Mercredi, 30 septembre 2026
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    Le Village; itinérance, sécurité et avenir du Village

    Déjà conseiller d’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Julien Hénault-Ratelle s’est vu attribuer de nouvelles fonctions par la mairesse Soraya Martinez Ferrada, comme conseiller désigné de la Ville, tout comme sa collègue Effie Giannou. Un rôle qui peut surprendre puisqu’il s’ajoute aux trois conseillers d’arrondissement que sont Leslie Roberts, Claude Pinard et Christophe McCray. Une décision qui peut toutefois s’expliquer par les défis et les enjeux auxquels fait face le cœur — ou le poumon — de Montréal.

    Quel est votre rôle comme conseiller désigné de la Ville ?
    Julien Hénault-Ratelle : Je dirais que l’on m’a attribué les dossiers de la moitié est de l’arrondissement de Ville-Marie, dont le Village, le Quartier chinois et, plus généralement, Sainte-Marie. Je siège aux côtés des trois élus de l’arrondissement. Donc, avec Claude Pinard, nous sommes très souvent sur le terrain, au cœur des défis à relever.

    Selon vous, quels sont les principaux défis à relever dans l’arrondissement ?
    Julien Hénault-Ratelle : Si l’on pense au Centre-Sud ou au Village, je pense que la question numéro un des personnes que l’on croise tourne autour de la cohabitation avec les personnes en situation d’itinérance et de ses implications sur le sentiment d’insécurité. On nous en parle tous les jours. Je dirais que cela représente près de 80 % des plaintes que l’on reçoit à l’arrondissement. Nous essayons d’y répondre à l’intérieur de notre champ de compétence municipale.

    Dès l’arrivée en fonction de la nouvelle administration, nous avons fait passer le budget de 10 à 30 millions de dollars annuellement pour l’accompagnement des organismes communautaires. Ce sont eux qui connaissent le mieux le terrain et qui font la majorité du travail en matière de cohabitation et d’accompagnement psychosocial auprès des personnes en situation d’itinérance.

    Nous sommes aussi en train de mettre en place des instances qui vont permettre de répondre à cet enjeu-là. La première est le Comité de vigilance de Ville-Marie. On retrouve au sein de ce comité à la fois le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les organismes communautaires, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), la Ville de Montréal, mais aussi les citoyen·nes. On s’est rendu compte que, dans les comités qui étaient souvent mis en place, la voix citoyenne n’était pas toujours représentée ni prise en compte dans les décisions. Ces différents acteurs, aussi bien la Ville que le SPVM ou encore le CIUSSS, ont tous une responsabilité et peuvent envisager des solutions.

    Pouvez-vous donner des exemples concrets d’un changement à venir ?
    Julien Hénault-Ratelle : Cela tombe bien puisqu’aujourd’hui, le 1er septembre, le poste de quartier a mis en place une patrouille à pied pour tout Ville-Marie, présente 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, parce que la présence de policiers et policières qui se promènent dans la rue rassure la population.
    Ce n’est qu’un début, mais rappelons que nous ne pouvons agir que dans le respect du champ de compétence provincial. Parce que si l’on évoque les problèmes liés à la toxicomanie et à la santé mentale, cela relève du provincial, tout comme le logement. Ce que nous demandons au prochain gouvernement, c’est d’obtenir 2 000 logements sociaux et supervisés et 3 200 places en refuge. On demande aussi que tout l’accompagnement psychosocial soit pris en charge par le provincial, parce que c’est son rôle. On s’attend à ce que les partenaires institutionnels et le gouvernement provincial en fassent plus, parce que cela relève de leur responsabilité.

    Entre autres pour la construction de logements sociaux.
    Julien Hénault-Ratelle : Exactement. Le PAC (Programme d’appui aux collectivités), qui a été mis en place il y a quelques années, a drastiquement ralenti les mises en chantier de logements sociaux. Les OBNL s’en plaignent énormément. Car pour réduire l’itinérance, il faut que les personnes aient la capacité de réintégrer le marché locatif. Bien sûr, la base pour ne plus être dans la rue, c’est le refuge. Mais le refuge doit être une situation temporaire.

    Malheureusement, construire des logements sociaux, cela prend du temps. On a toutefois vu ces dernières années de nombreuses unités être rénovées, des HLM entre autres, qui étaient tellement délabrés qu’ils n’étaient plus habitables.

    Est-ce que le provincial ne devrait pas faire de l’itinérance et du manque de logements une priorité ?
    Julien Hénault-Ratelle : À la Ville de Montréal, nous en avons fait une priorité, mais cela nous prend un partenaire qui soit fiable. Le provincial, entre autres. Je pense notamment au démantèlement des campements. La Ville, en tant qu’institution, n’a pas le droit de les démanteler. Et surtout, le démantèlement ne règle en rien la situation. Les personnes vont tout simplement s’installer ailleurs.

    On le voit l’hiver : il n’y a pas assez de places dans les refuges et les haltes-chaleur sont des solutions à très court terme puisque les personnes restent, en fait, dans la ru Vous n’êtes pas le porteur désigné des dossiers 2ELGBTQI+ de la Ville ?
    Julien Hénault-Ratelle : En fait, c’est Benoît Langevin qui est responsable des dossiers 2ELGBTQI+ à la Ville, mais comme je suis aussi conseiller pour le Village, c’est pour cela que l’on m’a vu lors des annonces concernant le futur Espace LGBTQ+, sur la rue Sainte-Catherine. Et, bien évidemment, j’ai rencontré les organismes communautaires avec Claude Pinard.

    On sait que les organismes communautaires ont parfois du mal à trouver des locaux avec des loyers accessibles. Alors, on les aide, comme nous l’avons fait notamment avec la Chambre de commerce LGBT du Québec ou encore Interligne.

    Si l’itinérance et la sécurité inquiètent les résident·es et les commerçant·es, les travaux d’aqueduc qui doivent commencer l’année prochaine sur la rue Sainte-Catherine, dans le Village, font aussi partie de leurs préoccupations. Comment comptez-vous les rassurer ?
    Julien Hénault-Ratelle : Nous sommes très conscients de l’impact que cela peut avoir. Les gens se demandent si les délais seront respectés. Je tiens à rappeler que, pour le chantier sur la partie ouest de la rue Sainte-Catherine, nous avons accéléré d’un an l’échéancier des travaux. Nous avons eu une fenêtre d’opportunité avec le contracteur et nous avons engagé les fonds nécessaires pour réduire l’impact. Bien entendu, c’est ce que l’on vise également pour les travaux dans le Village. À notre arrivée en fonction, nous avons revu tout le projet pour, d’une part, maintenir le budget qui avait été annoncé et, d’autre part, respecter l’échéancier. Il n’y aura pas d’étirement des délais dans le temps.

    Nous voulons redonner une identité plus forte au Village. Nous avons commencé avec le retour de la canopée et des boules de Claude Cormier, après avoir négocié avec sa famille. L’administration précédente avait aussi opté pour une piétonnisation de cette partie du Village à l’année. Nous poursuivrons les consultations avant de prendre une décision. Piétonniser l’hiver signifierait aussi prévoir de l’animation, des événements, etc., donc des investissements, et s’assurer du succès de la formule. Il se peut que, pour l’hiver, l’on se dirige vers ce qui s’est fait dans l’ouest sur la rue Sainte-Catherine, avec une solution mixte qui donne plus de place aux piétons tout en conservant une circulation automobile.

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