Andréa Robert Lezak ne manque jamais d’idées ni de concepts. Son dernier projet parlera certainement à plusieurs personnes queers avec sa toute nouvelle série exploratoire Un gay, un psy. Une série pleine d’humour composée de six épisodes d’environ deux à trois minutes chacun. Andréa Robert Lezak y joue le rôle d’un psychologue peu ordinaire. Le sexe, les relations interpersonnelles, les relations avec les parents, tout y passe ou presque. Mais c’est toujours hilarant et abondamment amusant.
Ce n’est pas d’hier qu’Andréa Robert Lezak tourne des vidéos. Connu également sous le nom d’Andrew Grey, on le retrouve sur YouTube, Instagram, Facebook, etc.
Mais pourquoi un psy au juste?
« Parce qu’il y a tellement de choses qui se passent dans le milieu LGBTQ+ et qui nécessitent parfois une visite chez un psy », rétorque avec un large sourire Andréa Robert Lezak.
« À la fin de la série, même le psy est en dépression et il va consulter lui-même un autre psy pour parler de ce qu’il vit dans son cabinet avec ses patients! »
« Oui, il y a de l’humour, mais on fait parfois face à des situations complètement grotesques, poursuit-il. Il y a des personnages qui restent complètement dans le déni. Il y en a un qui est absolument persuadé qu’il est amoureux d’un autre gars, mais non, c’est l’idée d’être amoureux qui l’attire, et non le fait de l’être vraiment. » Dans la bande-annonce, incroyablement drôle, il y a ce gars qui se prend pour Britney Spears et qui espère que ses parents ne découvriront pas qu’il est queer! Loufoque? Bien entendu! Ce personnage est joué par le très sympathique William Hossein, de Fierté Montréal On y retrouve également le YouTubeur PL Cloutier, qui interprète le rôle de Mael, un jeune homme vivant avec des troubles obsessionnels. « Je voulais inclure dans la série un personnage québécois bien connu. On avait déjà fait des trucs ensemble sur YouTube depuis plusieurs années et c’est un bon ami. Il n’a pas hésité. »
« J’ai commencé par faire de petites vidéos humoristiques sur Instagram, poursuit-il. Puis, comme j’ai les idées plein la tête, ce concept avec un psy m’est venu. J’ai écrit les épisodes et mes amis m’ont dit : “Oui, on va t’aider, on a envie de jouer là-dedans”, parce que j’avais imaginé des personnages qui se rapprochaient beaucoup de leur personnalité. Et ça a marché. » C’est ainsi que plusieurs amis ont levé la main pour participer, notamment Jérémy, Guy et Olivier. « Le plus difficile a été de tout organiser. D’écrire, bien sûr, mais aussi d’aider ceux qui ne savaient pas jouer un rôle afin de les remettre dans le contexte.
Certains avaient appris leur texte par cœur, d’autres non. Il fallait tenir compte de tout ça et faire des adaptations. Ça fait drôle de voir ses amis jouer ainsi, mais ça valait la peine », souligne-t-il.
Une deuxième saison?
Oui, Andréa Robert Lezak y pense sérieusement. Elle est déjà dans sa tête, même s’il ne l’a pas encore rédigée. Il y a déjà un bel indicateur : au moment de l’entrevue, « il y avait 11 000 vues de la bande-annonce sur les réseaux sociaux », un très bon reflet de l’intérêt suscité auprès du public.
« Je travaille fort pour pouvoir envoyer ma première saison à des médias comme Noovo, TVA, etc., et obtenir potentiellement du financement pour réaliser une deuxième saison, afin qu’elle soit plus longue et que les gens soient rémunérés un peu », explique celui qui a grandi à Cannes, où se déroule justement le célèbre et grandiose festival annuel.
« Cela m’a touché que les gens veuillent m’aider, qu’ils désirent participer. C’était cool et cute. Une autre solution serait de faire du sociofinancement. Je ne sais pas, je réfléchis aux diverses possibilités en ce moment. »
« Je veux d’abord voir comment le visionnement de la première saison va évoluer et quel sera l’engouement du public », ajoute celui qui réalise également des entrevues vidéo et de la photographie pour Fugues.
Mais d’où lui vient cette passion pour la vidéo et la photo?
« Mon père avait des tablettes et des tablettes de DVD de toutes sortes de films. En plus d’être à Cannes, tout cela me fascinait. Ce qui me plaisait du festival, c’était les photographes, les flashs, etc. », raconte Andréa Robert Lezak. Mais il y a plus que cela.
Andréa travaillait dans une boîte de nuit lorsqu’un ami lui annonce qu’un photographe cherche un assistant pour la Queer Palm du Festival de Cannes. « Surtout quand tu as 17 ou 18 ans, c’est extraordinaire de se faire engager par un photographe pour cette remise de prix queer! »
Pour ceux et celles qui ne connaissent pas la Queer Palm de Cannes, il s’agit d’un prix récompensant un film — long ou court métrage — parmi les sélections officielles et parallèles du festival pour son traitement des thématiques LGBTQIA+, féministes ou pour sa remise en question des normes de genre. De là, il y a eu des contrats à Paris, puis avec le magazine Clap, YouTube et plusieurs autres projets. « Cela m’a appris à être débrouillard et imaginatif », révèle-t-il. Par la suite, il est recruté pour travailler auprès de deux actrices françaises.
« Je me sentais comme dans Le diable s’habille en Prada », expose-t-il avec amusement. « J’y faisais du stylisme, de l’éclairage, je montais des décors, je m’occupais de la publicité, du montage, entre autres. C’était très, très instructif. J’adorais ça. » Ensuite, il y a quelques années, il atterrit à Montréal et intègre l’équipe de Fugues… Et le voilà qui crée, en plus de tout le reste, des séries divertissantes et désopilantes! Le vidéaste tient également à remercier ses ami·es Valentin et Emma, d’Atypical Production, qui se sont investis dans la série.
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