Samedi, 10 octobre 2026
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    Frissons queer : dans les années 2010, les nouvelles lectures du corps et du désir

    Au cours des années 2010, les représentations queer deviennent plus diversifiées. Les relations lesbiennes occupent une place grandissante dans le cinéma fantastique, tandis que plusieurs cinéastes utilisent les transformations corporelles pour interroger le genre, la sexualité et les normes sociales. Le cinéma d’horreur devient aussi un espace où les personnages LGBTQ+ peuvent être à la fois désirants, complexes et pleinement humains.

    DOSSIER : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, le rédacteur en chef de Fugues, cinéphile invétéré, propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre. Dans cette partie, il est question de films réalisés dans les années 2010.

    47. Black Swan (2010)
    Natalie Portman incarne une ballerine dont la quête de perfection tourne à l’obsession. Entre rivalité féminine, attirance sexuelle et dédoublement psychologique, Darren Aronofsky compose un thriller oppressant où le désir et la transformation corporelle deviennent des sources de terreur.


    48. ParaNorman (2012)
    Ce film d’animation raconte l’histoire d’un garçon capable de communiquer avec les morts. Marginalisé par son entourage, il doit sauver sa ville d’une malédiction. Au-delà de son message sur la tolérance, le film se distingue par la présence d’un personnage adolescent ouvertement gai, une représentation encore rare dans le cinéma familial de l’époque.


    49. Under the Skin (2013)
    Scarlett Johansson incarne une mystérieuse créature extraterrestre qui séduit des hommes avant de les faire disparaître. Le film de Jonathan Glazer interroge la relation entre identité et apparence corporelle. Ses images troublantes ont notamment inspiré des interprétations trans autour de l’expérience d’habiter un corps qui semble étranger.


    50. All Cheerleaders Die (2013)
    Dans cette comédie d’horreur surnaturelle, des meneuses de claque reviennent d’entre les morts après une confrontation violente avec des joueurs de football. Derrière les effets sanglants et l’humour adolescent se développe une histoire d’amour lesbienne qui occupe une place importante dans le récit.


    51. L’Inconnu du lac (2013)
    Dans ce thriller d’Alain Guiraudie, un homme fréquente un lieu de drague gai au bord d’un lac et tombe sous le charme d’un inconnu qu’il soupçonne d’être un meurtrier. Le film transforme le désir sexuel en une force à la fois irrésistible et dangereuse. Une œuvre sensuelle, dérangeante et profondément troublante.


    52. Tom à la ferme (2013)
    Xavier Dolan incarne un jeune homme qui se rend aux funérailles de son amoureux dans une ferme isolée. Il découvre que la famille du défunt ignorait leur relation et se retrouve pris dans un jeu de manipulation avec le frère de celui-ci. Entre thriller psychologique et drame familial, Dolan explore le secret, la violence et l’homophobie intériorisée.


    53. Stage Fright (2014)
    Dans un camp de théâtre musical, une série de meurtres vient perturber les répétitions d’un spectacle. Cette production canadienne mélange slasher, comédie musicale et humour camp, avec un enthousiasme communicatif pour les excès du genre.


    54. The Babadook (2014)
    Une mère et son fils sont terrorisés par une créature issue d’un mystérieux livre pour enfants. Rien dans le scénario ne désigne explicitement le monstre comme queer, mais Internet en a fait, avec humour, une icône gaie. Le Babadook est ainsi devenu un exemple inattendu de réappropriation LGBTQ+ des figures monstrueuses.


    55. The Lure (2015)
    Deux sirènes débarquent dans le Varsovie des années 1980 et deviennent les attractions d’un cabaret. Cette comédie musicale horrifique d’Agnieszka Smoczyńska mêle érotisme, cannibalisme et transformations corporelles. Même si son récit n’est pas explicitement LGBTQ+, ses personnages hybrides et sa célébration des corps non conformes en font une œuvre particulièrement ouverte aux lectures queer.


    56. Grave (Raw, 2016)
    Une jeune étudiante vétérinaire développe un appétit pour la chair humaine après un rituel d’initiation. Julia Ducournau associe cannibalisme, éveil sexuel et transformation corporelle dans une œuvre viscérale. La présence d’un colocataire gai enrichit également les questions de désir et de consentement.


    57. As Boas Maneiras (Good Manners, 2017)
    Ce film brésilien raconte la relation entre une femme enceinte et celle qu’elle engage pour s’occuper de sa maison. Leur rapprochement amoureux prend une dimension fantastique lorsque surgissent d’étranges manifestations surnaturelles. Une histoire mêlant amour lesbien, maternité, différences sociales et mythe du loup-garou.


