Samedi, 10 octobre 2026
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    Frissons queer : 100 films d’horreur LGBTQ+ à découvrir, de 1932 à aujourd’hui

    Des vampires séduisants aux tueurs masqués, des sorcières aux créatures monstrueuses, le cinéma d’horreur entretient depuis près d’un siècle une relation particulière avec les réalités LGBTQ+. À l’approche de l’Halloween, Fugues propose un voyage à travers 100 films qui explorent, ouvertement ou à travers leurs sous-entendus, la différence, le désir, la marginalité et la peur de l’autre.

    Qu’ont en commun Dracula, Frankenstein, Freddy Krueger et les personnages de The Rocky Horror Picture Show? Tous appartiennent à un univers cinématographique où les frontières entre normalité et différence, attirance et répulsion, désir et interdit sont constamment remises en question.

    Depuis les débuts du cinéma fantastique, les monstres incarnent souvent ce que la société refuse de comprendre ou d’accepter. Rejetés, pourchassés, condamnés à vivre dans l’ombre, ils occupent une place qui peut sembler familière à plusieurs générations de personnes LGBTQ+.

    Cette proximité n’a rien d’un hasard. Pendant des décennies, la censure hollywoodienne a empêché les cinéastes de représenter ouvertement l’homosexualité. Les personnages queers ont alors trouvé refuge dans les sous-entendus, les relations ambiguës et les figures monstrueuses. Le cinéma d’horreur est ainsi devenu un terrain particulièrement fertile pour évoquer les sexualités marginalisées et les identités qui échappent aux conventions.

    Mais les choses ont changé. Avec l’émergence de nouvelles générations de cinéastes LGBTQ+, les personnages queers ne sont plus condamnés à exister uniquement dans le sous-texte. Ils peuvent désormais être les protagonistes de leurs propres histoires, qu’il s’agisse de romances surnaturelles, de films de possession, de récits de vengeance ou de thrillers psychologiques.

    Une sélection qui embrasse toutes les formes de l’horreur

    Les 100 films réunis ici n’entretiennent pas tous le même rapport aux réalités LGBTQ+. Certains mettent en scène des personnages, des couples ou des histoires explicitement queer. D’autres ont été réalisés par des cinéastes LGBTQ+ qui ont apporté leur sensibilité à des récits fantastiques ou horrifiques. Plusieurs œuvres plus anciennes reposent sur des sous-entendus homosexuels, lesbiens ou liés à l’identité de genre, parfois imposés par la censure de leur époque.

    D’autres encore ne présentent aucun personnage ouvertement LGBTQ+, mais ont acquis une importance particulière dans la culture queer grâce à leurs thèmes, leur esthétique camp ou leur réappropriation par les communautés. C’est notamment le cas de certains classiques devenus des références dans les univers drag ou dans les lectures queer ou trans du cinéma.

    Il importe aussi de distinguer les œuvres qui célèbrent la différence de celles qui l’associent à la monstruosité ou à la violence. Certains films de cette sélection reproduisent des stéréotypes homophobes ou transphobes aujourd’hui largement critiqués. Leur présence ne constitue pas une approbation de ces représentations, mais une occasion de comprendre comment le cinéma d’horreur a contribué, parfois contradictoirement, à façonner l’imaginaire collectif entourant les personnes LGBTQ+.

    Enfin, ma définition de l’horreur est volontairement large. Elle englobe les films de vampires, de loups-garous et de zombies, mais aussi les thrillers psychologiques, les œuvres gothiques, les récits fantastiques, les films expérimentaux et les histoires où la peur devient une métaphore de l’identité, de la sexualité ou de l’exclusion.

    Quand les monstres nous ressemblent

    À travers ces 100 films, une transformation importante se dessine. Pendant longtemps, les personnages associés à la différence sexuelle ou de genre étaient condamnés à devenir des monstres, des victimes ou des figures tragiques. Aujourd’hui, les cinéastes LGBTQ+ s’emparent des mêmes codes pour raconter leurs propres histoires.

    Cette évolution ne signifie pas que le cinéma d’horreur ait abandonné ses représentations problématiques. Les personnages queer continuent parfois d’être associés à la violence, à la déviance ou à la monstruosité. Mais ils occupent désormais une place beaucoup plus diversifiée, qui leur permet d’exister autrement que comme de simples symboles de peur.

    Le monstre n’est plus nécessairement celui qu’il faut détruire. Il peut devenir celui qui résiste, qui refuse de se conformer, qui invente sa propre famille ou qui revendique le droit d’exister autrement.

    C’est peut-être ce qui explique la relation si durable entre le cinéma d’horreur et les publics LGBTQ+ : derrière les crocs, les griffes et les masques se cachent souvent des histoires de désir, de différence et de survie. Et si le cinéma d’horreur nous apprend quelque chose, c’est que les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

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