Lundi, 1 juin 2026
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    Star Trek : Starfleet Academy, ou, l’art de (ne pas) faire monter la tension

    Dans un 32e siècle marqué par une Fédération des planètes unies qui se reconstruit, de jeunes cadets s’efforcent de devenir les futurs officiers de Starfleet. Rivalité, conflits culturels, hormones suractivées et vilains à gogo ponctuent un récit qui peine cependant parfois à soulever l’intérêt.

    La série vise un public plus jeune et le moins qu’on puisse dire est qu’elle adopte un ton
    résolument plus léger que les précédentes itérations de la franchise et qu’elle sombre même parfois dans les profondeurs abyssales de la tourmente des premières amours, résultant en des bluettes à la fois agaçantes et hautement prévisibles.

    Holly Hunter y campe Nahla Ake, une capitaine qui figure sans peine parmi les moins charismatiques de la franchise, au point où l’on finit par se demander si son habitude de déambuler pieds nus dans le vaisseau (?) ne constitue pas l’essentiel de sa personnalité. Heureusement, la série aligne aussi quelques scènes d’action bien menées et se dote d’un adversaire savoureusement perfide : Nus Braka (Paul Giamatti), un pirate qui ne se gêne pas pour vous poignarder dans le dos, encore, encore et encore.

    Dernier commentaire d’ordre général : n’espérez pas un générique d’ouverture aussi accrocheur que celui de Star Trek : Strange New Worlds. Celui de cette série réussit plutôt l’exploit de détrôner Star Trek : Enterprise au palmarès des pires de la franchise, autant pour la musique que pour les images. Il est à ce point non mémorable, qu’on est toujours ennuyeusement surpris lorsqu’il débute.

    L’Empire klingon sort (enfin) du placard !
    Adolescence oblige, les histoires d’amour composent une bonne partie de la trame scénaristique. L’une des principales met en lumière la relation entre Caleb Mir (Sandro Rosta) et Tarima (Zoë Steiner), une bétazoïde qui peine à maîtriser ses pouvoirs empathiques. Malgré une plastique corporelle irréprochable — je pense notamment à une scène où Caleb se fait bronzer — leur chimie s’avère tout aussi épidermique que celle d’un cageot de rutabagas. On étouffe même un éclat de rire lorsque, après une scène de baise qui se veut frénétique, les deux amants quittent le lit… en sous-vêtements. Manifestement, la biologie du corps humain a bien évolué au 32e siècle.

    C’est cependant un autre triangle amoureux qui attire l’attention, puisqu’il met en scène trois hommes, dont un Klingon. L’épisode 4 révèle que le cadet Jay‑den Kraag (Karim Diané) est issu d’un trouple klingon composé de deux pères et d’une mère, ce qui est déjà une première dans la franchise. Dégingandé, celui-ci cherche par ailleurs à se détacher de la tradition guerrière pour adopter une approche pacifiste, ce qui est à contre-courant de sa culture. Bien que ce ne soit pas explicite, la série sous-entend alors son orientation à travers le cliché éculé d’un homme trop sensible qui ne peut être que gai.

    Difficile d’être contre la vertu, mais on ne peut que lever les yeux au ciel devant ce premier Klingon gai qui a l’âme d’un poète de l’ère romantique. Mais passons, puisque survient une scène intrigante où un autre cadet, Darem Reymi (George Hawkins), propose de l’aider à gérer son anxiété à l’aide de techniques de respiration. Les deux hommes sont alors à 5 cm de distance, plongeant chacun dans le regard de l’autre, ce qui génère une tension à couper au couteau. Une tension qui ne débouche cependant que sur un immense… rien.

    Par la suite, Jay-den tourne son attention sur un autre cadet et on les retrouve dans une scène qui dégage autant de sensualité qu’un album de Martine à la plage, où ils dansent à 65 cm l’un de l’autre en s’agrippant le bout des doigts. C’est dans l’épisode 7 que survient un nouveau rebondissement, alors que la possibilité d’un triangle amoureux avec Darem refait surface, ce qui vient relancer notre intérêt vacillant. Comme on le constate, il faut s’accrocher, puisque la série semble éprouver des difficultés à assumer son matériel de base et à entrer réellement dans le bassin hormonal adolescent.

    Agacement suprême, la majorité du développement des personnages — du moins pour notre triangle gai — semble se jouer hors champ, si bien que nous devons nous-mêmes combler les blancs. Les épisodes s’achèvent souvent sans véritable résolution ou s’enlisent parfois dans d’interminables logorrhées (les scènes consacrées à l’enfance de Jay-den n’en finissent plus de ne pas finir). Malgré tout, la série parvient à piquer la curiosité : il faut donc peut-être lui laisser une chance, en sachant que plusieurs des premières saisons de la franchise — pensons à Voyager, Enterprise ou Discovery — ont, elles aussi, mis du temps avant de trouver leur rythme de croisière.

    Jusqu’à maintenant, la série réussit surtout l’exploit de rendre les rituels de séduction klingons aussi excitants que les sandwichs aux concombres d’un pique-nique à l’anglaise. Reste à voir si Jay-den Kraag et Darem Reymi finiront par former un couple (ou un trouple) et si leur représentation dépassera le chaste baiser sur la joue, qui est encore trop souvent le sort des personnages gais masculins dans les séries pour ados.

    Nouvelles de dernière heure: Eh non, la prémisse du triangle demeure toujours aussi peu inspirée à la fin de la première saison. Par ailleurs, devant le peu d’intérêt suscité par la série, et malgré une saison 2 déjà entièrement tournée, Paramount a déjà annoncé qu’elle “tirait la plogue”. Les plus curieux pourront donc visionner la suite à la fin 2026 ou au début 2027. Sachez cependant qu’il s’agit d’un cul-de-sac!

    INFOS | Les 10 épisodes de la série Star Trek : Starfleet Academy sont disponibles, en anglais, sur Paramount+. Un doublage français existe, mais sa disponibilité au Canada demeure pour le moment incertaine.


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