Le Mega T-Dance est depuis longtemps le grand point final des célébrations de la fierté à Montréal. Après le Défilé, des milliers de personnes convergeront vers l’Esplanade du Parc olympique pour prolonger la célébration jusqu’à la tombée de la nuit. Cette année, aux côtés de Reid Bourgeois, trois femmes prendront le contrôle des platines : Sydney Sarayeva, Fran Albuquerque et DJ Sam. Trois artistes, trois parcours, trois univers musicaux qui témoignent de la richesse et de la diversité de la scène électronique actuelle.
Au-delà du simple fait qu’elles soient majoritaires derrière les consoles, leur présence illustre aussi l’évolution d’un milieu longtemps dominé par les hommes. Chacune, à sa façon, apporte une vision différente de la musique de danse, tout en partageant une même volonté : créer des espaces inclusifs où le public peut danser, célébrer et être pleinement lui-même.
Sydney Sarayeva : faire de la piste de danse un espace de visibilité
Basée entre Montréal et Toronto, Sydney Sarayeva est devenue en quelques années l’une des figures montantes de la scène électronique canadienne. DJ, productrice et militante trans, elle s’est rapidement imposée grâce à une signature musicale qui fusionne la tech house, la house classique et de puissantes voix pop sur des lignes de basse percutantes. Elle a notamment partagé la scène avec la légende Danny Tenaglia au Rebel de Toronto, participé au festival Electric Island et enchaîné les prestations dans plusieurs festivals de la Fierté partout au pays. Au-delà de la technique, c’est son énergie qui frappe. Derrière les platines, Sydney Sarayeva revendique une approche résolument femme-forward, où glamour, authenticité et puissance vont de pair. Sa présence est aussi un geste politique : montrer qu’une femme trans peut non seulement occuper ces grandes scènes, mais y briller sans compromis. Pour elle, chaque prestation devient une célébration de l’expression de soi autant qu’une invitation à la danse.


DJ Sam : la house comme langage universel
Si DJ Sam s’est fait connaître plus récemment, elle a rapidement trouvé sa place dans plusieurs événements majeurs de Montréal. Sa passion pour la musique l’a menée à mixer dans des rendez-vous comme AfroMonde, Fierté Montréal, le festival Art en soi ainsi que de nombreux événements communautaires 2SLGBTQIA+. Son identité musicale se nourrit autant de ses origines que de ses voyages. House, disco house, afro house, latin house, tribal house : ses prestations naviguent naturellement entre plusieurs influences, avec un mot d’ordre qui revient constamment lorsqu’on parle d’elle : éclectique.
Cette ouverture se reflète aussi dans les soirées Queen and Queer, qu’elle coorganise et qui offrent un espace particulièrement accueillant aux femmes des communautés 2SLGBTQIA+, tout en demeurant ouvertes à tous les publics. Si la house demeure son terrain de jeu favori, DJ Sam passe avec aisance vers le R&B, la pop ou les grands succès lorsque le contexte s’y prête, une polyvalence qui fait d’elle une artiste particulièrement appréciée autant dans les festivals que lors d’événements privés. Pour le Mega T-Dance, cette capacité à rassembler différents univers musicaux devrait contribuer à maintenir la piste de danse en mouvement du début à la fin.
Fran Albuquerque : les rythmes latins au cœur de la fête
Originaire du Brésil et bien connue de la communauté LGBTQ+ montréalaise, Fran Albuquerque apporte au Mega T-Dance une couleur résolument internationale. Depuis plusieurs années, elle fait vibrer les pistes de danse grâce à un savant mélange de musique électronique, de rythmes latins et de sonorités brésiliennes. Sa façon de construire ses prestations privilégie le contact avec le public. Plus qu’un simple enchaînement de morceaux, chacun de ses sets cherche à raconter une histoire, alternant montées d’énergie, moments festifs et rythmes irrésistibles qui invitent spontanément à la danse. Cette influence latino s’inscrit parfaitement dans l’esprit montréalais, où les cultures se croisent constamment et où les communautés LGBTQ+ se nourrissent d’une multitude d’influences venues des quatre coins du monde. Sa présence au Mega T-Dance rappelle aussi l’apport important des artistes issu·es de l’immigration à la vitalité de la scène électronique québécoise.
Une finale à leur image
En réunissant Reid Bourgeois (lire l’entrevue en page 44), Sydney Sarayeva, DJ Sam et
Fran Albuquerque, Fierté Montréal compose une affiche qui dépasse largement la simple succession de DJ. C’est un portrait de la diversité actuelle de la musique électronique : des artistes issus de parcours différents, de générations différentes et d’influences musicales complémentaires.
Du groove latin à la house, des basses de la tech house aux sonorités afro et disco, le Mega T-Dance promet une véritable traversée des cultures électroniques qui ont façonné les pistes de danse queer depuis des décennies. Une manière idéale de conclure les célébrations du 20e anniversaire de Fierté Montréal : en dansant ensemble, jusqu’à la dernière pièce musicale…
INFOS | https://fiertemontreal.com