    58. Thelma (2017)
    Une jeune étudiante norvégienne découvre qu’elle possède des pouvoirs surnaturels alors qu’elle tombe amoureuse d’une autre femme. Élevée dans un environnement religieux répressif, elle doit apprendre à accepter ses désirs. Joachim Trier transforme ainsi l’éveil lesbien en un récit fantastique sur la liberté et la peur de soi.


    59. Blue My Mind (2017)
    Une adolescente découvre que son corps subit des transformations inexplicables au moment où elle explore sa sexualité. Entre drame initiatique et horreur corporelle, le film suisse de Lisa Brühlmann aborde la puberté, le sentiment d’étrangeté et la difficulté d’accepter son identité. Ses métamorphoses fantastiques permettent notamment une lecture queer de l’adolescence.


    60. Suspiria (2018)
    Luca Guadagnino revisite le classique de Dario Argento en situant son intrigue dans une école de danse berlinoise dirigée par de mystérieuses femmes. Entre sorcellerie, transformations corporelles et rapports de pouvoir, le film développe un univers où le féminin et les identités de genre échappent aux catégories habituelles. Tilda Swinton y interprète notamment plusieurs personnages de genres différents.

    61. Annihilation (2018)
    Un groupe de scientifiques pénètre dans une zone mystérieuse où les organismes vivants subissent d’étranges mutations. Ce film d’Alex Garland interroge les frontières entre humain et non-humain, identité et transformation. Ses représentations de corps changeants permettent également des lectures queer et trans.


    62. The Perfection (2018)
    Deux musiciennes virtuoses se retrouvent au cœur d’une histoire de rivalité, de désir et de manipulation. Ce thriller psychologique multiplie les retournements de situation et place une relation lesbienne au centre de son intrigue. Une œuvre dérangeante qui aborde aussi les violences et les abus de pouvoir.


    63. What Keeps You Alive (2018)
    Un couple de femmes part célébrer son anniversaire de mariage dans une maison isolée en forêt. Ce qui devait être une escapade romantique se transforme en cauchemar. Ce thriller canadien explore la confiance, la violence conjugale et les dangers qui peuvent se cacher derrière une relation apparemment idéale.


    64. Climax (2018)
    Une troupe de danseurs et danseuses célèbre la fin de ses répétitions lors d’une fête qui dégénère après la consommation involontaire de LSD. Gaspar Noé transforme progressivement cette soirée en descente aux enfers. Sexualités fluides, tensions, violence et perte de contrôle composent une expérience sensorielle extrême.


    65. Un couteau dans le cœur (Knife + Heart, 2018)
    Vanessa Paradis incarne une productrice de films pornographiques gais dans le Paris de la fin des années 1970. Lorsqu’un meurtrier masqué commence à assassiner les acteurs de ses productions, elle décide de mener sa propre enquête. Yann Gonzalez signe un hommage flamboyant au cinéma giallo, traversé par le désir queer et la peur de la violence homophobe.


    66. It: Chapter Two (2019)
    Cette deuxième adaptation du roman de Stephen King comprend une scène d’ouverture particulièrement brutale montrant une agression homophobe, avec Xavier Dolan dans le rôle de la victime. Le film développe également une dimension homosexuelle dans l’histoire de Richie, l’un des personnages principaux. L’horreur surnaturelle y rejoint celle, bien réelle, de la haine.


    67. Spiral (2019)
    Un couple gai et sa fille s’installent dans une petite ville canadienne au milieu des années 1990. Rapidement, les comportements inquiétants des voisins font naître un sentiment de menace. Ce thriller mêle horreur occulte, homophobie et angoisse de vivre dans un environnement où l’acceptation n’est jamais acquise.


    68. Bit (2019)
    Une adolescente transgenre, interprétée par Nicole Maines, découvre à Los Angeles une communauté de vampires féministes et queers. Entre sororité, pouvoir et violence, le film de Brad Michael Elmore renouvelle le mythe vampirique en plaçant une protagoniste trans au cœur du récit, sans faire de son identité de genre la source de l’horreur.


    69. Carmilla (2019)
    Dans l’Angleterre du XIXe siècle, une adolescente solitaire voit sa vie bouleversée par l’arrivée d’une mystérieuse jeune femme. Adapté du célèbre récit gothique de Sheridan Le Fanu, ce film d’Emily Harris privilégie la sensualité et la tension psychologique pour explorer le désir lesbien, la répression religieuse et la peur de la différence. Une relecture intimiste de l’un des textes fondateurs du vampirisme queer.

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