Samedi, 10 octobre 2026
• • •
    Publicité

    Frissons queer : dans les années 1980, désir, sida et corps transformés

    La décennie voit exploser les films d’horreur corporelle, les slashers et les récits de vampires. Dans le contexte de la crise du sida, les thèmes de la contamination, de la transformation physique et de la peur de la sexualité prennent une résonance particulière. Mais les années 1980 sont aussi celles où plusieurs œuvres deviennent, parfois malgré elles, des classiques du cinéma queer.

    DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 1980.

    21. Cruising (1980)
    Al Pacino incarne un policier infiltré dans les bars cuir et les milieux BDSM gais de New York pour enquêter sur une série de meurtres. À sa sortie, le film de William Friedkin provoque de vives protestations en raison de son association entre homosexualité et violence. Avec le recul, il demeure un document controversé mais fascinant sur les représentations du désir masculin et de la marginalité.


    22. The Hunger (1983)
    Catherine Deneuve, David Bowie et Susan Sarandon se retrouvent au cœur d’un triangle amoureux vampirique. Avec son esthétique sophistiquée et son érotisme assumé, le film de Tony Scott présente une sexualité fluide qui tranche avec les représentations dominantes de l’époque. Son obsession pour le vieillissement, la maladie et la mortalité prend également une résonance particulière dans le contexte de la crise du sida.


    23. Sleepaway Camp (1983)
    Ce film de tueur en série situé dans un camp de vacances demeure célèbre pour son dénouement controversé. Longtemps critiqué pour ses représentations transphobes et homophobes, il a également été réapproprié par certains amateurs LGBTQ+ de cinéma d’horreur, sensibles à son esthétique camp et à ses personnages marginaux.


    24. Fright Night (1985)
    Un adolescent soupçonne son nouveau voisin d’être un vampire. Mais les rapports entre le séduisant Jerry et son compagnon Billy introduisent une dimension homoérotique dans ce récit d’horreur de banlieue. Sorti en pleine crise du sida, le film peut aussi être interprété comme une expression des peurs sociales entourant la sexualité masculine.


    25. A Nightmare on Elm Street 2: Freddy’s Revenge (1985)
    Longtemps considéré comme un épisode mineur de la franchise, ce deuxième Nightmare on Elm Street est devenu un classique de l’horreur queer. Son protagoniste, Jesse, est hanté par Freddy Krueger dans un récit rempli d’allusions à l’homosexualité et à la peur de ses propres désirs. L’interprétation de Mark Patton, acteur gai, a contribué à sa réhabilitation.


    26. The Fly (1986)
    Dans ce classique de David Cronenberg, un scientifique se transforme progressivement en créature monstrueuse à la suite d’une expérience ratée. Si les personnages principaux sont hétérosexuels, les thèmes de la contamination, de la transformation corporelle et de la peur de la maladie ont trouvé un écho particulier auprès du public gai pendant la crise du sida.


    27. The Lost Boys (1987)
    Réalisé par Joel Schumacher, ce film de vampires adolescents déborde d’énergie rock, de sensualité et de sous-entendus homoérotiques. La fascination qu’exerce David, interprété par Kiefer Sutherland, sur le jeune Michael transforme l’initiation vampirique en véritable jeu de séduction masculine.


    28. Hellraiser (1987)
    Adapté d’une œuvre de Clive Barker, cinéaste et écrivain ouvertement gai, Hellraiser explore les frontières entre douleur et plaisir, désir et destruction. Ses créatures, les Cénobites, empruntent leur esthétique aux univers du cuir, du fétichisme et du BDSM. Une œuvre fondatrice du cinéma d’horreur queer, où les plaisirs interdits prennent une dimension surnaturelle.


    29. Fright Night Part 2 (1988)
    Cette suite pousse encore plus loin l’excentricité de son univers vampirique. Le personnage de Belle, vampire à l’expression de genre ambiguë, se distingue particulièrement par son allure et ses apparitions spectaculaires. Un exemple réjouissant de l’esthétique camp des films d’horreur des années 1980.

    Frissons queer : dans les années 1930, les monstres sortent de l’ombre

    Frissons queer : Dans les années 1940, désirs cachés et identités troubles

    Frissons queer : dans les années 1950, fascination et danger

    Frissons queer : dans les années 1960, terreur psychologique et marginalité

    Frissons queer : dans les années 1970, vampires, sexualité et libération

    Frissons queer : dans les années 1990, monstres, communautés et désirs interdits

    Frissons queer : dans les années 2000, l’horreur queer s’affirme

    Frissons queer : dans les années 2010, les nouvelles lectures du corps et du désir

    Frissons queer : dans les années 2020, l’horreur queer prend toute sa place

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité