Vendredi, 23 janvier 2026
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    Deux voleurs qui ciblaient des hommes gais sur Grindr condamnés à la prison

    Deux hommes de Londres qui utilisaient l’application Grindr pour piéger leurs victimes ont été arrêtés et condamnés à un total de huit ans et demi de prison. Les deux individus faisaient partie d’un réseau criminel qui aurait commis des vols et des fraudes visant au moins 22 victimes, principalement des hommes gais.

    Selon un rapport du Metropolitan Police Service publié le 22 décembre, Rahmat Khan Mohammadi (22 ans) et Mohammed Bilal Hotak (21 ans) ont été reconnus coupables de cambriolage, fraude et vol devant la cour d’Isleworth le 4 novembre.

    Un stratagème bien rodé
    Entre octobre 2024 et mars 2025, les deux hommes auraient participé à un groupe organisé responsable de 35 cambriolages et de 20 fraudes. Leurs méthodes reposaient sur une exploitation cynique de la confiance et de l’intimité : ils contactaient leurs cibles sur Grindr et convenaient de rencontres à domicile.

    Leurs profils contenaient généralement peu ou pas de photos. Lorsqu’on leur en demandait, ils envoyaient une image d’une autre personne — une stratégie visant à brouiller l’identité et à désarmer la méfiance.

    Une fois entrés chez leurs victimes, ils les amenaient à déverrouiller leur téléphone et à partager leur mot de passe sous prétexte de « mettre de la musique sur YouTube ». Ensuite, ils multipliaient les distractions : demander à la personne d’aller prendre une douche avant une relation sexuelle, vouloir utiliser la salle de bain, offrir de préparer un verre, etc. Profitant de ces moments, ils prenaient la fuite avec le téléphone ou d’autres objets de valeur (passeports, montres, portefeuilles) et utilisaient ensuite les données personnelles pour retirer de l’argent, faire des transferts bancaires ou effectuer des paiements frauduleux.

    Crime haineux ou opportunisme ciblé?
    Le procureur David Patience a soutenu que ces vols pourraient être considérés comme des crimes haineux, puisque les victimes auraient été ciblées en raison de leur orientation sexuelle.

    Elle a aussi souligné l’impact humain du crime
    « Ils ne ciblaient pas des femmes, ni des hommes hétérosexuels : ils ciblaient des hommes gais », a-t-il affirmé devant le tribunal, ajoutant qu’ils jugeaient ces hommes plus faciles à dépouiller.

    Au moment de la sentence, la juge Adenike Balogun a toutefois retenu une lecture différente. Elle a reconnu que les victimes avaient été choisies en raison de leur vulnérabilité perçue, mais elle a conclu que les vols n’étaient pas motivés par une hostilité envers les personnes LGBTQ+, plutôt par l’idée que Grindr permettait un accès facile aux domiciles.

    « J’ai pris note du traumatisme psychologique, des inconvénients et de la détresse exprimés par les victimes, après vous avoir laissé entrer dans leurs maisons — leurs espaces privés — pour ensuite être violées dans leur confiance. »

    La juge a ajouté qu’elle soupçonnait les accusés de compter sur le fait que les victimes n’oseraient pas porter plainte, un phénomène bien connu dans les communautés LGBTQ+ où la peur du jugement, du dévoilement ou de la stigmatisation peut freiner les démarches.

    Mohammadi a été condamné à cinq ans de prison, et Hotak à trois ans et demi.

    Dans un contexte où la police de Londres a été sévèrement critiquée ces dernières années — notamment après un rapport de 2023 dénonçant le sexisme, le racisme et l’homophobie institutionnels — la police métropolitaine affirme avoir collaboré avec son groupe consultatif LGBT+ et l’organisme GALOP, qui lutte contre les violences anti-LGBTQ+, pour s’assurer que l’enquête soit menée « avec sensibilité et soin ».

    GALOP a rappelé que Grindr n’est pas seulement une application de rencontres : pour beaucoup de personnes LGBTQ+, c’est aussi un espace de communauté, de connexion et parfois de soutien, surtout pour celles qui vivent l’isolement. Apprendre que l’application a été utilisée de manière calculée pour cibler des personnes LGBTQ+ risque donc, selon l’organisme, d’ébranler le sentiment de sécurité de toute une communauté.

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