Vendredi, 23 janvier 2026
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    Azerbaïdjan : raid policier dans un espace queer à Bakou, plus de 100 personnes détenues

    Une opération policière nocturne a ciblé un espace queer du centre de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, entraînant la détention de plus d’une centaine de personnes, selon des témoignages recueillis par des médias indépendants et des organisations communautaires locales.

    D’après le collectif Qıy Vaar, les forces de l’ordre seraient arrivées en autobus, avant d’emmener les personnes présentes vers un poste de police. Plusieurs auraient ensuite été retenues à l’extérieur pendant des heures, malgré des températures froides. Des témoins rapportent que certaines personnes ont perdu connaissance, tandis que l’état de santé de plusieurs détenus se serait détérioré au cours de la nuit.

    Violences, humiliations et extorsion
    Des personnes détenues font état de violences physiques, mais aussi d’humiliations et de mauvais traitements : insultes homophobes et transphobes, menaces, ainsi que des demandes de pots-de-vin allant de 50 à 100 manats (environ 75 à 150 dollars canadiens). Parmi les témoignages rapportés, une femme aurait eu les cheveux coupés de force, une personne aurait perdu une dentà la suite de coups, et au moins un cas de violence sexuelle est évoqué.

    Des pressions auraient également été exercées pour forcer certaines personnes à subir des examens médicaux non justifiés, accompagnées de menaces de poursuites judiciaires.

    Un climat de peur entretenu
    Selon Qıy Vaar et plusieurs organisations de défense des droits humains, ce raid s’inscrit dans une série d’opérations similaires menées au cours des dernières années contre des espaces fréquentés par des personnes LGBTQIA+ en Azerbaïdjan. Les autorités profiteraient de l’absence quasi totale de protections juridiques pour la communauté queer afin de mener ce type d’interventions, alors que les recours légaux sont rares, lents ou inefficaces.

    Les personnes arrêtées auraient vu leurs données personnelles — photographies, empreintes digitales — collectées par la police, soulevant de sérieuses inquiétudes quant à une surveillance ciblée et systématique des personnes LGBTQIA+.

    Une répression largement documentée
    L’Azerbaïdjan est régulièrement dénoncé par des organismes internationaux pour sa répression des minorités sexuelles et de genre. Des spécialistes des droits humains soulignent que ces raids s’inscrivent dans une politique plus large de contrôle social, visant à invisibiliser, intimider et désorganiser les communautés queer.

    Pour les personnes LGBTQIA+ vivant dans le pays, ces interventions ont un effet dissuasif majeur sur la vie communautaire, la visibilité publique et l’accès à des espaces sécuritaires — une réalité qui contraste fortement avec les acquis obtenus dans des sociétés comme le Québec, où la sécurité des espaces queer demeure un enjeu central.

    Appel à une enquête
    Le collectif Qıy Vaar a appelé le ministère de l’Intérieur et le procureur général à ouvrir une enquête indépendante sur ces événements. L’organisation offre également un accompagnement juridique aux personnes affectées par le raid.

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