Samedi, 24 janvier 2026
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    En Afrique, des réseaux religieux américains prêchent des valeurs familiales conservatrices

    L’Afrique est devenue un vaste champ de prédication et de prosélytisme pour des courants religieux américains porteurs d’une vision traditionaliste de la famille. Leur activisme va jusqu’à peser sur les lois africaines, dans le sens de la criminalisation de l’homosexualité et de l’avortement.

    Cet été s’est tenue, à Nairobi, une bien curieuse convention sobrement baptisée : “Conférence panafricaine sur les valeurs familiales”. Organisé par la Family Watch International (FWI), d’obédience mormone, cet événement s’inscrit dans le cadre d’une vague de conférences qui se sont déroulées ces derniers mois à travers l’Afrique, explique le quotidien britannique The Independent dans une enquête consacrée à cette convention.

    Ce type de conférences s’inscrit plus précisément dans “une démarche de prosélytisme moderne” qui vise à ralentir la progression des droits sexuels et reproductifs sur le continent, explique le titre britannique. Parmi les buts recherchés, l’adoption de divers projets de loi, qui vont d’une nouvelle charte panafricaine des valeurs familiales à un projet de loi défavorable aux homosexuels au Kenya.

    En effet, Family Watch International s’oppose à l’homosexualité, à l’avortement légal, à la contraception, à l’éducation sexuelle et à tout ce qu’elle considère comme des menaces pour la “famille naturelle” voulue par Dieu.

    Selon les informations du Independent, la FWI organise chaque année des sessions de formation pour apprendre aux représentants des pays africains à faire du lobbying à l’ONU et à influencer les négociations internationales placées sous son égide afin de “contrer le programme radical [de l’ONU] en matière de droits sexuels”.

    Par ailleurs, l’organisation mormone a participé à trois conférences de ce type au Kenya, en Ouganda et en Sierra Leone pour cette seule année. Elle a également doublé ses dépenses en Afrique entre 2022 et 2023, principalement pour soutenir des conférences, à hauteur de 261 000 dollars américains, soit 226 100 euros.

    Pression sur les législations
    Plus encore, affirme l’enquête, ces conservateurs américains tentent d’influencer les législations africaines dans le sens de leurs idées. Cette année, même si la FWI dément toute implication, l’Ouganda a adopté une loi criminalisant l’homosexualité. Pourtant, en 2023, lors d’une conférence à Entebbe, en Ouganda, la FWI avait proposé son aide à des parlementaires africains pour l’élaboration de lois. Elle aurait même réussi à bloquer la mise en place d’une éducation sexuelle dans le pays. Le Ghana et le Kenya, qui avaient envoyé des parlementaires à cette conférence d’Entebbe, ont également adopté des législations pénalisant fortement l’homosexualité.

    Cet activisme religieux, qui vise particulièrement le statut de la famille et les politiques publiques en matière de sexualité, profite du grand vide laissé par la réduction drastique de l’aide fournie par les États-Unis décidée par Donald Trump, avertit The Independent.

    Autre sujet d’inquiétude pour le titre édité à Londres, les effets concrets de l’activisme de ces ONG sur les politiques publiques familiales en Afrique. Car, note l’enquête, malgré des progrès inégaux, l’Afrique subsaharienne a enregistré d’importantes améliorations en matière de mortalité maternelle, de taux de VIH et d’accès aux soins. Ces politiques ont sauvé des millions de vies, notamment grâce à une meilleure diffusion de l’information et à un accès facilité à la contraception et à l’avortement sécurisé. “Les militants craignent que ces avancées ne soient menacées par un mouvement conservateur très en vogue sur le continent”, déplore The Independent.

    Source : Stop Homophobie

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