Samedi, 10 octobre 2026
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    Frissons queer : dans les années 1990, monstres, communautés et désirs interdits

    Les années 1990 marquent une transition. Le cinéma indépendant gagne en visibilité et les cinéastes queers commencent à réinventer les figures traditionnelles de l’horreur. Les monstres peuvent désormais représenter des communautés qui cherchent à survivre dans un monde hostile, tandis que certaines œuvres populaires développent des relations homoérotiques de plus en plus difficiles à ignorer.

    DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 1990.

    30. Nightbreed (1990)
    Dans cette adaptation de son propre roman, Clive Barker imagine une communauté de créatures monstrueuses vivant à l’écart de l’humanité. Persécutées pour leur différence, elles trouvent refuge dans un monde souterrain où elles peuvent enfin exister librement. Une puissante métaphore des communautés marginalisées et des familles choisies.


    31. Nadja (1994)
    Cette réinvention expérimentale du mythe de Dracula transporte le vampire lesbien dans le New York alternatif des années 1990. Filmé en noir et blanc, le long métrage de Michael Almereyda mélange romantisme gothique, cinéma indépendant et désirs saphiques. David Lynch en est notamment producteur délégué.


    32. Interview with the Vampire (1994)
    Tom Cruise et Brad Pitt incarnent Lestat et Louis, deux vampires dont la relation passionnelle ressemble souvent à celle d’un couple. L’arrivée de Claudia, une enfant transformée en vampire, crée une famille dysfonctionnelle où les questions de dépendance affective, de jalousie et de désir occupent une place centrale. L’adaptation télévisuelle plus récente rendra explicite ce que le film de Neil Jordan suggérait.


    33. Scream (1996)
    Avec son humour noir et son regard ironique sur les conventions du cinéma d’horreur, Scream est devenu un phénomène culturel. La relation entre Billy et Stu, les deux meurtriers, a particulièrement nourri les interprétations homoérotiques du film. Leur complicité excessive et leur proximité physique ont contribué à faire de ce duo un objet de fascination queer.


    34. The Craft (1996)
    Quatre adolescentes marginalisées découvrent la sorcellerie et utilisent leurs pouvoirs pour reprendre le contrôle de leur vie. Derrière les rituels et les sortilèges, le film aborde l’exclusion, la solidarité féminine et le désir d’échapper aux normes. Il est devenu un classique auprès de plusieurs générations de spectatrices queer.


    35. Office Killer (1997)
    Réalisée par l’artiste Cindy Sherman et produite notamment par Todd Haynes, cette comédie d’horreur suit une employée de bureau qui sombre dans une violence meurtrière. Avec son humour macabre et ses personnages féminins excessifs, elle s’inscrit dans une tradition camp appréciée des cinéphiles LGBTQ+.


    36. Psycho (1998)
    En revisitant presque plan par plan le classique d’Hitchcock, Gus Van Sant propose une expérience de cinéma singulière. Le cinéaste ouvertement gai reprend les ambiguïtés et les représentations problématiques de l’original, tout en leur donnant une nouvelle esthétique. Une œuvre qui invite à réfléchir à la manière dont les images changent de signification selon les époques.

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