Avec plus de 700 000 abonnés sur ses différentes plateformes, dont quelque 510 000 sur TikTok, Zoé Duval possède une tribune qui dépasse largement les frontières du Québec, avec un public engagé jusqu’en France et en Belgique. Une visibilité dont le créateur entend profiter pour faire rayonner la culture d’ici.
Fils d’un écrivain, Zoé Duval a grandi dans un univers où la culture francophone occupait déjà une place importante. Il s’en inspire aujourd’hui dans ses propres contenus et s’implique également auprès de la relève, notamment comme cofondateur, avec Camille Felton, du Festival Émergence de Montréal, qui soutient les jeunes cinéastes et vidéastes francophones.
Après les réseaux sociaux et Big Brother Célébrités, Zoé franchit maintenant une nouvelle étape en faisant ses débuts comme comédien. Deux productions québécoises doivent arriver sur nos écrans d’ici la fin de 2026 : la websérie Dégage, réalisée par Raphaël Massicotte et coscénarisée par ce dernier et notre collègue Samuel Larochelle, qui sera diffusée sur Crave, ainsi que la série Géants, à Télé-Québec.
Malgré son rayonnement en France et ailleurs, Zoé tient à conserver son accent, ses expressions et ses références québécoises. Pour lui, faire découvrir la culture d’ici passe d’abord par l’authenticité.
Dans le cadre de la campagne C’est à NOUS!, toi et sept autres créateurs de contenu faites découvrir ou redécouvrir les œuvres d’ici sur les réseaux sociaux. Que représente la culture québécoise pour toi?
Zoé Duval : Pour moi, la culture québécoise — et francophone — est très importante. Mon père est écrivain, alors j’ai baigné dans la culture francophone. Je veux mettre l’accent sur les œuvres d’ici. On a la chance d’avoir une belle télé, de belles productions et des films intéressants qui rayonnent à l’international. Je rêve de créer et de jouer dans des œuvres québécoises.
Ton contenu rejoint énormément de jeunes sur les réseaux sociaux.
Te sens-tu responsable de leur faire découvrir ou redécouvrir la culture québécoise, notamment des œuvres ou des références qu’ils n’auraient peut-être pas connues autrement?
Zoé Duval : Oui. Si je peux être un vecteur pour les jeunes et les moins jeunes, c’est sûr que cela me plaît. Je fais souvent référence, dans mon contenu, à des émissions d’ici. Je m’inspire beaucoup de ce qui se fait ici, comme l’œuvre de Marc Labrèche. Il a fait beaucoup de sketches humoristiques qui m’ont marqué et ça m’inspire aussi pour mon propre contenu.
D’ailleurs, j’ai cofondé, avec Camille Felton, le Festival Émergence de Montréal pour appuyer les jeunes cinéastes et vidéastes émergents francophones d’ici. On l’a fait pour soutenir le cinéma d’ici, les courts métrages, etc.
Le festival en est déjà à sa 7e édition cette année. Ça marche bien. On voit qu’il y a une belle relève. On veut soutenir les jeunes et les encourager à continuer.
Tu utilises beaucoup l’humour, les personnages, les références populaires et ton propre langage dans tes contenus. Vois-tu les réseaux sociaux comme une nouvelle façon de transmettre la culture québécoise aux jeunes générations?
Zoé Duval : Oui, absolument! C’est très important d’aller chercher les jeunes là où ils sont. Ils sont sur le Web, sur les réseaux sociaux, sur TikTok. C’est important de leur en parler, de les guider vers des œuvres et des productions d’ici qui sont intéressantes et qui reflètent notre culture.
Ton public dépasse largement le Québec, avec notamment une présence importante en France. Quand tu mets de l’avant une façon de parler, un personnage ou une référence très québécoise, penses-tu au fait que tu fais aussi découvrir une partie de notre culture à des gens d’ailleurs?
Zoé Duval : C’est une bonne question. Je répondrais que oui, à 100 %. C’est important pour moi de ne pas modifier mon accent, mes expressions ou le vocabulaire qu’on utilise ici, justement pour faire découvrir notre propre culture. Je crois que ça rend aussi les gens curieux. On ne doit pas changer des choses parce qu’on sait qu’on s’adresse à des gens en France ou en Belgique, qui me suivent. C’est plus authentique. Ça leur fait découvrir la richesse de ce que nous avons ici.
