Mercredi, 28 janvier 2026
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    Quand l’enthousiasme public de certains hétéros autour de Heated Rivalry a un goût amer

    Une controverse secoue actuellement une partie de l’écosystème médiatique du hockey professionnel, à la suite de révélations concernant Dan Powers, animateur du populaire balado Empty Netters. En cause : des messages textes privés, rendus publics par OutSports, dans lesquels Powers aurait qualifié les créateurs de la série Heated Rivalry de « losers », de « lâches » et de producteurs de « contenu-poubelle » répondant, selon lui, à une logique de complaisance envers l’inclusivité. Des propos qui contrastent énormément avec le ton très favorable adopté par Empty Netters dans ses critiques publiques empathiques de la série phénomène.

    Louanges publiques, dédain privé?
    Empty Netters, un balado filmé animé par les frères Dan et Chris Powers — tous deux anciens joueurs de hockey — a vu sa popularité exploser après la diffusion de Heated Rivalry. Le balado a consacré plusieurs épisodes à commenter la série, générant chacun des centaines de milliers de vues sur YouTube. Les six vidéos les plus performantes de la chaîne portent toutes sur Heated Rivalry, certaines dépassant le demi-million de visionnements, soit la moitié de tous les visionnement de la chaine… depuis ses débuts.

    Parallèlement, le balado a commencé à commercialiser des produits dérivés à l’effigie de la série — t-shirts et chandails — tout en bénéficiant d’une couverture médiatique flatteuse, notamment dans Rolling Stone et Vulture, qui saluaient cette apparente ouverture du milieu du hockey à la diversité LGBTQ+.

    Or, selon OutSports, les messages privés de Dan Powers racontent une autre histoire. Dans ces échanges, l’animateur aurait écrit que la série « coche des cases d’inclusivité », qu’elle est « provocatrice par calcul » et qu’elle vise surtout à plaire. Il aurait aussi affirmé au départ qu’il avait refusé de regarder la série « par principe ».

    Une réaction de colère chez les fans
    La publication par Outsports de ces messages a déclenché une vague d’indignation, particulièrement chez les fans LGBTQ+ de Heated Rivalry. Plusieurs y voient une illustration brutale d’un malaise plus large : une industrie sportive prête à monétiser l’inclusion, sans toujours en partager les valeurs.

    « Il n’y a pas de meilleure illustration de l’état actuel de l’inclusivité dans le hockey que de voir Empty Netters feindre l’allié queer tout en méprisant en coulisses les créateurs qui font leur succès », a écrit un internaute.

    D’autres ont souligné l’ironie narrative : il y a quelques semaines on apprenait que le prochain roman de l’autrice Rachel Reid, qui ramène les protagonistes de Heated Rivalry, mettrait justement en scène ces personnages confrontés à une tempête médiatique déclenchée par un balado de hockey populaire.

    La défense de Dan Powers : « un contexte déformé »
    Face à la controverse, Dan Powers a réagi dans une vidéo de près de 18 minutes intitulée Here Are The Texts, publiée le 23 janvier. Sans se rétracté, il y affirme que les propos rapportés ont été sortis de leur contexte et que la chronologie présentée par OutSports serait erronée.

    Les messages incriminés auraient été envoyés, selon lui, plus d’une semaine avant qu’il ne voie la série ou n’en publie une critique. « L’article donne l’impression que nous regardions la série tout en envoyant ces messages, ce qui est faux », soutient-il. «Le visionnement a changé mon opinion.»

    Powers précise également que les messages étaient destinés à un autre podcasteur — lui-même publiquement enthousiaste à propos de Heated Rivalry — et qu’il se dit « profondément affecté » par ce qu’il considère maintennat comme une attaque personnelle.

    Une indignation qui déplace le débat
    Dans la dernière partie de sa vidéo, Dan Powers insiste : ses propos n’étaient pas dirigés contre les créateurs de la série ni contre la communauté LGBTQ+. Il affirme avoir aimé sincèrement Heated Rivalry et se dit attristé par la tournure des événements.

    Il réserve toutefois ses mots les plus durs à OutSports, qu’il accuse d’avoir agi de manière « nuisible » pour une plateforme se revendiquant au service des communautés queer. « C’est à l’opposé de ce que cette série — et ce moment culturel — représentent », conclut-il.

    Au-delà du cas Powers : une question structurelle
    Au-delà des dénégations et des versions contradictoires, cette controverse soulève une question plus large : peut-on dissocier l’inclusion affichée de l’inclusion vécue? Dans un sport historiquement marqué par l’hypermasculinité et le silence autour des identités queer, Heated Rivalry a été saluée comme une percée symbolique.

    Mais l’affaire Empty Netters rappelle que la visibilité LGBTQ+ dans le sport demeure souvent conditionnelle, fragile, et parfois instrumentalisée. Quand l’allié devient critique en coulisses, la confiance se fissure — et avec elle, l’idée que le milieu du hockey aurait réellement changé.

    Dans un contexte où la culture sportive tente de se réinventer, cette dissonance entre discours public et discours privé agit comme un révélateur. Non pas d’un scandale isolé, mais d’un combat encore loin d’être gagné pour une inclusion qui ne soit pas qu’un produit dérivé.

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