
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    Frissons queer : dans les années 1930, les monstres sortent de l’ombre

    Avant même l’application stricte du Code Hays, qui encadrera la production hollywoodienne à partir de 1934, certains cinéastes utilisent déjà le fantastique pour évoquer les personnages marginaux et les désirs interdits. James Whale, réalisateur ouvertement homosexuel, occupe une place centrale dans cette première période.

    DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 1930.

    1. The Old Dark House (1932)
    Réalisé par James Whale, l’un des premiers cinéastes ouvertement homosexuels de Hollywood, ce classique raconte l’histoire d’un groupe de voyageurs contraints de trouver refuge dans un manoir inquiétant pendant une tempête. Derrière son intrigue gothique, le film multiplie les personnages excentriques, les comportements ambigus et les allusions qui défiaient les conventions de son époque. Son influence se fera notamment sentir dans The Rocky Horror Picture Show.


    2. Bride of Frankenstein (1935)
    Également réalisé par James Whale, ce classique poursuit l’histoire de la créature de Frankenstein, qui aspire désespérément à trouver quelqu’un capable de l’aimer. La relation entre le docteur Frankenstein et son mentor Pretorius comporte un sous-texte homoérotique, tandis que la créature incarne la solitude de ceux que la société considère comme anormaux. Quant à la mariée, avec sa coiffure spectaculaire et son allure théâtrale, elle est devenue une véritable icône camp.


    3. Dracula’s Daughter (1936)
    L’un des premiers films hollywoodiens à associer vampirisme et désir lesbien. La comtesse Marya Zaleska tente de se libérer de sa condition vampirique, mais son attirance pour les femmes demeure au cœur du récit. Réalisé à une époque où l’homosexualité ne pouvait être représentée ouvertement, le film associe désir interdit,

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