Tu as aussi eu l’occasion de sortir de ton univers des réseaux sociaux, notamment avec Big Brother Célébrités, et tu développes des projets en France. Est-ce que ces expériences à l’extérieur de ton univers habituel ont changé ton regard sur la culture d’ici et sur ce qui nous distingue?
Zoé Duval : Mon regard n’a pas changé; cela a plutôt renforcé mon amour pour la culture d’ici. Je joue dans deux séries qui vont sortir prochainement, en décembre 2026. Cela m’a fait réaliser tout le travail qu’il y a derrière les productions de séries.
Les gens ne se rendent pas compte du nombre de personnes qu’il y a derrière les émissions et à quel point elles travaillent fort pour produire des émissions de qualité. On néglige tout ce travail et, pourtant, on réussit à faire des miracles ici.
Tu fais partie d’une génération de créateurs qui rendent visibles des parcours et des réalités issus de la diversité sexuelle. La culture québécoise donne-t-elle aujourd’hui suffisamment de place à cette diversité, et sens-tu que tu contribues, à ta façon, à cette représentation?
Zoé Duval : Je suis optimiste par rapport à ça parce qu’on intègre de plus en plus de personnages LGBTQ+ dans les séries, les émissions ou les films. Regardez le succès de Heated Rivalry (Rivalité passionnée), qui est une série canadienne d’ailleurs [créée par le Québécois Jacob Tierney et tournée notamment à Montréal]. On voit que, que ce soit au Canada ou dans les séries québécoises, on désire intégrer davantage de personnages LGBTQ+. Plus il y en a, mieux c’est, je pense.
Lorsqu’on regarde ce qui se passe à l’international, on voit un net recul des droits des personnes LGBTQ+. Donc, avoir des rôles et des personnages LGBTQ+ donne une voix à la communauté. Même si le Québec ou le Canada n’est pas directement touché, ça fait peur. La culture a toujours été importante pour représenter différents groupes sociaux. C’est plus important que jamais de soutenir la communauté LGBTQ+ à travers la culture et de l’intégrer davantage dans les différentes œuvres.
Si tu pouvais faire découvrir une seule œuvre de chez nous à un jeune qui ne connaît
pratiquement rien de notre culture, laquelle choisirais-tu, et pourquoi?
Zoé Duval : Oh, c’est une bonne question. Probablement que je dirais Mommy, de Xavier Dolan! Pas seulement parce que c’est un bon film, mais aussi parce qu’il pose tellement de questions et de sous-questions, et qu’il aborde de nombreux thèmes qui sont importants ici. Il y a aussi beaucoup de personnages intéressants et importants que j’ai aimés. C’est un très bel exemple de la culture québécoise. Mommy m’a vraiment touché. Je crois que les jeunes devraient absolument le voir.
Y a-t-il des choses qui s’en viennent pour toi, et qui sont à surveiller?
Zoé Duval : Oui, certainement. Le 28 octobre prochain, ce sera le lancement de mon premier livre, intitulé C’est OK, tu peux déranger. J’y raconte des anecdotes de ma vie, comment j’ai appris à être moi-même. Je parle aussi du moment où j’ai réalisé que je pouvais m’exprimer comme je suis. C’est un livre dans lequel on trouve des outils pour être mieux avec soi-même.
Comment s’est passée ton expérience aux prix Gémeaux, lors desquels la campagne C’est à NOUS! a été dévoilée?
Zoé Duval : Cela a été une belle expérience. J’ai pu parler à pas mal de monde… J’ai senti que les gens s’unissaient, qu’il y avait un sentiment d’optimisme envers la culture québécoise.

KIT KAT CLUB
Est une célébration de la drag, du burlesque et du glamour queer, réunissant sur une même scène des icônes internationales et des artistes parmi les plus électrisants de la scène montréalaise. En vedette : l’icône de la nuit new-yorkaise Amanda Lepore, les stars de RuPaul’s Drag Race Sasha Colby et Bosco, accompagnées d’Esirena, Miami Minx, Sugar Vixen et Joy Rider. La soirée sera animée par la gagnante de Canada’s Drag Race Gisèle Lullaby, aux côtés de Zoé Duval.
INFOS | Dimanche 11 octobre 2026 à 20 h / Cabaret du Casino de Montréal
Billets : @StarQueensMTL
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