Fonder une famille ne va jamais de soi. Pour plusieurs hommes gais, ce désir se construit à travers des questions, des contraintes et des chemins encore imparfaits. Papa(s), nouvelle fiction originale d’Unis TV réalisée en collaboration avec TV5MONDE, s’inscrit précisément dans cet espace. Avec humour, sensibilité et une grande humanité, la série aborde un sujet encore peu présent à l’écran : l’accès à la parentalité pour un homme gai et célibataire.
Le désir de paternité chez certains hommes gais célibataires est un phénomène plus fréquent et plus assumé qu’on ne le pense, mais il demeure souvent entouré de silences, d’hésitations et de contradictions. Contrairement à une idée tenace, l’orientation sexuelle n’annule en rien le désir d’avoir des enfants. Ce qui change, c’est plutôt la manière dont ce désir s’inscrit dans la réalité : les chemins sont plus complexes, les obstacles plus nombreux, et la légitimité sociale est parfois plus difficile à obtenir. Pour plusieurs hommes gais, le désir d’être père a longtemps été repoussé non parce qu’il n’existait pas, mais parce qu’il semblait tout simplement inaccessible. Il a fallu des années, parfois, avant que l’idée d’une parentalité possible — et même souhaitable — puisse émerger sans être immédiatement étouffée par le doute ou par une forme de résignation.
Au centre de l’histoire, on retrouve Éric, incarné par Kevin Sauvageau. Trentenaire, il hérite de l’animalerie familiale alors qu’il vit la perte récente de sa mère. Ce deuil agit comme déclencheur, une conviction profonde naît en lui : il veut être papa. Mais ce rêve, qu’on présente souvent comme simple et accessible, devient pour lui un véritable parcours du combattant. Après avoir quitté Matéo (Jean-Simon Leduc), qui ne veut pas d’enfant, Éric se retrouve face à un manque de repères, à des coûts importants, à la bureaucratie et aux démarches multiples. Les avenues restent parfois floues, qu’il s’agisse de l’adoption, de la coparentalité ou du recours à une personne porteuse. Il tente ainsi de naviguer à travers un système où les hommes gais se heurtent encore à bien des obstacles.
Si le sujet peut sembler lourd, la série choisit plutôt d’embrasser la complexité du réel avec une douceur teintée d’humour. C’est à travers de petites maladresses, des réflexions intimes, des rencontres imprévues et l’appui réconfortant de sa meilleure amie Catherine (Claudia Bouvette), qu’on suit Éric dans sa quête. Le ton reste ancré, accessible et souvent drôle, comme si la série nous rappelait qu’au cœur de toutes ces démarches, il y a d’abord une envie simple et universelle : celle d’aimer et de transmettre.

La distribution contribue largement à ce charme. François Papineau, Normand D’Amour, Maude Guérin, Ines Talbi, Mustapha Aramis et plusieurs autres donnent corps à un univers vivant, où chaque personnage vient ajouter une nuance au questionnement d’Éric.
On y retrouve une galerie de figures franches et imparfaites, qui ne cherchent pas à servir un message, mais à habiter une histoire profondément humaine. Derrière cette fiction se cache une réflexion très personnelle. Kevin Sauvageau, également coscénariste avec Fanny Lefort, s’est un jour posé les mêmes questions que son personnage : « Est-ce que je veux des enfants ? Et si oui, comment ? » Ce questionnement, partagé par de nombreux hommes gais de sa génération, a été le point de départ de la série. Rapidement, la complexité et la richesse du sujet se sont imposées comme un terrain fertile pour une fiction courte, sincère et proche du vécu.
Portée par une réalisation sensible de Fanny Lefort, Papa(s) s’inscrit dans une volonté plus large : celle de représenter des réalités encore peu montrées, et de le faire avec authenticité.
Avec ses six courts épisodes, la série ne cherche pas à tout expliquer ni à donner une réponse définitive aux questions qu’elle soulève. Elle préfère offrir un regard honnête sur une réalité en pleine transformation, portée par des personnages qui cherchent, doutent, espèrent et avancent malgré tout. C’est précisément cette simplicité, celle du quotidien, des relations, des choix difficiles et des petits élans du cœur, qui donne à Papa(s) sa force et son authenticité.
INFOS | Disponible en intégralité sur TV5Unis, Papa(s) offre une courte pause de douceur
et de vérité, un regard neuf sur la paternité et sur les multiples façons d’y arriver.
tv5unis.ca/papa-s

