À l’approche des élections québécoises du 5 octobre 2026, Fugues a invité les différentes formations politiques à préciser leurs positions et leurs engagements concernant plusieurs enjeux qui touchent directement les communautés LGBTQ+ du Québec. Lutte contre l’homophobie et la transphobie, climat dans les écoles, financement des organismes communautaires, droits des personnes trans et non binaires, crimes haineux, santé et services sociaux : les mêmes questions ont été soumises aux partis afin de permettre à notre lectorat de comparer leurs propositions avant le scrutin. Nous publions ici les réponses du Parti libéral du Québec, telles qu’elles nous ont été transmises, sans modification de leur contenu.
Préambule du Parti libéral du Québec
Nous vous remercions de nous avoir transmis ces questions et de contribuer à mettre de l’avant les enjeux qui touchent les communautés LGBTQ+ à l’approche des élections québécoises.
Le Québec a été un précurseur en matière de reconnaissance des droits des personnes LGBTQ+. Nous pouvons être fiers du chemin parcouru. Le Québec a fait des avancées importantes, mais nous devons continuer à les protéger et à les faire progresser.
La hausse des crimes haineux, la progression de certains préjugés chez les jeunes et les difficultés qui persistent dans l’accès à certains services nous préoccupent. Elles nous rappellent que l’égalité dans la loi ne signifie pas toujours l’égalité dans la vie quotidienne.
Pour le Parti libéral du Québec, notre responsabilité est donc double : protéger les avancées réalisées et continuer à faire tomber les obstacles qui demeurent.
Voici nos réponses à vos questions.
1. Lutte contre l’homophobie et la transphobie
Quel constat votre parti fait-il de la situation actuelle au Québec?
Quelles mesures concrètes proposez-vous afin de prévenir et de combattre l’homophobie et la transphobie?
La lutte contre l’homophobie et la transphobie fait partie des combats que le Parti libéral du Québec porte depuis plusieurs années. C’est notamment sous un gouvernement libéral que le ministre de la Justice a été désigné responsable de la lutte contre l’homophobie et que la première Politique québécoise de lutte contre l’homophobie a été adoptée en 2009.
Mais notre engagement ne peut pas reposer uniquement sur ce qui a été accompli dans le passé. Les données récentes nous montrent qu’il reste du travail à faire et que certains préjugés que l’on croyait en recul refont surface.
Il ne suffit pas de condamner l’homophobie et la transphobie lorsqu’elles se manifestent. Il faut aussi agir en amont : sensibiliser, éduquer, soutenir les personnes qui en sont victimes et donner aux organismes et aux services publics les moyens d’intervenir.
Nous poursuivrons ce travail avec les communautés LGBTQ+, parce que les meilleures réponses se construisent avec les personnes directement concernées par les réalités auxquelles nous voulons répondre.
Au Parti libéral du Québec, notre objectif demeure le même : que chaque personne au Québec puisse vivre librement, en sécurité et dans la dignité, peu importe son orientation sexuelle, son identité ou son expression de genre.
2. Homophobie et transphobie dans les écoles
Plusieurs études et organismes communautaires constatent une progression des attitudes homophobes et transphobes chez certains jeunes.
Comment votre parti entend-il répondre à cette situation dans les écoles primaires et secondaires?
Prévoyez-vous des mesures particulières en matière d’éducation, de sensibilisation, de formation du personnel scolaire ou de soutien aux élèves LGBTQ+?
La progression de certaines attitudes homophobes et transphobes chez les jeunes nous préoccupe particulièrement.
Aucun jeune ne devrait entrer à l’école en se demandant s’il devra cacher qui il est pour éviter d’être intimidé, humilié ou rejeté. L’école doit être un milieu sécuritaire pour tous les élèves.
La réponse passe d’abord par l’éducation et la prévention. Nous voulons mieux outiller les milieux scolaires pour prévenir l’intimidation homophobe et transphobe, sensibiliser les jeunes aux réalités de la diversité sexuelle et de genre et intervenir rapidement lorsqu’une situation survient.
Le personnel scolaire doit également disposer des connaissances et des outils nécessaires pour accompagner adéquatement les jeunes LGBTQ+ et intervenir lorsqu’ils sont témoins d’intimidation ou de discrimination.
Notre engagement d’ajouter 1 000 ressources spécialisées dans les écoles publiques dès 2027-2028, soit 400 professionnels et 600 techniciennes et techniciens en éducation spécialisée, renforcera plus largement la capacité des équipes-écoles à accompagner les élèves qui vivent des difficultés.
Nous voulons enfin miser sur l’expertise des organismes LGBTQ+ qui interviennent déjà auprès des jeunes. Ils connaissent leurs réalités, leurs préoccupations et les formes que peut prendre l’intimidation. Ils doivent être des partenaires dans la recherche de solutions.
