Mercredi, 28 janvier 2026
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    Mannequin trans Bernardo Rabello, le top 10 de Mister Brasil n’est que le début

    Entre sa victoire à Mister Trans Brasil et sa place parmi les 10 finalistes du prestigieux concours Mister Brasil CNB, Bernardo Rabello le dit clairement : il veut continuer d’ouvrir de nouveaux espaces pour la représentation des hommes trans.

    Bernardo Rabello savait exactement dans quoi il s’embarquait lorsqu’il a décidé de participer à Mister Brasil CNB — le concours masculin le plus prestigieux du pays — en devenant le premier homme trans de l’histoire à monter sur cette scène. Mais il ne s’attendait certainement pas à se retrouver dans le top 10 dès sa première participation.

    Âgé de 30 ans, entraîneur personnel, influenceur et mannequin originaire de Resende, dans l’État de Rio de Janeiro, Rabello a travaillé sans relâche pendant des années pour devenir ce qu’on appelle souvent un « succès instantané » — et bâtir, au passage, une communauté de plusieurs dizaines de milliers d’abonné.e.s sur les réseaux sociaux.

    « Depuis que je suis enfant, je ne m’identifiais pas au genre que les gens me disaient que j’étais. J’ai grandi avec ce point d’interrogation », confie-t-il. « Mais à l’époque, on ne parlait pas de l’identité trans comme aujourd’hui. Ma famille, mes amis, mon école… personne n’avait vraiment l’information ou les outils pour m’aider. »

    Une transition rendue possible par l’accès aux soins
    Le tournant s’est amorcé à 23 ans, quand Rabello a décroché un emploi dans une usine de pneus Michelin — un poste qui lui a donné accès à une assurance maladie, et donc à des soins qui ont rendu sa transition possible.

    « J’ai commencé l’hormonothérapie en novembre 2017 », se souvient-il, en ajoutant que son expérience au travail aurait pu mal tourner… mais que ce n’est pas arrivé. « Je savais que j’étais le seul homme trans à travailler là-bas », explique-t-il. « Mais l’équipe des ressources humaines m’a soutenu tout du long. Ils me disaient : “On veut que tu sois ici. Peu importe ce qui arrive, viens nous voir. On va te soutenir.” Et j’ai réellement eu beaucoup d’appui. »

    Le choix de ne pas porter la honte
    Deux valeurs guident Rabello : la patience et le respect. Il raconte son parcours sans amertume, comme s’il refusait de traîner le bagage d’un passé où il a été remis en question, douté, contesté — et privé de soins d’affirmation de genre.

    Il note toutefois que son père, un militaire, a eu besoin de temps pour encaisser la nouvelle.
    « Mon père avait peur pour moi… de ce que ça veut dire de naviguer le monde en tant qu’homme trans », dit-il. Mais les choses ont changé après une discussion entre sa tante et son père.
    « Hé, pourquoi tu fais comme si tu ne comprenais pas B ? », se rappelle Rabello. « Il devient juste la personne qu’il a toujours voulu être. Il ne cessera pas d’être celui que tu lui as appris à être. Son essence restera toujours en lui. »

    Bernardo Rabello et sa conjointe

    Chirurgie, concours, et une victoire historique
    Bernardo Rabello a subi une chirurgie du haut (mastectomie) en janvier 2021 — une opération qu’il attendait depuis l’adolescence. « Ma poitrine, c’est quelque chose qui me dérangeait depuis qu’elle a commencé à se développer », explique-t-il. « Le corps que je voyais dans le miroir ne correspondait pas à ce que j’étais. Je ne m’y reconnaissais pas. »

    Plus tard la même année, il participe à la toute première édition de Mister Trans Brasil, à São Paulo… et remporte le titre, devenant ainsi le premier lauréat couronné de l’histoire du concours. Mais le chemin vers Mister Brasil CNB, un concours beaucoup plus vaste où il allait rivaliser avec des hommes cisgenres, lui a présenté un nouveau lot de défis.

    Affronter l’hostilité — et se bâtir une armure
    En 2019, par exemple, Rabello prend part à Mister Rio de Janeiro CNB, à l’échelle de l’État, avant même sa chirurgie du haut. « C’était un immense défi, mais je savais que je n’étais pas là seulement pour moi et mes désirs », souligne-t-il. « J’y étais aussi pour les autres personnes qui voudraient être là, elles aussi — ou qui ont les mêmes peurs que moi. »

    À l’époque, une quantité importante de commentaires transphobes et malveillants lui est lancée, surtout sur les réseaux sociaux. Mais Rabello avait déjà appris à se protéger. « Quand quelqu’un critique une autre personne, ça en dit beaucoup plus sur la personne qui critique », dit-il. « J’ai toujours travaillé ça dans ma tête, parce qu’il n’y a rien de mauvais en moi. » Au fil des ans, il a commencé à « voir un changement dans les commentaires », et il s’en dit reconnaissant.

    Sa participation historique en 2025 et l’avenir
    Ce long parcours l’a mené à participer à Mister Brasil CNB en 2025. Non seulement il est le premier homme trans à y concourir ouvertement, mais il réussit aussi l’exploit d’accéder au top 10 — un accomplissement qui rend le moment d’autant plus marquant, et le message d’autant plus puissant.
    Aujourd’hui marié, Bernardo Rabello construit sa vie avec sa femme à Resende, une ville stratégiquement située entre Rio de Janeiro et São Paulo. Pour la suite, il rêve d’ouvrir son propre gym, de participer à nouveau à Mister Brasil — « peut-être en 2026, ou plus tard », dit-il — et même de faire partie de Big Brother Brasil, la téléréalité la plus populaire du pays depuis plusieurs années.
    « Je veux participer pour pouvoir partager mon histoire de vie, non seulement avec mes colocataires, mais aussi avec le monde », lance-t-il.

    Sur un plan plus personnel, il dit aussi vouloir « énormément avoir une fille », précisant : « Ma femme porterait l’enfant, mais j’aimerais utiliser mon ovule. Avoir une fille avec mon ADN. »

    « Chaque espace conquis, c’est pour nous tous »
    Lorsqu’on lui demande quel message il souhaite transmettre aux hommes trans qui découvrent son parcours et s’en sentent inspirés, Rabello répond sans hésiter : « Il y a des gens comme moi qui se battent pour qu’on puisse conquérir notre place et être visibles. Chaque espace qu’on conquiert, ce n’est pas juste pour l’un d’entre nous individuellement : c’est pour nous tous. C’est pour tout le monde. »

    INFOS | Bernardo Rabello sur Instagram : @lifebernardorabello

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