Si la Fierté est un moment de célébration, de visibilité et de revendication des droits, elle rappelle aussi une réalité dont on parle encore trop peu : la précarité et l’itinérance vécues par de nombreuses personnes LGBTQ+. À l’occasion de Fierté Montréal, la Maison du Père souhaite attirer l’attention sur cette situation. Présent à Montréal depuis plus de 50 ans, l’organisme accueille des hommes de 25 ans et plus en situation d’itinérance ou de grande vulnérabilité. En plus de l’hébergement d’urgence, il offre des services de prévention, de réinsertion sociale, une résidence pour aînés et des soins de santé de proximité.
Pour sa présidente-directrice générale, Jaëlle Bégarin, les célébrations de la Fierté sont aussi l’occasion de rappeler que « certaines personnes vivent une réalité beaucoup plus difficile ». Elle évoque notamment le parcours d’« André » — un prénom fictif afin de préserver son anonymat. Victime d’un crime homophobe, il a traversé une grave période de détresse psychologique qui l’a mené jusqu’à des idées suicidaires. Grâce à un accompagnement adapté et à un milieu d’accueil sécuritaire, il a pu retrouver progressivement une certaine stabilité. La Maison du Père rappelle que l’itinérance est rarement le résultat d’un seul événement.
Elle découle souvent d’une succession de ruptures : perte d’emploi, problème de santé, séparation, conflit familial ou hausse du coût du logement. Pour les personnes LGBTQ+, ces difficultés peuvent être aggravées par la discrimination, notamment sur le marché du travail. Cette réalité se reflète dans les statistiques. Selon le plus récent dénombrement pancanadien de l’itinérance, 13 % des personnes en situation d’itinérance s’identifient comme LGBTQ+, alors que ces communautés représentent environ 4 % de la population. L’organisme mise donc sur un accompagnement personnalisé.
Au-delà de l’hébergement, chaque personne est orientée vers les ressources les mieux adaptées à sa situation. Ainsi, lorsqu’une personne trans fait appel à ses services, la Maison du Père privilégie, lorsque cela est possible, une orientation vers un organisme spécialisé offrant un milieu plus sécuritaire et mieux adapté à sa réalité. « Personne ne devrait avoir à choisir entre être pleinement soi-même et avoir un endroit sécuritaire où vivre », rappelle Jaëlle Bégarin. Un message qui rappelle que, derrière les festivités de la Fierté, le droit à la dignité, à la sécurité et à un chez-soi demeure une revendication bien actuelle.
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de la Fierté, les 7-8 août prochain!