3. Soutien aux organismes communautaires LGBTQ+
De nombreux organismes LGBTQ+ font face à une augmentation des demandes de services alors que leurs ressources demeurent limitées.
Votre parti s’engage-t-il à augmenter ou à revoir le financement des organismes communautaires LGBTQ+?
Si oui, selon quelles modalités et dans quel horizon?
Les organismes communautaires LGBTQ+ constituent souvent le premier endroit vers lequel une personne se tourne lorsqu’elle vit de l’isolement, de la discrimination, de la détresse ou lorsqu’elle cherche simplement quelqu’un qui comprend sa réalité.
Cette expertise est irremplaçable. Un service généraliste, aussi essentiel soit-il, ne peut pas toujours remplacer le lien de confiance et les connaissances développées par des organismes spécialisés.
Pourtant, plusieurs de ces organismes doivent répondre à une demande croissante avec des ressources limitées et consacrer une part importante de leur temps à rechercher du financement plutôt qu’à offrir des services.
Le Parti libéral du Québec s’engage donc à investir 200 M$ supplémentaires sur quatre ans dans le financement des organismes communautaires. Nous voulons également revoir le financement à la mission globale afin de le rendre plus prévisible et mieux adapté aux réalités des organismes, réduire leur fardeau administratif et simplifier la reddition de comptes.
Les organismes LGBTQ+ pourront bénéficier de cette bonification selon les programmes et les missions auxquels ils sont admissibles.
Nous voulons également renforcer les liens entre les CLSC et les organismes communautaires, notamment en santé mentale, en soutien psychosocial et en prévention. Les organismes ne sont pas à la périphérie de notre filet social : ils en sont une composante essentielle.
4. Droits des personnes trans et non binaires
Quels engagements votre parti est-il prêt à prendre afin de protéger les droits et l’accès aux services des personnes trans et non binaires au Québec?
Votre parti prévoit-il des changements concernant leur accès aux soins de santé et aux services sociaux, les démarches administratives, leur protection contre la discrimination ou leur inclusion dans les services publics?
Les droits des personnes trans et non binaires sont des droits fondamentaux. Ils ne doivent pas dépendre du débat politique du moment. Nous croyons que les personnes trans et non binaires doivent pouvoir exercer leurs droits et recevoir des services publics sans discrimination, sans devoir constamment expliquer ou justifier leur identité et sans rencontrer d’obstacles administratifs inutiles.
Cela vaut particulièrement dans le réseau de la santé. Une personne qui demande de l’aide doit pouvoir avoir confiance qu’elle sera accueillie et accompagnée avec respect. Une méconnaissance des réalités trans et non binaires peut créer des obstacles supplémentaires pour des personnes qui sont parfois déjà en situation de vulnérabilité.
Nous voulons donc travailler avec les personnes concernées, les organismes et les professionnels afin d’identifier les obstacles qui persistent dans les parcours de soins, les démarches administratives et l’accès aux services publics et apporter des solutions concrètes.
5. Crimes et discours haineux
Comment votre parti entend-il répondre à l’augmentation des crimes haineux visant notamment les personnes LGBTQ+?
Quelles mesures proposez-vous en matière de prévention, de sensibilisation, de formation des corps policiers, d’accompagnement des victimes et de collecte de données?
Comment votre parti entend-il également agir face à la propagation de discours haineux et de désinformation visant les personnes LGBTQ+, tout en respectant les libertés fondamentales?
L’augmentation des crimes haineux visant notamment les personnes LGBTQ+ doit être prise au sérieux.
Derrière chaque statistique, il y a une personne qui a été menacée, intimidée, agressée ou ciblée simplement pour ce qu’elle est. Et au-delà des crimes déclarés, il y a aussi les gestes qui ne sont jamais dénoncés et les personnes qui modifient leurs comportements par crainte d’être prises pour cible.
Nous devons agir à plusieurs niveaux : prévenir, mieux reconnaître les crimes et incidents haineux, accompagner les victimes et améliorer notre compréhension du phénomène.
Les corps policiers doivent être adéquatement outillés pour reconnaître ces situations et intervenir auprès des victimes avec respect. Nous devons également disposer de données permettant de suivre l’évolution des crimes et incidents haineux et d’adapter nos interventions.
Mais lutter contre la haine ne peut pas commencer uniquement lorsqu’un geste criminel est commis. Cela commence dans nos écoles, dans nos institutions et dans l’espace public.
La désinformation et les discours qui déshumanisent des personnes ou des communautés doivent également être pris au sérieux. Surtout, nous ne voulons pas d’une société où ceux qui sont témoins de haine ou d’intimidation choisissent simplement de détourner le regard. La lutte contre l’homophobie et la transphobie est une responsabilité collective.
