L’an dernier, les Jardins Gamelin avaient pris des airs de Rio de Janeiro. Devant une foule compacte, Moh Dafok avait transformé la place publique en une immense piste de danse où se mêlaient rythmes brésiliens, costumes flamboyants et énergie contagieuse. Forte de ce succès, l’artiste drag d’origine brésilienne revient cette année dans le cadre de Fierté Montréal avec Le Carnaval Moh Dafok, présenté le 9 août lors de Zénith, sur la scène Loto-Québec.
Une invitation à célébrer la diversité culturelle dans une ambiance survoltée où, promet-elle, « la chaleur du Brésil » sera au rendez-vous. Originaire de São Paulo et installée à Montréal, Moh Dafok s’est rapidement imposée grâce à un style flamboyant où se rencontrent haute couture, performance physique, humour et rythmes brésiliens. Inspirée par ses racines latines, elle utilise la scène pour célébrer l’identité, la liberté d’expression et la diversité dans un spectacle où le public fait pleinement partie de l’expérience. « J’essaie d’amener la culture, la chaleur du Brésil, de fêter, de danser, de chanter, pour donner la joie, la joie de vivre, de bouger. Je veux que les gens aient du fun, mais dans la vraie vie, pas sur les réseaux sociaux ou avec leurs cellulaires », explique-t-elle.
Le Carnaval Moh Dafok prendra d’assaut la scène dès 15 h 30 dans le cadre de Zénith, un grand rendez-vous présenté de 14 h 30 à 21 h sur la scène Loto-Québec, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Papineau. Conçu pour rassembler tous les publics, le spectacle promet une immersion dans l’exubérance de la culture brésilienne, avec des performances hautes en couleur, une musique entraînante et une interaction constante avec la foule.
L’artiste insiste sur le caractère participatif de son spectacle. Même lorsque les chansons sont interprétées en portugais, le public est rapidement invité à les reprendre en chœur. « Je chante des chansons simples que tout le monde peut apprendre. Même si les gens ne comprennent pas les paroles, ils peuvent les chanter facilement. Je veux aussi montrer qu’il n’y a pas seulement la samba au Brésil, mais toute une diversité de styles musicaux. Les trois heures de spectacle ont passé très vite parce que les gens participaient constamment. » Cette année, elle promet une 2e édition plus ambitieuse. « Le Carnaval Moh Dafok revient avec encore plus d’énergie. Je participerai d’abord au défilé avec le contingent d’Air Canada avant de monter sur scène. C’est beaucoup de travail, mais j’aime ça. Je veux que les gens ressentent l’énergie des carnavals du Brésil. »
Une passion née très jeune
Bien avant de devenir une figure bien connue de la scène drag montréalaise, Moh Dafok rêvait déjà de monter sur scène. « Je regardais des drags à la télévision quand j’étais enfant. Je voulais faire ça, mais je ne pouvais pas en parler à mon père parce que la société brésilienne est encore très conservatrice et macho », raconte-t-elle. Quelques années plus tard, l’émission RuPaul’s Drag Race vient confirmer sa vocation. À 18 ans, elle commence à fréquenter les clubs, fascinée par les costumes, le maquillage et les performances des artistes. « Tout ça me confirmait encore plus que c’était ce que je voulais faire comme carrière, même si je savais que ça ne me rapporterait probablement pas beaucoup d’argent. » Autodidacte, elle apprend le maquillage grâce à YouTube et répète durant plusieurs mois avec deux amis issus d’une école de danse. Leur premier spectacle est présenté devant près de 600 personnes. « C’était incroyable. Commencer une carrière drag devant 600 personnes, je n’oublierai jamais ça. »
Un échange avec le public
Depuis son arrivée à Montréal, notamment grâce aux spectacles de Place à la relève présentés au Cocktail, Moh Dafok a développé un style où l’humour occupe une place importante. « Je suis un peu comme un clown. J’aime faire rire les gens, les divertir. Pour moi, il y a un véritable échange : je leur donne de la drag et ils me donnent de l’amour. C’est cet échange qui me nourrit. » Son spectacle a lui aussi beaucoup évolué. « Au Brésil, je ne faisais pas des productions aussi élaborées qu’ici, avec des changements de costumes et toute l’esthétique du Carnaval. Ce projet est vraiment né à Montréal pour célébrer la culture et le dynamisme du Brésil. »
Une fête… mais aussi un message
Derrière les plumes, les paillettes et les rythmes entraînants se cache une réalité plus difficile. Si le Brésil a connu certaines avancées en matière de diversité sexuelle et de genre, Moh Dafok rappelle que les défis demeurent importants. « La société s’ouvre, ça avance, mais on reste en Amérique latine. Il y a encore beaucoup de machisme. Le Brésil est malheureusement l’un des pays où l’on tue le plus de personnes trans. C’est une réalité qui demeure très préoccupante, même si les choses évoluent lentement. »
Pour elle, chaque spectacle est avant tout une célébration, mais aussi une façon d’affirmer que la culture, la fête et la visibilité peuvent rapprocher les gens. À travers ses costumes éclatants, son humour, sa musique et son énergie communicative, Moh Dafok ne propose pas seulement un spectacle : elle invite le public à célébrer la diversité, la liberté d’être soi et le pouvoir rassembleur de la fête. Le 9 août prochain, l’espace de quelques heures, la musique fera tomber les frontières linguistiques et culturelles, invitant le public à célébrer ensemble la diversité, la liberté… et la joie de vivre à la brésilienne.
INFOS | https://fiertemontreal.com
Dans le cadre de Fierté Montréal, Le Carnaval Moh Dafok sera présenté le dimanche 9 août, dès 15 h 30, dans le cadre de Zénith, un grand rendez-vous gratuit consacré aux rythmes et aux cultures tropicales qui se déroulera de 14 h 30 à 21 h sur la scène Loto-Québec, à l’angle des rues Sainte-Catherine Est et Papineau. La journée mettra également en vedette George et Thatz ainsi que Ikuma Syé, qui prolongera la fête dans le Village.

