Lundi, 8 juin 2026
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    Un groupe néonazi perturbe une célébration de la Fierté dans le sud des États-Unis

    Une célébration de la Fierté organisée à Athens, dans l’État américain de la Géorgie, a été brièvement perturbée samedi dernier par la présence d’un groupe de militants néonazis arborant des symboles nazis et proférant des insultes homophobes. Selon plusieurs médias américains, une dizaine d’hommes vêtus de noir et de rouge ont fait leur apparition lors de l’événement Athens PrideFest. Plusieurs d’entre eux portaient également des masques noirs dissimulant leur visage. Le groupe transportait notamment un drapeau orné d’une croix gammée, symbole associé au régime nazi.

    Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent les individus défilant à proximité des festivités sous les huées des participants. Dans certaines séquences, des spectateurs leur lancent des invectives et dénoncent leur anonymat. D’autres images, relayées par la chaîne Atlanta First News, montrent certains membres du groupe effectuant des saluts nazis. Des témoins ont également affirmé avoir entendu des slogans tels que « Heil Hitler », accompagnés d’insultes racistes et homophobes.

    Une tentative d’intimidation dénoncée

    Dans un communiqué, Athens Pride and Queer Collective a dénoncé une tentative d’intimidation visant les communautés LGBTQ+. « Leur présence avait pour objectif de semer la peur, de diviser et d’intimider », ont déclaré les responsables de l’organisme. « Mais ils n’ont pas réussi à faire oublier l’esprit de solidarité, d’amour et de célébration qui a caractérisé notre événement. »

    Selon plusieurs observateurs, l’intervention du groupe n’a duré que quelques minutes avant que les organisateurs ne déploient une grande bannière surnommée « hater blocker » afin de bloquer la visibilité des manifestants et de réduire leur impact sur le déroulement de l’événement.

    Le groupe Blood Tribe identifié

    L’organisme de surveillance StopAntisemitism a identifié les manifestants comme étant affiliés à Blood Tribe, une organisation néonazie américaine active dans plusieurs États depuis quelques années.

    Fondé par Christopher Pohlhaus, un ancien tatoueur originaire du Maine, le groupe est connu pour ses démonstrations publiques utilisant des symboles nazis et suprémacistes blancs. Selon la Ligue antidiffamation (ADL), Blood Tribe voue une admiration explicite à Adolf Hitler et diffuse des idéologies antisémites, racistes et anti-LGBTQ+.

    Le symbole du groupe est une goutte de sang rouge sur fond noir, un motif qui rappelle les couleurs portées par les manifestants observés à Athens.

    Les organisations de lutte contre l’extrémisme soulignent que ce type de groupes tente régulièrement de cibler des événements LGBTQ+, des rassemblements communautaires ou des activités liées à la diversité afin de maximiser leur visibilité médiatique et de provoquer des réactions.

    Une présence inquiétante, mais sans violence

    Malgré les gestes de provocation observés sur place, aucun acte de violence physique n’a été signalé et aucune arrestation n’a été effectuée. Le service de police du comté d’Athens-Clarke a indiqué avoir surveillé les déplacements du groupe tout au long de l’événement afin d’assurer la sécurité des participants.

    Pour les organisateurs, l’incident demeure préoccupant, même si la communauté a refusé de laisser cette démonstration de haine prendre le dessus sur la célébration. « Leur présence a momentanément affecté l’ambiance du défilé », a déclaré Elliot Williamson, directeur général d’Athens Pride and Queer Collective. « Mais, dans l’ensemble, je suis fier de la façon dont notre communauté a réagi. »

    Une montée des actes haineux

    Cet incident survient dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits civiques constatent une recrudescence des activités de groupes d’extrême droite aux États-Unis. Ces groupes ciblent fréquemment les communautés LGBTQ+, les minorités racisées et les communautés juives, utilisant les réseaux sociaux et les manifestations publiques pour diffuser leurs messages.

    Pour plusieurs observateurs, la présence simultanée de symboles nazis, de propos antisémites et d’insultes homophobes rappelle que les différentes formes de haine sont souvent intimement liées. Malgré cette tentative d’intimidation, les célébrations de la Fierté se sont poursuivies comme prévu à Athens, dans une atmosphère que les organisateurs décrivent avant tout comme festive, inclusive et résolument solidaire.

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