Vendredi, 28 janvier 2022
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    Sur scène, dans la peau de Rock Bière

    Du 16 novembre au 4 décembre sera présenté Rock Bière : le documentaire au Théâtre Espace Libre. À mi-chemin entre le théâtre, le documentaire et le spectacle de drag, ce docu-théâtre se présente sous la forme d’un mockumentaire, où le drag king Rock Bière investie la scène avec humour et revendications, pour mieux questionner la sous-représentation des Kings sur la scène Drag. À quelques jours de la première, nous nous sommes entretenus avec Mélodie Noël Rousseau ainsi qu’avec son alter ego masculin, Rock Bière.

    « On est dans une course contre la montre », exprime d’emblée Mélodie. « C’est certain que quand on l’a présenté à ZH [Zone Homa Festival en 2019], c’était une proposition finale, mais avec la situation des Kings qui a évolué, il fallait mettre à jour notre matériel. Puis, la scénographie a pris du galon, comme les costumes. C’est trippant! » Ce qui est d’autant plus trippant, c’est que ce spectacle est produit par la compagnie théâtrale Pleurer Dans’Douche que Mélodie codirige avec sa compagne amoureuse et professionnelle Geneviève Labelle, alias RV Métal.

    Le spectacle Rock Bière : le documentaire est vraiment une création commune, explique Mélodie: « On a abordé la drag en se disant que ce serait un sujet intéressant pour faire un spectacle documentaire. C’est sûr qu’on a un point de vue très femme du milieu drag, mais on a plein d’intervenants qui donnent leur vision ». Le spectacle prend la forme d’un cabaret drag mokumentaire, où Rock Bière lip-sync sur du rock et des images de Mado Lamothe, Rita Baga ou encore Julie Podmore. Avec deux danseuses, Rock Bière est seul en scène « pour montrer qu’il se sent un peu seul de sa gang », appuie Mélodie.

    Le spectacle désire donner l’essence d’un cabaret drag et mettre le party dans la place. « On avait l’habitude de donner de la bière à l’entracte. C’est certain qu’avec la pandémie, c’est plus strict au niveau des règles, mais en même temps c’est plus rassurant pour le public. C’est sûr que la pandémie nous a affectés et quand on voulait le présenter, il n’y avait pas eu les grandes victoires de Landon Cider qui a gagné Dragula et de HercuSleaze qui fait Call Me Mother. On se demandait si ça allait toujours être à propos de parler de la place de la femme dans la communauté LGBTQ+, mais c’est encore d’actualité et ça va l’être encore pendant un petit bout, malheureusement ».

    Mélodie espère d’ailleurs que le spectacle va aider à sensibiliser en ce sens. Sans conteste, on voit très peu de drags kings, alors qu’il y a une surenchère des drags queens, que ce soit à la télé ou lors des célébrations de la Fierté. C’est très symptomatique de notre société patriarcale, appuie Mélodie : « Bien sûr, la misogynie ou encore ce désir de vouloir se créer une communauté tissée serrée entre hommes, pourraient être des explications, sans compter qu’il y a peu de bars pour femmes; où sont les lesbiennes, elles ne sortent pas? Ne consomment pas? Aussi peut être la proposition plus butch des premières drags king ? Nat King Pole, qui vient de prendre sa retraite, disait d’ailleurs qu’il y avait un certain malaise avec la butch. Même moi, quand je me suis présentée en homme, j’avais des craintes au début ».

    Mélodie souligne que les mentalités s’ouvrent tranquillement et que la drag devient fluide, c’est-à-dire que plusieurs ne veulent plus s’associer à aucun genre. Il n’en demeure pas moins qu’à l’heure où l’on prône la déconstruction des genres, il semblerait néanmoins qu’on fait très peu de place au masculin vue par le féminin, qu’il n’y a au final qu’un genre à déconstruire : le féminin. D’ailleurs Mélodie mentionne à quel point l’histoire lesbienne s’efface et qu’il est difficile de trouver des traces documentées, des archives visuelles de nous-mêmes : « On ne se raconte pas et c’est un point important de Rock Bière : le documentaire, laisser une trace! Ça va certainement brasser les idées et peut être même choquer, mais au moins on va en discuter! C’est pour ça qu’on fait de la drag, pour changer la situation de l’intérieur et faire une place aux femmes. » 

    5 questions à Rock Bière

    • Pourquoi les gens devraient venir voir ton spectacle? 
      Parce que ça sent le caoutchouc brulé, qu’il y a de la testo dans l’air et parce que c’est une façon d’aborder un sujet cruchy de façon sexy. 
    • C’est qui le king des king? 
      Landon Cider qui a remporté la compétition Dragula.
    • Aimerais-tu un jour faire de la télé? 
      Oui pourquoi pas! On travaille d’ailleurs sur une web-série ou « Rock Bière et RV Métal » seraient en barista! [Mélodie et Geneviève sont propriétaires du Café Reine Garçon sur l’avenue Duluth à Montréal]
    • Est-ce que Rock Bière croit en l’amour? 
      Oui c’est un romantique. Il est marié à Tracy Trash, ç’a été le coup de foudre et il s’est marié après Drag Moi. Il batifole un peu, a diverses amantes et a fait un enfant à Bobépine…
    • C’est quelle bière que tu rock le plus? 
      La Budweiser. The king of beers!

    INFOS | Bande-annonce du spectacle : vimeo.com

    Pour vous procurer des billets / à l’Espace Libre : espacelibre.qc.ca

    Rock Bière et RV Métal présentent leur soirée « Bière et Métal » au Cabaret Mado chaque deux mois. La prochaine soirée aura lieu le lundi 13 décembre. Mentionnons également celle en février à la Maison de la culture Jeannie Sutto.

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