Vendredi, 23 janvier 2026
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    Les personnes LGBTQ+ sont essentielles à l’économie mondiale, affirment des allié·e·s corporatifs à Davos

    Alors que Donald Trump multipliait les dérapages sur la scène internationale, une installation colorée offrait un contrepoint porteur d’espoir au Forum économique mondial.

    À Davos, dans la station alpine suisse qui accueille chaque année l’élite politique et économique mondiale, des lumières arc-en-ciel ont illuminé plusieurs lieux corporatifs, envoyant un message clair au-delà du brouhaha géopolitique : les personnes LGBTQ+ ont toute leur place dans l’économie mondiale — surtout lorsque des dirigeant·e·s puissants tentent de les en exclure.

    Ces installations faisaient partie de la quatrième édition annuelle de Pride on the Promenade, une initiative organisée par GLAAD, Open for Business et la Partnership for Global LGBTIQ+ Equality. Mercredi, les entreprises participantes ont décoré leurs espaces à Davos de lumières arc-en-ciel, de drapeaux et de messages affirmant l’inclusion LGBTQ+. Un geste hautement symbolique dans un contexte marqué par la tension, alors que Donald Trump s’en prenait violemment à plusieurs alliés des États-Unis.

    Parmi les entreprises participantes figuraient notamment Amazon, Axios, Bloomberg, Cisco, Cloudflare, Edelman, Hub Culture, Salesforce, SAP, Snowflake et Workday.

    Le contraste était frappant. Quelques heures plus tôt, Trump — qui a fait des politiques anti-trans un pilier de son second mandat — montait sur la scène de Davos pour livrer un discours décousu mêlant contre-vérités, menaces à l’endroit des alliés américains, théories complotistes et autoéloges déconnectés de la réalité.

    Il a affirmé que l’inflation aux États-Unis avait été « vaincue », tout en se vantant d’une croissance économique fulgurante — une contradiction rejetée par la majorité des économistes. Il a aussi prétendu que son administration aurait attiré entre 18 et 20 billions de dollars en nouveaux investissements, des chiffres non étayés par les données publiques. Trump a décrit l’économie américaine comme vivant « le redressement le plus rapide et le plus spectaculaire de l’histoire », tout en attaquant les médias qu’il qualifie de « corrompus » et en répétant, à tort, que l’élection présidentielle de 2020 aurait été truquée.

    Le discours a ensuite basculé dans une rhétorique encore plus fantasque. Trump est revenu sur son obsession pour le Groenland, menaçant de relancer des démarches pour acquérir le territoire danois — semblant parfois le confondre avec l’Islande. Il a évoqué d’éventuelles représailles économiques contre le Danemark et d’autres alliés de l’OTAN, présenté l’Europe comme incapable d’assurer sa propre défense et affirmé que la domination américaine allait de soi.

    Il a soutenu que les États-Unis seraient « en droit » d’obtenir le Groenland en raison de leur puissance militaire et de leur rôle historique de protection, qualifiant le territoire de « gigantesque bloc de glace » essentiel à la sécurité mondiale. Il a laissé entendre que si le Danemark refusait de négocier un transfert, Washington pourrait répondre par des sanctions économiques, insinuant que la puissance américaine — et non le droit international ou l’autodétermination des Groenlandais — devrait trancher la question.

    Trump a également multiplié les affirmations erronées sur l’OTAN, décrivant l’alliance comme fondamentalement abusive et prétendant que les alliés n’interviendraient pas pour défendre les États-Unis. Il a affirmé que Washington n’aurait « rien reçu » de l’OTAN, suggérant que les autres pays abandonneraient l’Amérique en cas d’attaque. Or, l’histoire contredit ces propos : après les attentats du 11 septembre 2001, l’OTAN a invoqué pour la première — et seule — fois l’article 5 de sa charte, déclenchant des déploiements militaires, des patrouilles aériennes et un soutien en renseignement pour défendre les États-Unis.

    Malgré cela, Trump a présenté l’OTAN comme une obligation à sens unique, affirmé avoir sauvé l’alliance à lui seul, et laissé entendre que les garanties de sécurité américaines pourraient être conditionnelles à des concessions territoriales, y compris le Groenland.

    Il a aussi rejeté les énergies renouvelables, les qualifiant de destructrices pour l’économie, affirmé à tort que la Chine évite l’énergie éolienne, et lancé des accusations généralisées et non fondées liant immigration et criminalité. À un moment, il a même déclaré que Washington, D.C., serait « l’endroit le plus sécuritaire » du pays après une intervention militaire — une affirmation démentie par les statistiques sur la criminalité.

    Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a exprimé publiquement sa honte face à la prestation du président.

    « Donald Trump est à l’étranger en train d’embarrasser l’Amérique sur la scène mondiale. Encore », a-t-il écrit sur X.

    Dans ce contexte, Pride on the Promenade a pris valeur à la fois d’affirmation et de réplique. Un rappel que les leaders économiques mondiaux n’opèrent pas en vase clos et que les valeurs — pas seulement les marchés — façonnent l’avenir.

    Ken Janssens, PDG d’Open for Business, affirme que l’initiative reflète une prise de conscience croissante : l’égalité n’est pas un supplément de bonne volonté, mais un véritable moteur de performance économique. « L’inclusion et la performance économique vont de pair », a-t-il déclaré au Advocate. « Quand les gens peuvent être eux-mêmes, ouvertement et en sécurité, les entreprises sont plus fortes. C’est le message derrière l’illumination arc-en-ciel. »

    Pour les défenseur·e·s des droits LGBTQ+, le moment choisi n’a rien d’anodin. Alors que la rhétorique autoritaire gagne du terrain à l’échelle mondiale — souvent accompagnée d’attaques directes contre les communautés LGBTQ+ — la visibilité dans des espaces élitistes comme Davos devient d’autant plus cruciale.

    Sarah Kate Ellis, présidente et cheffe de la direction de GLAAD, estime que ces installations prennent un poids particulier cette année. « Les couleurs qui illuminent à nouveau la promenade du Forum économique mondial démontrent un soutien nécessaire aux personnes LGBTQ+ partout dans le monde », a-t-elle affirmé. « À un moment où des alliances vieilles de plusieurs décennies sont remises en question, l’importance de cette démonstration visible de solidarité ne peut être sous-estimée. Les marques qui partagent des valeurs de famille et de liberté savent que cela contribue aussi à la croissance économique. »

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