6. Santé et services sociaux
Quelles mesures votre parti propose-t-il afin d’améliorer l’accès des personnes LGBTQ+ à des services de santé et des services sociaux adaptés à leurs réalités, notamment en santé mentale, en santé sexuelle et en prévention du VIH et des autres ITSS?
Avoir théoriquement accès à un service n’est pas suffisant si une personne hésite à le demander par peur d’être jugée, mégenrée ou mal comprise.
Les personnes LGBTQ+ doivent avoir accès aux mêmes services de qualité que l’ensemble de la population, mais ces services doivent aussi être capables de répondre adéquatement à leurs réalités.
C’est particulièrement important en santé mentale, en santé sexuelle, en prévention du VIH et des autres ITSS ainsi que pour les personnes trans et non binaires qui ont besoin de soins adaptés.
Nous nous sommes engagés à renforcer la première ligne et à mettre en place une clinique publique de télémédecine accessible sept jours sur sept. Nous voulons également renforcer les CLSC comme véritables portes d’entrée vers les services de proximité et améliorer l’accès aux services de santé mentale.
Notre engagement de consacrer progressivement 5 % des dépenses en santé à la prévention d’ici la fin de la prochaine décennie permettra également de donner une place beaucoup plus importante à la prévention et au dépistage. La santé sexuelle ainsi que la prévention et le dépistage du VIH et des autres ITSS doivent pleinement s’inscrire dans cette approche.
Il ne s’agit pas de demander aux personnes LGBTQ+ de s’adapter au réseau. C’est aussi au réseau de savoir répondre à leurs réalités.
7. Priorités pour le prochain mandat
Au-delà de ces différents enjeux, quels seraient les trois principaux engagements de votre parti envers les communautés LGBTQ+ au cours d’un prochain mandat?
Pour chacun de ces engagements, nous vous invitons à préciser, dans la mesure du possible :
- les mesures envisagées;
- l’échéancier de mise en œuvre;
- les ressources financières prévues ou, à défaut, un ordre de grandeur ou un pourcentage d’augmentation;
- le ministère ou l’organisme gouvernemental qui en aurait la responsabilité.
Nos trois priorités envers les communautés LGBTQ+ seront de protéger les droits, soutenir les communautés et garantir un meilleur accès aux services.
Protéger les droits et agir contre l’homophobie et la transphobie
Nous continuerons de défendre les droits des personnes LGBTQ+ et renforcerons les efforts de prévention et de sensibilisation, particulièrement auprès des jeunes. Nous voulons mieux outiller les écoles, le personnel et les services publics et travailler directement avec les organismes et les personnes concernées.
Dès 2027-2028, notre engagement d’ajouter 1 000 ressources spécialisées dans les écoles publiques renforcera également la capacité des équipes-écoles à soutenir les élèves qui vivent des difficultés.
Soutenir les organismes qui sont présents sur le terrain
Nous investirons 200 M$ supplémentaires sur quatre ans dans le financement des organismes communautaires. Nous voulons également rendre leur financement à la mission plus prévisible, réduire leur fardeau administratif et mieux reconnaître leur expertise.
Les organismes LGBTQ+ admissibles pourront bénéficier de cette bonification, et nous voulons renforcer leur collaboration avec les CLSC et le réseau public.
Améliorer l’accès à des services adaptés et respectueux
Nous renforcerons la première ligne, les CLSC et l’accès aux services de santé mentale, notamment grâce à une clinique publique de télémédecine accessible sept jours sur sept.
Nous consacrerons également progressivement 5 % des dépenses en santé à la prévention d’ici la fin de la prochaine décennie, ce qui permettra notamment de renforcer la prévention et le dépistage.
Enfin, nous travaillerons avec les communautés LGBTQ+, les organismes et les professionnels afin d’identifier les obstacles qui persistent et de mieux adapter les services publics aux réalités des personnes LGBTQ+.
Notre responsabilité est de protéger ce qui a été acquis, de continuer à faire avancer l’égalité et, surtout, d’écouter les personnes qui vivent encore de la discrimination.
Personne ne devrait avoir à vivre sans être lui-même, à se cacher ou à renoncer à demander de l’aide simplement pour être qui il est.
C’est avec cette conviction que nous continuerons d’agir aux côtés des communautés LGBTQ+ du Québec.
Voici les réponses des autres partis, qui ont aussi répondu à notre questionnaire en date d’aujourd’hui (Notez que ce questionnaire a été envoyé aux 5 partis principaux, et ce, à trois reprises depuis le 29 août dernier) :
• LES RÉPONSES DE QUÉBEC SOLIDAIRE

