Lundi, 1 juin 2026
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    Cassandra: Déchirée entre la chair et l’acier ! 

    Après avoir vécu un événement traumatisant et dans l’espoir de se reconstruire, la famille Prill décide de s’installer dans une demeure laissée à l’abandon pendant plus d’un demi-siècle. À leur arrivée, ils découvrent que celle-ci est contrôlée par une intelligence artificielle des années  70 portant le nom de Cassandra. Cette dernière semble cependant cacher quelques squelettes dans ses placards.

    Véritable ovni télévisuel, cette minisérie allemande est apparue sur Netflix en 2025, mais est littéralement passée sous le radar de plusieurs. Elle s’impose cependant tant par la qualité de sa production que par une intrigue finement ciselée et une tension à couper au couteau. Dès l’arrivée des Prill, le système domotique de la maison, baptisé Cassandra (Lavinia Wilson), se réactive. Paradis domestique ? Peut-être pas puisque Samira (Mina Tander), la mère de famille, a le sentiment que quelque chose ne tourne pas rond et qu’un jeu de manipulation se met en place.

    Peu à peu, grâce aux allers‑retours entre le présent et les années 1970, on découvre comment Cassandra est liée à une femme du même nom qui a vécu dans cette maison, isolée, malade et sous la coupe des abus de son mari, Horst (Franz Hartwig). Au fil des épisodes, la tension monte alors que l’IA cherche désespérément à reconstruire une famille idéale avec les nouveaux occupants de la maison, exerçant un contrôle grandissant, jusqu’à une finale dramatique où des secrets éclatent au grand jour.

    Au-delà d’une fascinante prémisse rétrofuturiste, la série explore de nombreuses questions identitaires liées à l’invisibilisation et à la difficulté d’exister dans un cadre social rigide. Les deux Cassandra en sont l’exemple le plus marquant : chacune est confinée dans un rôle imposé. On observe aussi ce phénomène chez les fils des deux familles : dans les années 1970, Steve (Filip Schnack) est étouffé par les idéaux virilistes de son père, tandis qu’à notre époque, David (Michael Klammer), ouvertement gai, se heurte à l’étroitesse d’esprit de la petite ville provinciale. Le fait que le créateur de la série, Benjamin Gutsche, soit lui-même gai n’a pu que contribuer à cette lecture très sensible. L’intrigue se distingue par la montée en puissance d’un climat anxiogène et d’un suspense redoutablement efficace.

    Le scénario déjoue habilement les attentes, nous gardant constamment en alerte tout en se permettant quelques touches d’humour — notamment l’utilisation de la version allemande de Quand tu chantes de Nana Mouskouri comme réveille-matin hystérique — ainsi que des moments profondément émouvants. Sans révéler de détails, la minisérie s’achève sur des révélations saisissantes et de multiples renversements de perspective qui bouleversent la compréhension du passé comme du présent. Un petit bijou !

    INFOS | Les six épisodes sont disponibles, en allemand et dans un excellent doublage français, sur Netflix.


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