Le géant américain du numérique Meta et son patron Mark Zuckerberg font l’objet d’une plainte déposée ce mardi 6 janvier auprès du procureur de Paris. Des associations dénoncent des injures et discriminations homophobes et transphobes, qu’elles relient à un assouplissement récent des règles de modération sur Facebook et Instagram.
Les organismes Mousse, Stop Homophobie, Adheos et Familles LGBTQ+ affirment avoir porté plainte contre l’entreprise et son PDG après l’adoption d’une nouvelle politique encadrant la modération des contenus. Celle-ci autoriserait notamment « des allégations de maladie mentale ou d’anormalité lorsqu’elles sont fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle ». Or, selon les associations, de tels propos sont considérés comme des injures en droit français et européen.
Des propos haineux non retirés
Dans le texte de la plainte, les associations soutiennent que Meta a refusé de retirer des commentaires jugés «haineux» visant des personnes trans, publiés sous une vidéo portant sur une actrice transgenre — et ce, malgré un signalement.
Les plaignant·e·s dénoncent aussi ce qu’ils décrivent comme des pratiques discriminatoires systémiques à l’égard de la communauté LGBTQ+. Elles mentionnent notamment : des suppressions de contenus et de comptes; une «limitation de la visibilité» de publications; le «refus de promouvoir des comptes et contenus» LGBTQ+.
Selon elles, ces actions pourraient s’apparenter à un refus de service ou à une entrave à l’exercice normal d’une activité économique. Les organismes citent à titre d’exemple la fermeture, à la fin août, des comptes de plusieurs organisateurs français d’événements LGBTQ+ : ReplicantEvents, ForensicsParis, TechNoireParis et Marché Drag.
Un virage dans la foulée du retour de Trump
Les associations situent aussi cette plainte dans un contexte plus large. Depuis la réélection de Donald Trump, en novembre 2024, et son retour à la Maison-Blanche quelques semaines plus tard, Mark Zuckerberg aurait mis en place une série de mesures visant à redéfinir l’orientation de Meta.
Parmi ces décisions, rappelons l’assouplissement des règles de modération sur ses plateformes, mais aussi la fin de programmes conçus pour favoriser la diversité et l’inclusion au sein de l’entreprise. Des changements que les associations estiment compatibles avec le climat politique et médiatique encouragé par certains acteurs ultra-conservateurs aux États-Unis — allant d’élu·e·s républicains à des figures influentes comme Elon Musk.

