La révolution sexuelle transforme profondément le cinéma de genre. Les films de vampires deviennent un terrain privilégié pour représenter les désirs lesbiens, souvent à travers le regard masculin du cinéma d’exploitation. Parallèlement, The Rocky Horror Picture Show ouvre la voie à une célébration beaucoup plus affirmative des identités et des sexualités non conventionnelles.
DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir
Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 1970.

15. The Vampire Lovers (1970)
Inspiré de Carmilla, le récit de Sheridan Le Fanu, ce classique de la Hammer met en scène une séduisante vampire qui s’attaque à de jeunes femmes de l’aristocratie. Porté par Ingrid Pitt, le film associe désir lesbien et vampirisme dans une esthétique gothique très sensuelle. Malgré son regard masculin sur la sexualité féminine, il demeure une œuvre importante de l’horreur saphique.

16. Vampyros Lesbos (1971)
Avec ce film de Jesús Franco, le vampire lesbien devient une figure centrale du cinéma d’exploitation européen. Érotisme, psychédélisme et fascination pour le désir féminin composent une œuvre aujourd’hui culte. Son regard demeure largement façonné par les fantasmes masculins, mais le film témoigne aussi de la place grandissante des sexualités non conventionnelles dans le cinéma de genre.

17. Daughters of Darkness \ Les lèvres rouges (1971)
Un jeune couple en lune de miel rencontre une mystérieuse comtesse dans un hôtel presque désert. Interprétée par Delphine Seyrig, cette aristocrate vampirique exerce une fascination troublante sur la jeune épouse. Élégant et sensuel, ce film belge de Harry Kümel explore l’émancipation féminine, la domination et le désir lesbien.

18. Blacula (1972)
Cette relecture afro-américaine du mythe de Dracula comprend notamment un couple gai interracial parmi les premières victimes du vampire. Si leur représentation reflète les stéréotypes de l’époque, leur présence demeure notable dans un film populaire du début des années 1970. Un classique de la blaxploitation mêlant horreur, humour et musique funk.

19. The Rocky Horror Picture Show (1975)
Impossible d’évoquer le cinéma d’horreur queer sans ce phénomène culturel. Lorsqu’un jeune couple découvre le château du flamboyant Dr Frank-N-Furter, les frontières entre masculin et féminin, désir et transgression volent en éclats. Porté par Tim Curry, ce film musical est devenu un symbole de liberté sexuelle, d’excentricité et de célébration de la différence.

20. Alucarda (1977)
Dans un couvent isolé, deux adolescentes développent une relation fusionnelle qui prend une tournure démoniaque. Entre possessions, rituels sataniques et rébellion contre l’autorité religieuse, ce film mexicain de Juan López Moctezuma transforme le désir féminin en une force subversive. Une œuvre excessive, sanglante et profondément anticléricale, devenue culte auprès des amateurs d’horreur queer.
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