Reconnu sur les scènes internationales, le chorégraphe grec Christos Papadopoulos s’attache à construire, par le mouvement et la musique, des paysages sensoriels. De retour à Montréal dans le cadre de Danse Danse avec My Fierce Ignorant Step, le chorégraphe joue sur la temporalité et les souvenirs sonores, entre autres ceux de son enfance, une époque où tout semblait possible.
Que souhaitez-vous présenter à travers cette performance ?
Christos Papadopoulos : Je me suis rendu compte que j’étais devenu une sorte de personne négative que je n’aimais pas. J’ai commencé, peu à peu, à réfléchir à moi-même, à la personne que j’étais auparavant, durant mes jeunes années. Même si cela peut paraître étrange, j’ai compris que ce sentiment était bien réel à ce moment-là et qu’il me poussait à agir, à faire quelque chose de ma vie. Ce travail, avec My Fierce Ignorant Step, est une tentative de retrouver et de goûter à nouveau à ce sentiment. Bien sûr, ce n’est pas une démarche nostalgique. C’est plutôt une manière de se rappeler quelque chose, tout en comprenant que l’on ne peut pas nécessairement faire revivre cette sensation. C’est précisément ce qui m’amène à cette question : comment résumer mes intentions ?
Est-il important pour vous de créer un lien entre le présent et le passé, de conserver et de préserver une mémoire de l’enfance ?
Christos Papadopoulos : Oui, bien sûr. Lorsque je repensais à ces années-là, la musique occupait une place très importante. Pour moi, c’était une forme d’action, quelque chose qui était inscrit dans mes gènes, si je puis dire. C’est donc tout naturellement que nous avons choisi cette musique, comme une conséquence de ce que j’ai vécu.

Dans votre composition, les danseurs semblent former un corps vivant, tout en conservant chacun une présence individuelle. Comment parvenez-vous à combiner l’unité du groupe et la liberté de chaque danseur ?
Christos Papadopoulos : Dans mon travail, il y a bien sûr une place pour l’individu. C’est un fait : il y a plusieurs personnes et chacune possède ses propres qualités. La partie la plus secrète, la plus difficile, consiste à parvenir à s’unir et à créer un collectif à travers une forme, une exigence commune. L’entité et l’unité que j’essaie de créer reposent sur l’accord collectif des individus qui la composent. Pour former une unité, nous avons donc besoin de l’individualité, puisque c’est le choix de chacun d’en faire partie. Je ne cherche pas à séparer les individus les uns des autres.
Travaillez-vous toujours avec les mêmes danseurs ou choisissez-vous une nouvelle distribution pour chaque spectacle ?
Christos Papadopoulos : Je travaille avec la plupart des danseurs depuis longtemps. Certains sont avec moi depuis les débuts de ma compagnie, que j’ai fondée en 2015. D’autres sont plus jeunes. J’aime travailler avec des danseurs qui connaissent mon travail, mes tendances, ma manière de penser et ma façon de percevoir le mouvement. Pour moi, c’est toujours très utile. Cependant, dans ma dernière pièce, il y a aussi quelques danseurs avec lesquels je collabore pour la première fois. Généralement, je conserve donc un noyau de danseurs qui sont présents depuis le début.
Comme vous le soulignez en début d’entrevue, la musique occupe une place très importante dans votre travail. Quels styles de musique avez-vous choisis pour cette performance ?
Christos Papadopoulos : En fait, pour ce spectacle, j’ai travaillé avec deux musiciens. Le premier est Kornilios Selamsis, qui a composé la partition originale. C’est un musicien plus traditionnel. Et puis, il y a également Jeph Vanger, qui travaille davantage dans la musique électronique. Il a retravaillé les sons, effectué certaines variations, et les deux musiciens ont collaboré à la musique de cette pièce.
INFOS | My Fierce Ignorant Step. Chorégraphie : Christos Papadopoulos.
Théâtre Maisonneuve. Du 28 au 31 octobre 2026. https://www.dansedanse.ca

